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Transport de marchandises face aux impératifs environnementaux

19 mai 2021 : Transport de marchandises face aux impératifs environnementaux ( rapport d'information )

RAPPORT
TRANSPORT DE MARCHANDISES : SE DONNER
LES MOYENS D'UNE TRANSITION NÉCESSAIRE

I. LA DÉCARBONATION DU TRANSPORT DE MARCHANDISES : UN IMPÉRATIF URGENT À METTRE EN OEUVRE

A. LE TRANSPORT DE MARCHANDISES, MIS À RUDE ÉPREUVE PENDANT LA CRISE SANITAIRE, DEVRAIT CROÎTRE D'ICI 2050

La crise sanitaire a mis en lumière le caractère essentiel de nos chaînes logistiques et de transport pour assurer la continuité de la vie de la Nation.

Comme le rappelle justement France Logistique : « sans transport et logistique, les services publics ne peuvent fonctionner, les entreprises ne peuvent s'approvisionner, distribuer ou exporter leurs produits, les particuliers ne peuvent satisfaire leurs besoins élémentaires... »1(*).

Non seulement pourvoyeur de nombreux emplois (plus de 1,8 million d'emplois dédiés à la logistique en France2(*) avec des coûts équivalents à 10 % du PIB), ce secteur est également un gisement créateur de nouveaux emplois, avec 30 000 créations nettes d'emplois par an.

Ses contours sont cependant difficiles à cerner, comme l'a opportunément souligné le professeur Michel Savy : le transport de marchandises en France, un domaine très vaste, recouvre des réalités variées. Il faut d'abord distinguer entre transport de marchandises internalisé et transport de marchandises externalisé, car « un grand nombre d'emplois du transport sont exercés à l'intérieur d'entreprises relevant de secteurs agricoles, industriels ou commerciaux (pour produire le transport “pour compte propre”), en sus du secteur du transport “pour compte d'autrui” ».

Après une diminution de 18 % entre 2007 et 2012, liée à la crise économique et financière de 20083(*), le transport de marchandises connaît une hausse tendancielle depuis 2013. En 2018, 368,5 milliards de tonnes-kilomètres de marchandises ont été transportées sur le territoire français métropolitain4(*), soit une hausse de 2,2 % par rapport à 2017.

Mis à rude épreuve pendant les confinements successifs, le transport de marchandises devrait, vraisemblablement, croître tendanciellement ; selon le scénario de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) révisée en mars 2020 : son augmentation devrait atteindre 40 % d'ici 2050 en tonnes-km. La SNBC précise que cette croissance est plus limitée que dans un scénario tendanciel, car elle se fonde sur une hypothèse de développement de l'économie circulaire et des circuits courts, permettant de réduire les distances de transport grâce au rapprochement du consommateur vis-à-vis de ses besoins.

La mission d'information a concentré son analyse sur la situation du transport intérieur de marchandises. Dès lors, ses constats et recommandations portent plus particulièrement sur les modes terrestres (routier, ferroviaire et fluvial), étant entendu que :

- le fret aérien demeure négligeable au niveau national : 2,3 millions de tonnes de marchandises (hors poste et courrier, sur 369 milliards de tonnes-kilomètres au total) sont traitées dans les aéroports français ;

- le fret maritime assure 85 % des acheminements internationaux, mais sa part dans le transport intérieur de marchandises est également faible.


* 1 Réponse de France Logistique au questionnaire de la mission d'information.

* 2 D'après France Logistique, « la logistique regroupe l'ensemble des opérations permettant le déplacement, la préparation et la distribution des marchandises (transport, entreposage), l'optimisation des flux ainsi que le management de ces flux, notamment les flux de données et les flux financiers associés ».

* 3 Ministère de l'environnement, de l'énergie et de la mer, juillet 2016, Projection de la demande de transport sur le long terme.

* 4 Dont 12,4 milliards par oléoducs.