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30 octobre 1996 : Banques : votre santé nous intéresse ( rapport d'information )

 


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Les indicateurs de rentabilité

Il existe plusieurs façons d'apprécier et de mesurer la rentabilité bancaire (voir encadré ci-après).

S'agissant du cas particulier de la France, cette mesure est rendue difficile par les changements de méthodologie comptable intervenus depuis 1990 et, notamment, par la réforme de la collecte des informations comptables (BAFI) entrée en vigueur au 1er janvier 1993, qui introduit une rupture dans les séries statistiques (voir tableaux ci-après).

On observera qu'il n'existe pas d'analyse globale sur les résultats des établissements de crédit depuis dix ans. La seule étude d'envergure dont on ait connaissance a été réalisée par la Commission bancaire 2(*), mais ne porte que sur les seules banques AFB.

L'analyse qui suit a été effectuée à partir des Analyses comparatives (volumes 1 et 2) produites par la Commission bancaire depuis 1988. Il en va de même des tableaux décomposant les différents soldes de gestion établis dans la suite du présent rapport.

Les résultats

L'analyse des résultats d'ensemble des établissements de crédit fait apparaître un fort ralentissement, voire une diminution du produit net bancaire. Face à cette évolution, la stabilisation des frais généraux ne suffit pas à éviter la chute du résultat d'exploitation et plus encore du résultat net.

Le ralentissement de la croissance du produit net bancaire

Le taux d'augmentation du produit net bancaire est passé de 7,7 % en 1988 à 3,5 % en 1995, après avoir connu "pour la première fois que les statistiques sur les résultats bancaires sont calculées" 3(*) une diminution nette de 7,7 % en 1994. Même si l'on neutralise les effets du changement de méthode comptable, cette diminution demeure de l'ordre de 4,6 %.

DÉFINITION ET MESURE DE LA RENTABILITÉ BANCAIRE

Les différentes approches de la rentabilité bancaire

La rentabilité d'un établissement de crédit représente son aptitude à dégager de son exploitation des gains suffisants, après déduction des coûts nécessaires à cette exploitation, pour poursuivre durablement son activité. Il existe plusieurs façons d'apprécier la rentabilité bancaire, selon l'objectif poursuivi.

Pour les actionnaires, le rapport du résultat net aux fonds propres (coefficient de rentabilité ou return on equity ROE) met en évidence le rendement de leur investissement. Cette vision peut s'accommoder d'une sous-capitalisation structurelle des établissements, un bon coefficient de rentabilité pouvant provenir d'un faible niveau de fonds propres.

Les analystes extérieurs, notamment les contreparties des établissements de crédit, prennent également en compte les autres aspects de la structure financière et en particulier, le coefficient de rendement ou return on assets (ROA). L'inconvénient de cette approche est qu'elle place tous les actifs sur un même plan, alors que leurs risques sont différents et qu'elle néglige les activités de hors-bilan qui se sont fort développées au cours des dernières années.

C'est pourquoi, les autorités prudentielles utilisent plusieurs de ces instruments d'appréciation de la rentabilité. C'est l'éclairage d'ensemble qui résulte de leur analyse qui permet de dégager une opinion sur la rentabilité d'un établissement.

Pour une étude plus approfondie de la mesure de la rentabilité bancaire, le lecteur intéressé pourra se reporter utilement aux travaux de la Commission bancaire présentés dans son rapport pour 1995 (p. 183 et suivantes).

Les instruments d'analyse de la rentabilité

* Les soldes intermédiaires de gestion


L'équilibre rentabilité/risque ne peut pas toujours être apprécié par le seul examen du résultat net, qui est un solde intégrant parfois des produits ou charges non récurrents qui peuvent masquer la structure de la rentabilité des établissements. C'est pourquoi l'analyse de celle-ci passe par la mise en évidence de soldes intermédiaires de gestion qui permettent d'identifier les éléments ayant concouru à l'obtention du résultat final.

- Le produit net bancaire (PNB) est calculé par différence entre les produits bancaires et les charges bancaires (activité de prêt et d'emprunt ; opérations sur titres, change, marchés dérivés,...). Il mesure la contribution spécifique des banques à l'augmentation de la richesse nationale et peut en cela être rapproché de la valeur ajoutée dégagée par les entreprises non financières. Depuis 1993, le calcul du PNB intègre les dotations ou reprises de provisions sur titres de placement. En revanche, les intérêts sur créances douteuses en sont désormais déduits.

- Le produit global d'exploitation (PGE), calculé depuis 1993, est un solde intermédiaire qui ajoute au PNB, les produits accessoires et divers, les plus-values nettes de cession sur immobilisations corporelles ou incorporelles, les plus values nettes de cession sur immobilisations financières et les dotations nettes aux provisions sur immobilisations financières.

- Le résultat brut d'exploitation (RBE) s'obtient en retranchant du PNB, majoré des produits accessoires, le volume des frais généraux et des dotations aux amortissements. Il permet d'apprécier la capacité d'un établissement de crédit à générer une marge après imputation du coût des ressources et des charges de fonctionnement.

- Le résultat d'exploitation (RE) correspond au RBE diminué des dotations nettes aux provisions d'exploitation. C'est à ce niveau que la notion de risque est prise en compte. Depuis 1993, ce solde a été remplacé par le résultat courant avant impôt.

- Le résultat net (RN) intègre, outre le résultat d'exploitation, les autres produits et charges de caractère le plus souvent exceptionnel, les dotations au fonds pour risques bancaires généraux et l'impôt sur les sociétés.

* Les coûts, rendements et marges

L'évaluation de la rentabilité est le fruit des variations de taux et de volume qu'il importe de pouvoir dissocier dans l'appréciation de la situation d'un établissement de crédit. La mesure de l'effet prix et de l'effet volume passe par l'analyse des coûts et des rendements, obtenus en rapprochant le montant des intérêts perçus et versés sur celui des prêts et des emprunts correspondants. Un calcul de marge peut dès lors être réalisé sur les différentes activités d'intermédiation (opérations avec la clientèle, opérations de trésorerie) et donner lieu en définitive à une évaluation de la marge globale d'intermédiation.

Depuis 1993, ce ratio a fait place à celui de marge bancaire globale dont la création a été motivée, d'une part, par la nécessité d'avoir un ratio prenant en compte l'ensemble de l'activité bancaire, y compris les activités de service et de hors-bilan (la distinction entre intermédiation et non intermédiation tendant à devenir plus imprécise), et, d'autre part, le souci de calculer un indicateur simple facilement utilisable dans les comparaisons internationales. Elle résulte du rapport du PGE sur le total de bilan et "l'équivalent crédit sur instruments financiers à terme".

Compte tenu du fort développement des opérations bancaires hors intermédiation (services de conseil, opérations sur marchés dérivés...) il est souhaitable de tenir compte dans l'analyse des produits et charges qu'elles génèrent et de rapporter l'ensemble des gains nets ainsi obtenus au total des fonds utilisés, qui sont constitués des fonds empruntés et des capitaux propres. Le taux ainsi calculé est un indicateur du rendement global d'un établissement de crédit. Cet indicateur est resté inchangé par la réforme de 1993.

* Les ratios d'exploitation

Plusieurs ratios peuvent être calculés afin de mettre en évidence les structures d'exploitation. Les plus utilisés sont :

- le coefficient global d'exploitation - rapport des frais généraux au PGE. Il montre de façon synthétique la part des gains réalisés qui est absorbée par les coûts fixes.

- le coefficient de rentabilité : rapport du résultat net aux fonds propres (capital, réserves et éléments assimilés, report à nouveau), autrement appelé return on equity ROE.

- le coefficient de rendement : rapport du résultat net au total du bilan, autrement appelé return on assets (ROA).

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