La formation du résultat d'exploitation
Les composantes du produit net bancaire

Il convient de noter que, jusqu'en 1994, la croissance du produit net bancaire imputable aux implantations à l'étranger a été nettement supérieure à celle du produit net bancaire sur l'activité métropolitaine. En 1994, cette tendance ne s'est pas poursuivie et la rentabilité s'est surtout améliorée dans le financement de secteurs domestiques (crédit à la consommation, engagements sur les petites et moyennes entreprises).



Il convient également de noter que, sur l'ensemble de l'activité, les opérations avec la clientèle (crédit bancaire classique) ont été à l'origine de la faiblesse des résultats . En tenant compte des opérations de crédit-bail et de location simple, elles ont dégagé, pour l'année 1995, 381,8 milliards de francs de produit net, (soit 107 % du produit global d'exploitation, contre 116 % en 1994, 126 % en 1993 et 129 % en 1992 5( * ) ).

L'évolution de la marge globale d'intermédiation

La dégradation de la rentabilité d'exploitation est attestée par l'évolution de la marge globale d'intermédiation. Celle-ci est en diminution constante depuis le milieu des années 80, passant de 2,07 % en 1988 à 1,19 % en 1994.

La marge bancaire globale, calculée depuis 1993, qui rapporte le produit global d'exploitation au total de l'activité (y compris le hors-bilan à terme) témoigne de la baisse persistante de la rentabilité brute. Elle est ainsi passée de 2,16 % en 1993 à 1,92 % en 1994 pour l'ensemble des établissements sur toutes les zones d'activité. Calculée sur les seules activités métropolitaines, elle est passée de 2,25 % à 2,02 %.

L'analyse du rendement global

Le rendement global a lui aussi connu une baisse tendancielle depuis le milieu des années 80.

La contribution de l'activité de prêts et d'emprunts à la formation du rendement global est passée de 70 % en 1990 à 56,3 % en 1993. Établie à partir de soldes intermédiaires différents à partir de 1993, cette contribution est passée de 69 % à 59 %.

Cette diminution est d'autant plus préoccupante que le rendement global doit être suffisant pour couvrir les charges d'investissement et de fonctionnement, doter les comptes de provisions et dégager un résultat net après impôt. Tel n'a pas été le cas en 1994.

Les indicateurs ci-dessus, tout en permettant de mesurer l'ampleur de la crise traversée par notre système bancaire, montrent que la situation s'est améliorée depuis 1995. On pourrait en déduire que le pire est désormais passé et que la crise était essentiellement conjoncturelle. Malheureusement, il n'en est rien.

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