Allez au contenu, Allez à la navigation



 


Retour Sommaire Suite

C. LE PHÉNOMÈNE DE SURENDETTEMENT S'INSCRIT DANS UNE LOGIQUE ÉCONOMIQUE FAVORISANT LES CRÉDITS AUX PARTICULIERS

Si les ménages français sont peu endettés par rapport à leurs homologues anglo-saxons, depuis le milieu des années quatre-vingt les crédits aux particuliers se développent fortement.

1. Un faible taux d'endettement des ménages

Traditionnellement, la France se caractérise par un faible recours des ménages à l'endettement. On retrouve ici une manifestation du clivage culturel entre pays historiquement ouverts au crédit, au premier rang desquels les pays anglo-saxons, et pays historiquement fermés, parmi lesquels la France et l'Italie.

Comparaison internationales
sur le recours des ménages à l'endettement
et le développement du surendettement
(endettement/revenu disponible)

Royaume-Uni

Canada

Japon

États-Unis

Allemagne

Autriche

Pays-Bas

France

Belgique

Italie

97,9 %

93,2 %

85,0 %

83,3 %

71,3 %

60,0 %

55,3 %

47,3 %

42,4 %

32,9 %

Source : Service des économies étrangères

statistique pour l'année 1995

(sauf Pays-Bas, 1994, France, 1996 et Belgique, 1993)


De même, l'encours total des diverses formes de crédits à la consommation des ménages s'avère modeste, en France, par rapport à certains pays industrialisés.

En outre, l'analyse descriptive de la situation des ménages endettés révèle une diversité des itinéraires et des profils d'endettement. 63,9 % des ménages endettés détiennent au moins un crédit immobilier et 41,8 % des ménages endettés le sont au titre de l'immobilier seulement. 36,1 % des ménages ne le sont qu'à raison de crédits de trésorerie, alors que 22,1 % des ménages endettés détiennent au moins un crédit immobilier et des crédits de trésorerie. Le rapport 1997 de l'Observatoire de l'endettement des ménages fait état de quatre grands modèles d'endettement :

le modèle de l'endettement immobilier "projet" que suivent les couples mariés avec ou sans enfant(s), aux revenus élevés et ceux des accédants qui ont préparé leur opération (notamment par une épargne-logement préalable) ;

le modèle de l'endettement à la consommation "mode de vie" que choisissent les jeunes couples sans enfant ou les célibataires, locataires en milieu urbain ;

le modèle de l'endettement immobilier "tendu" qui s'impose aux ménages à faibles ressources ayant parfois de nombreux enfants et ne disposant pas d'une capacité suffisante d'épargne préalable ou aux accédants qui vont devoir supporter des charges de remboursement élevées ;

le modèle de l'endettement à la consommation "fin de mois" des locataires qui, en raison de l'insuffisance de leurs revenus, de la taille de leur famille, du niveau de leur loyer..., vont ainsi pallier temporairement leurs difficultés de trésorerie. On retrouve également dans cette catégorie des jeunes célibataires qui vivent à la limite de leurs capacités financières.

Par ailleurs, l'endettement des ménages a fortement évolué depuis vingt ans. La seconde moitié des années quatre-vingt avait connu un développement rapide de l'endettement des ménages. La transformation du système de financement de l'économie y a largement contribué, ainsi d'ailleurs que la conjonction de la phase ascendante des cycles réels et de celui de l'immobilier. Au point haut de l'endettement des particuliers, en 1989-1990, l'encours total des crédits immobiliers et de trésorerie détenus par les ménages représentait alors 42,9 % de leur revenu disponible.

La première moitié des années quatre-vingt-dix a en revanche enregistré un mouvement de désendettement relativement rapide. Ainsi, entre 1990 et 1995, l'encours total des crédits détenus par les ménages s'est contracté de 4,1 points de revenu disponible. Le recul de l'encours des crédits à court terme a été plus rapide que celui des crédits immobiliers, par nature plus inertes. Dans le même temps, la part des ménages endettés a baissé de 3 points, passant de 52,8 % à 49,8 %.

L'endettement des ménages (hors endettement professionnel)

Endettement en cours en fin d'année en % du revenu disponible

Ensemble des crédits à l'habitat

Crédits de trésorerie aux particuliers

Ensemble de l'endettement

Proportion des ménages endettés

1989

34,0

8,9

42,9

52,8

1990

34,0

8,9

42,9

51,9

1991

33,6

8,2

41,8

51,6

1992

32,9

7,8

40,7

50,9

1993

32,4

7,7

40,1

50,3

1994

32,1

7,7

39,8

50,0

1995

31,0

7,8

38,8

49,1

1996 (provisoire)

30,8

8,0

38,8

49,8

Toutefois, l'enquête réalisée en novembre 1996 par l'Observatoire de l'endettement des ménages semble indiquer que la tendance au désendettement est parvenue à son terme : globalement, le taux de détention ne fléchit plus que très modérément en comparaison de ce qui était observé jusqu'alors ; la diffusion des crédits immobiliers et du multi-endettement s'est même redressée, les ménages faisant plus largement appel au découvert bancaire.

Retour Sommaire Suite