INTRODUCTION

Le 17 novembre dernier, votre commission a rendu public le rapport déposé en son nom par son rapporteur général le 10 du même mois, présentant les principaux éléments du projet de loi de finances pour 2000. Votre commission y considérait notamment que les recettes fiscales pour 1999 2( * ) étaient sous-estimées d'une somme comprise entre 20 et 34 milliards de francs.

Dès le 19 novembre, de façon très inhabituelle, le ministère de l'économie, des finances et de l'industrie répliquait par un rapide communiqué à la presse, démentant catégoriquement ces affirmations.

L'affaire dite de la " cagnotte fiscale " s'était nouée.

Or votre commission, pour établir son estimation, ne se fondait pas sur des données d'exécution confidentielles, mais sur les éléments déjà rendus publics par le gouvernement, notamment la situation budgétaire mensuelle à fin août. Tout au long de la discussion budgétaire, puis lors de celle relative au projet de loi de finances rectificative, le gouvernement a démenti les affirmations de votre rapporteur général, en lui refusant obstinément les moyens de les vérifier, en particulier la situation hebdomadaire budgétaire et financière de l'Etat (S.H), établie chaque semaine au titre de la semaine précédente, et réclamée à plusieurs reprises par votre président.

Finalement, les affirmations de votre commission étaient avérées le 9 février 2000 3( * ) , lors de la présentation par le gouvernement des résultats définitifs de l'exécution 1999 4( * ) .

Le refus du gouvernement de reconnaître l'écart d'exécution des recettes, comme celui, explicite ou implicite, de communiquer à la commission des finances les documents permettant de vérifier cet écart, puis la révélation que les résultats de l'exécution 1999 avaient été estimés avec justesse par votre commission, étaient la manifestation de dysfonctionnements majeurs dans une démocratie moderne.

A cet égard, ce n'est pas l'écart dans l'exécution des recettes, somme toute minime (inférieur à 2 %) qui était en cause, mais l'absence de transparence du gouvernement à ce sujet.

Le premier objectif de votre commission était donc de créer une relation différente entre le gouvernement et le Parlement, et au-delà du Parlement, avec le peuple. Nos concitoyens, et leurs représentants, ont le droit de connaître, aussi vite que cela est possible, l'état des finances publiques, la situation des dépenses d'intérêt général ainsi que celles des recettes qui ne sont autres que les prélèvements effectués sur eux pour financer ces dépenses. C'est un droit fondamental des citoyens.

Que le gouvernement conserve l'initiative de ce qu'il convient de faire en matière de finances publiques est tout aussi normal. Mais ce n'est en aucun cas brider cette initiative que de connaître, à un instant donné, la situation des finances publiques.

Pour parvenir à cet objectif, votre commission a souhaité s'informer sur l'exécution des lois de finances, connaître les outils dont le gouvernement dispose pour en assurer le suivi, ainsi que les outils servant aux prévisions d'exécution. L'exercice 1999 a servi de témoin dans cet exercice, mais votre commission n'a pas souhaité se focaliser particulièrement sur cette année là, car il ne s'agit pas de se livrer à un examen partial. Elle n'a toutefois recueilli que relativement peu d'éléments sur les exercices précédant 1999.

Votre commission a également souhaité s'informer sur l'élaboration des projets de loi de finances, tant il est vrai que l'exécution en cours lie étroitement les prévisions qui permettent l'élaboration de ces projets de loi.

Elle s'est toutefois refusée à s'immiscer dans la préparation du projet de loi de finances pour 2001, car ce n'était pas l'objet de ses investigations. Le suivi de l'élaboration des projets de loi de finances par les commissions des finances du Parlement devrait toutefois faire l'objet d'une réflexion à l'avenir.

Le présent rapport rend compte, concrètement, de la manière dont le ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, pilote les recettes, les dépenses et l'équilibre budgétaire, à la fois en vue d'exécuter la loi de finances de l'année comme d'élaborer celle de l'année suivante. Il ne contient pas de vision générale ou abstraite du calendrier budgétaire du gouvernement : les manuels de finances publiques en rendent compte. Ce calendrier, et ces différentes étapes et procédures, sont d'ailleurs bien respectées par l'administration. L'objet de cette enquête est plutôt, à partir de l'exemple d'exercices réels, de rendre compte du contenu de ces étapes.

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