II. L'APPLICATION DES LOIS VOTÉES AU COURS DE LA SESSION 2000-2001

Durant l'année parlementaire 2000-2001, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées n'a pas procédé à l'examen de projets de loi distincts des projets autorisant la ratification de traités ou l'approbation d'accords internationaux, qui n'appellent pas de textes d'application.

On passera successivement en revue l'application des principales lois promulguées en 2000-2001 examinées au fond par la commission des affaires sociales, la commission des finances, la commission des affaires économiques, la commission des affaires culturelles, puis la commission des lois.

A. COMMISSION DES AFFAIRES SOCIALES : DES LOIS NÉCESSITANT UN SUIVI RÉGLEMENTAIRE ABONDANT, MAIS UN BILAN ENCORE MAIGRE

1. Cinq lois examinées par la commission des affaires sociales n'ont été suivies d'aucune mesure d'application, et une loi n'a reçu qu'un seul décret

Il est vrai que deux de ces textes, votés définitivement en fin de session et promulgués en juillet 2001, exigeaient, à eux seuls, près de la moitié (46 %) du suivi global requis en 2000-2001 : loi n° 2001-627 du 17 juillet 2001 portant diverses dispositions d'ordre social, éducatif et culturel et loi n° 2001-647 du 20 juillet 2001 relative à la prise en charge de la perte d'autonomie des personnes âgées et allocation personnalisée d'autonomie .

La commission des affaires sociales rappelle que la loi n° 2001-647 du 20 juillet 2001 vise à répondre aux critiques formulées contre une loi précédente, n° 97-60 du 24 janvier 1997 instituant la prestation spécifique dépendance (PSD). La commission des affaires sociales observe que les principaux décrets PSD lui avaient été communiqués une semaine seulement après la promulgation de la loi PSD.

Pour la loi n° 2001-624 du 17 juillet 2001 , tendant notamment à conférer une base légale à la nouvelle convention d'assurance-chômage du 1 er janvier 2001, l'absence de publication, sur ce point précis, des décrets n'est pas surprenante : cette convention stipule, en effet, que les modalités d'application des nouvelles dispositions seront déterminées par les partenaires sociaux, et non par décret. La commission des affaires sociales remarque :

« Il semble alors que le Gouvernement, dans une curieuse conception de l'habilitation législative, n'ait souhaité mentionner des décrets d'application qu'à titre conservatoire afin de pouvoir en contrôler si nécessaire les modalités d'application, signe évident d'une certaine défiance envers les partenaires sociaux. »

Cette même commission souligne, par ailleurs, que cette loi institue une allocation de fin de formation qui, faute de pouvoir être servie à la suite de la carence de pouvoir réglementaire, interdit l'indemnisation des chômeurs suivant une formation d'une durée supérieure à leurs droits à allocation pour perte d'emploi.

La même loi donne un statut au Fonds de réserve pour les retraites : elle exige, ici, quatre décrets en Conseil d'Etat, deux décrets et plusieurs arrêtés : aucun texte n'a été publié.

Les autres cas de carence les plus significatifs relèvent de la loi n° 2001-398 du 9 mai 2001 (ni l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale (AFSSE), ni l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaires (IRSN) ne sont opérationnels) et de la loi n° 2001-558 du 4 juillet 2001 relative à l'interruption volontaire de grossesse et à la contraception 12( * ) .

La commission note qu' un seul décret (sur 11 mesures d'ordre réglementaire prévues) est sorti pour la loi n° 2001-397 du 9 mai 2001 relative à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes .

Ce texte d'application a été publié rapidement, ce qui ne saurait étonner dans la mesure où un avant-projet était déjà disponible lors des débats parlementaires.

La principale carence, sur ce texte, consiste en l'absence de publication des mesures réglementaires relatives à l'interdiction du travail de nuit des femmes dans l'industrie.

2. La loi de financement de la sécurité sociale reste largement inappliquée alors que débute au parlement l'examen du prochain projet de loi de financement

Comme à l'accoutumée, le moment fort de la session, pour la commission des affaires sociales, a été la loi de financement de la sécurité sociale pour 2001 (loi n° 2000-1257 du 23 décembre 2000).

Sur 42 mesures d'ordre réglementaire prévues , 24 ont été publiées (27 au total, plus une circulaire).

La commission des affaires sociales souligne tout d'abord que le volet « Equilibres » de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2001 visait essentiellement à procurer de nouvelles ressources au « Fonds de financement de la réforme des cotisations patronales de sécurité sociale » ( FOREC ), prévu par l'article 5 de la loi de financement de l'année précédente. Or, le FOREC n'était toujours pas en place au moment du vote de la loi.

Parmi les textes attendus, la commission des affaires sociales note en particulier que les trois décrets, dont l'un devait être pris en Conseil d'Etat, pour la création du répertoire national des retraites et des pensions , prévus pour l'article 27 de cette loi n'ont pas été publiés.

Les textes réglementaires, sur le volet « Assurance maladie » , n'ont pas été pris ; il en va ainsi de l'article 36, relatif aux réseaux de soins, de l'article 44, relatif aux conditions de transmission des prélèvements aux laboratoires d'analyses de biologie médicale, de l'article 51 donnant à l'assurance maladie la possibilité de conclure des conventions avec les distributeurs ou fournisseurs de dispositifs médicaux. De même :

- le décret d'application de l'article 40 créant le fonds pour la modernisation sociale des établissements de santé (FMES), qui se substitue au fonds d'accompagnement social pour la modernisation des établissements de santé (FASMO), n'est toujours pas paru alors que le Gouvernement avait annoncé en mai 2001 : « le passage du FASMO au FMES se fera incessamment dans le cadre d'un décret actuellement en cours de préparation et transposant au second les règles de fonctionnement élaborées pour le premier ».

- le fonds de promotion de l'information médicale et médico-économique, créé par l'article 47 et chargé, selon le Gouvernement, de « l'information à destination des professionnels de santé indépendante de l'industrie pharmaceutique sur l'utilisation des médicaments » ne fonctionne toujours pas.

La commission des affaires sociales regrette de constater, comme les années précédentes, que la plupart des dispositions relatives à l'assurance maladie figurant dans la loi de financement de l'année en cours ne sont toujours pas appliquées alors que débute au Parlement l'examen du projet de loi de financement de l'année suivante.

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