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COTY René

Ancien sénateur de la Seine-Inférieure

Election

  • Elu le 14 janvier 1936
  • Fin de mandat le 31 décembre 1944

Extraits de la table nominative :

1936 , 1937 , 1938 , 1939 , 1940

Biographie

1889-1940  (Extrait du «Jean Jolly»)
1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1889-1940

COTY (RENÉ), né le 20 mars 1882 au Havre (Seine-Inférieure), mort le 27 novembre 1962 au Havre.

Député de la Seine-Inférieure de 1923 à 1936.

Sénateur de la Seine-Inférieure de 1936 à 1944.

Député de la Seine-Inférieure aux deux Assemblées Nationales Constituantes, de 1945 à 1946.

Député de la Seine-Inférieure à l'Assemblée Nationale de 1946 à 1948.

Sénateur de la Seine-Inférieure de 1948 à 1953.

Sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur du 13 au 23 décembre 1930.

Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme du 24 novembre 1947 au 10 septembre 1948. Président de la République de 1953 à 1958.

Fils d'un directeur d'institution d'enseignement libre-laïque fondé par son grand-père dont les ascendants étaient de modestes instituteurs de village, René Coty fit ses études secondaires au lycée du Havre où il obtint le baccalauréat ès sciences et le baccalauréat ès lettres. Il poursuivit ses études supérieures à l'université de Caen. Suivant à la fois les cours des facultés des Lettres et de Droit, il obtint les deux licences et en 1902 - à 20 ans - s'inscrivit au barreau du Havre dont il fut deux fois le bâtonnier et dont il démissionna en 1932 pour pouvoir se consacrer plus amplement à son mandat parlementaire. Très vite, il se tourna vers la vie politique et fut élu, en 1907, conseiller d'arrondissement du deuxième canton du Havre, et réélu en 1908 après invalidation. Cette même année, il entra au Conseil municipal de sa ville natale, pour y être réélu en 1912 sous le régime d'une représentation des minorités organisé sur son initiative par voie de convention entre quatre partis politiques.

Quand la guerre éclate, en août 1914, René Coty appartient au service auxiliaire. Il demande, dès le premier jour de la mobilisation, à contracter un engagement au 129e régiment d'infanterie. Après avoir renoncé à faire partie du peloton des officiers, il part pour le front le 12 novembre 1914 et y reste, avec son régiment, jusqu'en janvier 1919. Il termine la guerre avec la Croix du combattant volontaire et la Croix de guerre. Il appartenait à la célèbre « Division de fer » de Mangin. Aux élections municipales de 1919, classé troisième sur sa liste, il vient, au premier tour, en tête des 108 candidats. Mais au second tour, sa liste est battue par la liste Léon Meyer.

Elu la même année conseiller général du sixième canton du Havre, il est réélu en 1925, en 1931 et en 1937.

Vice-président du Conseil général en 1930 et toujours réélu depuis lors, premier Vice-président en 1939, il donne sa démission peu après la déclaration de guerre pour faire place à son collègue radical-socialiste Métayer, et contribue ainsi à l'élection d'un bureau d'Union sacrée.

Il était, depuis 1904, un des lieutenants de Jules Siegfried. Après avoir décliné, en 1910, l'offre d'une candidature législative, il avait fait campagne dans plusieurs réunions publiques aux lieu et place de Jules Siegfried qui venait de subir une grave opération. Le 16 novembre 1919, alors qu'il figurait sur la liste républicaine de gauche de Bignon-Siegfried, il prit l'initiative d'y faire substituer une liste d'union nationale où il ne pouvait trouver place.

Enfin, après la mort de M. Jules Siegfried, le 26 septembre 1922, et du comte de Bagneux le 5 avril 1923, Il se présenta à l'élection partielle des 27 mai et 10 juin 1923, premier de la liste d'union républicaine démocratique dont il fut le seul élu. Il recueillit personnellement, au deuxième tour de scrutin, 52.337 voix sur 132.935 votants. Il fut successivement réélu : aux élections générales du 11 mai 1924, cinquième de la liste d'union républicaine qui eut six élus il groupa sur son nom 67.347 voix, sur 178.163 votants ; aux élections générales du 22 avril 1928, qui marquèrent le retour au scrutin uninominal, dans la deuxième circonscription du Havre, par 11.101 voix contre 4.057 à M. Daniel et 2.224 à M. Lafargue, sur 18.841 votants, dès le premier tour ; à celles du 1er mai 1932, au premier tour, par 13.379 voix contre 3.045 à M. Lescoutra et 2.942 à M. Legagneux, sur 19.366 votants. Inscrit au groupe des républicains de gauche, il appartint à la Commission de la marine marchande dont il devint vice-président, à celle des boissons, à celle de la mise en valeur du département de la Corse, à celle de la législation civile et criminelle, à celle du commerce et de l'industrie, à celle du suffrage universel et à celle du règlement. Il déposa un certain nombre de propositions de loi intéressant : le commerce et l'industrie et les impôts les frappant, les modifications à apporter au Code du commerce, le crédit maritime et le transport des marchandises par mer. Ses interventions à la tribune portèrent plus particulièrement sur : les sursis à l'expulsion des locataires (1923), la taxe sur le chiffre d'affaires (1924), le régime fiscal applicable au petit commerce et à la petite industrie (1924), la législation sur les loyers (1924), le prix des baux à longue durée (1925), la dette flottante (1925), les rapports des bailleurs et des locataires de locaux d'habitation (1926), la réforme du régime des taxes successorales (1926), l'aménagement des lotissements défectueux (1928), les tarifs des douanes (1928), le commerce des blés (1929), etc.

Nommé Sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur dans le cabinet Théodore Steeg, le 13 décembre 1930, il constate, en arrivant à Paris, que le nouveau Ministère a contre lui l'hostilité de ses amis politiques. Il donne en conséquence sa démission le 23 décembre et est remplacé par M. Ernest Bréant.

De retour à son banc de député, il participe aux débats sur l'outillage national (1933), sur la création de zones franches maritimes et fluviales (1933), sur le règlement du prix de vente des fonds de commerce (1934), sur les conditions dans lesquelles des accords professionnels peuvent être rendus obligatoires en période de crise (en qualité de rapporteur) (1985), etc. Partisan de certaines réformes institutionnelles, une Commission de la réforme de l'Etat est créée sur son initiative, eh 1934. Elle sera supprimée en 1936.

Aux élections sénatoriales du 20 octobre 1935 (renouvellement du 14 janvier 1936), il devient sénateur de la Seine-Inférieure, au troisième tour de scrutin, par 740 voix sur 1.494 votants. Il se démet de son mandat de député, le 31 janvier 1936, et s'inscrit au groupe de l'Union républicaine de la Haute-Assemblée. Il entre à la Commission de la marine, à celle de l'Algérie, dont il deviendra secrétaire, à celle du commerce et de l'industrie dont il deviendra vice-président, à celle de la comptabilité, à celle des colonies et à celle des finances. Il dépose des propositions de loi relatives à l'indemnité de plus-value en faveur du fermier sortant (1936) et aux baux à ferme (1936). Il se fait entendre à la tribune à propos : des conventions collectives du travail (1936), du règlement du prix de vente des fonds de commerce (1937), des procédures de conciliation et d'arbitrage (1938), des conventions collectives dans l'agriculture (1938), de la situation des concierges (1938), des régimes matrimoniaux (1939), de la loi de finances de l'exercice 1940 (1939), de l'utilisation rationnelle et équitable des mobilisés (1940), de l'exercice du mandat des sénateurs mobilisés (1940).

Le 10 juillet 1940 au Congrès de Vichy, il vote en faveur de la loi constitutionnelle, et, en 1941, est nommé maire du Havre. Mais il refuse cette nomination en faisant connaître au Ministre de l'Intérieur, que, comme membre du Parlement, il ne peut accepter de paraître comme représentant du Gouvernement de Vichy. L'année suivante, il refuse pareillement de faire partie du Conseil départemental de la Seine-Inférieure. Cependant, son vote du 10 juillet lui vaut d'être déclaré inéligible. Après examen de son dossier, il est relevé de cette inéligibilité par décision du Jury d'honneur.

Aux élections générales du 21 octobre 1945, il retrouve un siège de député à la première Assemblée Nationale Constituante. Il est inscrit au deuxième rang de la liste d'entente des républicains de gauche qui à deux élus. Il recueille personnellement 40.494 voix sur 175.640 votants. Mais le projet de constitution soumis au référendum, ayant été rejeté, il est procédé à l'élection d'une deuxième Assemblée Nationale Constituante le 2 juin 1946. Toujours deuxième de la liste des républicains indépendants, qui a deux élus, René Coty retrouve son siège par 45.802 voix, sur 187.288 votants. Il entre enfin à la première Assemblée Nationale à la faveur des élections générales du 10 novembre 1946, deuxième de la liste des républicains indépendants, qui a deux élus, par 45.437 voix sur 181.703 votants. Inscrit au groupe des républicains indépendants, il est membre de la Commission des finances et du contrôle budgétaire (1945 et 1946), de celle de comptabilité (1945 et 1946), de celle de l'intérieur, de l'Algérie et de l'administration générale, départementale et communale (1946), de celle du règlement et du suffrage universel, de celle des affaires étrangères et de celle des finances (1946). Il dépose des propositions de loi concernant : les propriétaires de valeurs mobilières dépossédés pendant la guerre (1946), le problème de la reconstruction (1946), le crédit maritime mutuel (1946), les dommages de guerre (1946), la création d'une Caisse autonome de la reconstruction (1946), la retraite mutualiste (1946), le privilège du bailleur (1947), les dommages de guerre (1947), le droit au bail des commerçants industriels et artisans (1947), la crise du logement (1947), les agriculteurs sinistrés (1947), l'indemnité d'éviction (1948), les groupements de sinistrés (1948). Il se fait entendre sur : la nationalisation de la Banque de France et des grandes banques de crédit (1945), la loi de finances de l'exercice 1946, et le budget de la marine marchande, en qualité de rapporteur (1945), la Constitution de la République française et la déclaration des Droits de l'homme (1946), la composition et l'élection du Conseil de la République (1946), les dommages de guerre (1946). Le 24 novembre 1947, il est nommé Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme dans le cabinet Robert Schuman et conserve ce portefeuille dans le cabinet André Marie du 26 juillet 1948 et dans le deuxième Cabinet Robert Schuman du 5 septembre 1948. En cette qualité, il soutient à la tribune plusieurs discussions sur : les engagements de dépenses au titre de la reconstruction et de la répartition des dommages de guerre en 1948 (1947), le prélèvement exceptionnel de lutte contre l'inflation (1947), les sociétés coopératives et les associations syndicales de reconstruction (1948), les crédits pour la reconstruction et l'équipement (1948), la création de la Caisse autonome de la reconstruction (1948), le budget de la reconstruction et de l'urbanisme reconduit à l'exercice 1948 (1948), la modification de la loi sur les dommages de guerre (1948), l'indemnité d'éviction des sinistrés (1948).

Le 7 novembre 1948, il est élu conseiller de la République, premier de la liste indépendante qui n'a qu'un élu : lui-même, avec 908 voix sur 2.086 votants. Il conserve son siège au renouvellement du 18 mai 1952, premier de la liste d'Union républicaine des indépendants et paysans qui eut deux élus. Il recueillit personnellement 613 voix sur 2.035 votants. Inscrit au groupe des républicains indépendants, il appartient à la Commission des affaires étrangères, à celle de la marine et des pêches. Il est en outre nommé membre suppléant à l'Assemblée Consultative du Conseil de l'Europe (1952). Il soutient à la tribune un rapport concernant la révision de certains articles de la Constitution et s'intéresse au statut du personnel administratif des Chambres d'agriculture. Il est Vice-président du Conseil de la République depuis le 25 novembre 1948, et ce mandat lui est régulièrement confirmé tous les ans.

Enfin, le 23 décembre 1953, après douze tours de scrutin infructueux, il est élu Président de la République française en remplacement de M. Vincent Auriol dont le septennat prend fin.

Son rôle devient désormais prépondérant. Outre les sept crises ministérielles qu'il réussit à dénouer, il sait faire la juste part des faiblesses de la Constitution dont il est le gardien, en respectant toujours sa lettre sans jamais trahir son esprit. Il connaît ses faiblesses et n'hésite pas à les dénoncer. Déjà, dans son premier message au Parlement, il déclare que « lorsque l'Etat décline, ce sont les féodalités qui montent ». A Dunkerque, en octobre 1955 : « La réforme de l'Etat est la clé des autres », à Verdun, l'année suivante : « La révision de nos institutions comme de nos méthodes est, pour nous, une tâche primordiale. » Ces appels qui se font de plus en plus pressants, de plus en plus angoissés, ne sont pas entendus, et l'insurrection du 13 mai 1958 à Alger, vient mettre la France au bord de la guerre civile. Comment, l'homme qui se place au-dessus des partis, va-t-il éviter à sa patrie le suprême bouleversement ? Un homme qui s'est retiré de la politique depuis 1947 émerge de nouveau. Il se déclare prêt à reprendre en main une situation qui devient de plus en plus alarmante. Il va jusqu'à donner à ce sujet une conférence de presse au Palais d'Orsay, où l'affluence est telle, que le Ministre de l'Intérieur en personne, dirige le service d'ordre. Est-ce une fois de plus l'homme providentiel ? René Coty le pense sincèrement. Mais cet homme est discuté : certains milieux de gauche et principalement d'extrême gauche ne l'admettent pas ou se montrent réticents. Il faut l'imposer ; et c'est son message du 29 mai 1958 au Parlement : « Quatre ans et demi auront bientôt passé, sans que mes appels de plus en plus instants soient suivis d'effet. L'Etat n'a cessé de se désagréger. Nous voici maintenant au bord de la guerre civile... Dans le péril de la Patrie et de la République, je me suis tourné vers le plus illustre des Français, vers celui qui, aux années les plus sombres de notre histoire, fut notre chef pour la reconquête de la liberté et qui, ayant réalisé autour de lui l'unanimité nationale, refusa la dictature pour établir la République... »

Le général de Gaulle était officiellement désigné pour former un nouveau Gouvernement. On sait la suite.

Mais il est impossible de parler du Président Coty, sans parler de sa compagne, devenue avec simplicité la première dame de France. Elle s'appelait Germaine Corblet et était la fille d'un armateur havrais. « Pour que papa et maman se fâchent, disaient leurs filles, il faudrait un tremblement de terre. Et encore ! » On avait l'habitude de les voir paraître tous les deux, toujours ensemble, au bras l'un de l'autre, comme à vingt ans. Les gens simples, les humbles étaient subjugués : « Je ne veux pas être officielle, leur disait-elle, appelez-moi donc madame Coty ». Cette idylle de près d'un demi-siècle prit fin brutalement, de façon inattendue. Le 12 novembre 1955, à 4 h 30 du matin, le coeur de madame Coty cédait. La première grande dame de France n'était plus. Les obsèques devaient avoir lieu dans l'intimité, à Rambouillet. Mais les témoignages de sympathie affluant à l'Elysée, en nombre de plus en plus impressionnant, le Président décida de permettre à Paris dont l'émotion était vibrante, de rendre un dernier hommage à la compagne de sa vie. La cérémonie eut lieu à l'Eglise de la Madeleine au milieu d'une affluence considérable. Paris en fut remercié.

Le général de Gaulle, Président du Conseil, ayant fait voter une nouvelle Constitution, le Président Coty jugea de son devoir de se retirer de la Présidence de la République, sans attendre la fin de son septennat. Cette décision était déjà prise, lorsqu'à Rethondes, le 11 novembre 1958, il évoqua ainsi sa prochaine retraite : « Entendez bien le vieil homme qui aujourd'hui vous parle sans doute pour la dernière fois... » et, le 8 janvier 1959, il fit ses adieux à la Garde dans la Cour d'honneur de l'Elysée. Il cédait sa place au général de Gaulle qui venait d'être élu Président de la République selon les modalités prévues par la nouvelle Constitution.

Mais il n'abandonnait pas pour autant toute activité : Il devenait membre de droit et à vie du Conseil constitutionnel.

Il partageait son temps entre Paris où il avait conservé son appartement du Quai aux Fleurs et Le Havre où était resté son coeur. Il y mourut le 27 novembre 1962 d'une façon subite. Il était âgé de 80 ans. On lui fit des funérailles nationales au milieu d'une foule recueillie et en présence du Président de la République.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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1940-1958

COTY (René)

Né le 20 mars 1882 au Havre (Seine-inférieure)

Décédé le 27 novembre 1962 au Havre

Député de la Seine-inférieure de 1923 à 1936

Sénateur de la Seine-inférieure de 1936 à 1944

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Seine-inférieure)

Député de la Seine-inférieure de 1946 à 1948

Sénateur de la Seine-inférieure de 1948 à 1953

Sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur du 13 au 23 décembre 1930

Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme du 24 novembre 1947 au 11 septembre 1948

Président de la République de 1953 à 1958

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome III, p. 1152 à 1154).

Après son vote positif du 10 juillet 1940, René Coty se retire au Havre, dont le gouvernement de Vichy le nomme maire en 1941 ; il refuse cette nomination, marquant ainsi son désaccord avec l'évolution du régime. De même, l'année suivante, refuse-t-il de siéger au Conseil départemental.

Relevé de l'inégibilité découlant de son vote de 1940 par le jury d'honneur, il est élu dans la Seine-inférieure membre des deux Assemblées nationales Constituantes, en deuxième position de la liste d'Entente des républicains de gauche, puis Républicaine indépendante, qui remporte chaque fois deux des six sièges à pourvoir.

Membre de la Commission des finances, et de la Commission de la comptabilité, il consacre l'essentiel de ses interventions aux débats sur la future Constitution.

Réélu aux législatives du 10 novembre 1946, il est appelé au gouvernement par Robert Schuman et chargé de la reconstruction et de l'urbanisme, fonction qu'il conserve dans le cabinet Marie, puis dans le deuxième cabinet Schuman.

Il crée alors la caisse autonome de reconstruction, modifie la loi sur les dommages de guerre, et instaure une indemnité d'éviction pour les sinistrés.

Puis, lors des élections du 7 novembre 1948, René Coty choisit d'entrer au Conseil de la République ; il est alors le seul élu de la Liste indépendante de la concentration républicaine, qui a recueilli 508 voix sur 2 027 suffrages exprimés dans la Seine-inférieure.

Le 18 mai 1952, il conduit une Liste républicaine des indépendants et paysans, qui remporte cette fois deux des quatre sièges à pourvoir, avec 613 voix sur 2015 suffrages exprimés.

René Coty, qui est membre du groupe des indépendants, est élu vice-président du Conseil de la République le 19 novembre 1948 ; il occupe cette fonction jusqu'à son élection à la Présidence de la République, en décembre 1953.

Il s'attache alors à renforcer l'autorité de la deuxième chambre du Parlement, notamment par une proposition de résolution tendant à en modifier le règlement pour accélérer le constitution des commissions générales, et en se chargeant, au nom de la Commission du suffrage universel, du rapport sur la révision de la Constitution, dont la discussion commence en janvier 1951. En mai, il rapporte, au nom de la Commission des lois, l'avis favorable exprimé par celle-ci sur le renouvellement anticipé de l'Assemblée nationale.

Nommé membre suppléant à l'Assemblée consultative du Conseil de l'Europe, en juillet 1952, il entre dans l'histoire avec son élection à la Présidence de la République, le 23 décembre 1953.

Les treize tours de scrutin nécessaires pour parvenir à ce résultat constituent l'un des signes les plus alarmants, et sans doute le plus mal ressenti par l'opinion publique, de l'état de division et d'impuissance où en est parvenu le régime, et dont René Coty est pleinement conscient.

Aussi son impulsion est-elle déterminante dans l'aboutissement de la réforme constitutionnelle du 7 décembre 1954. Mais les obstacles que doivent surmonter les institutions dont il est le premier magistrat sont d'un tout autre ordre. C'est pourquoi, lorsqu'éclate la crise du 13 mai 1958, il choisit d'accélérer la fin du régime en demandant, dans un message au Parlement, de faire appel « au plus illustre des Français ».

De fait, Charles de Gaulle est investi, le 1er juin 1958, à la présidence du Conseil, premier acte d'un processus inédit de réforme des institutions.

Le 8 janvier 1959, René Coty abandonne à son successeur la Présidence de la République.

Il partage ensuite son temps entre Le Havre et Paris, où il siège, comme membre de droit, au Conseil Constitutionnel.

Sa dernière intervention publique, quelques semaines avant son décès, exprime son opposition à la réforme constitutionnelle en cours visant à l'élection du Président de la République au suffrage universel direct.

Lorsqu'il disparaît, le 27 novembre 1962, des funérailles nationales sont organisées.

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Photo de M. René COTY, ancien sénateur
Etat-civil
Né le 20 mars 1882
Décédé le 22 novembre 1962
Profession
Avocat
Département
Seine-Inférieure
  • Mis à jour le 18 avril 2014