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LABROUSSE François

Ancien sénateur de la Corrèze

Election

  • Elu le 9 janvier 1921
  • Réélu le 14 janvier 1930
  • Réélu le 10 janvier 1939
  • Fin de mandat le 21 octobre 1945

Extraits de la table nominative :

Biographie

1889-1940  (Extrait du «Jean Jolly»)
1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1889-1940

LABROUSSE (FRANÇOIS), né le 29 décembre 1870 à Brive (Corrèze).

Sénateur de la Corrèze de 1921 à 1945.

« Intelligence aiguë, finesse de l'esprit, vaste érudition, une culture d'homme de science, de chercheur et d'artiste, une intransigeante probité alliée à un dévouement sans limite pour son pays, les éprouvés et les déshérités, et par-dessus tout un patriotisme lucide et vigilant », voilà qui, d'un terme à l'autre de sa carrière, tout comme ses « mots à l'emporte-pièce, ses réparties gouailleuses ou sarcastiques », caractérise en permanence François Labrousse. Son père, un médecin, fut député de la Corrèze pendant 8 ans, sénateur pendant 17 ans et conseiller général de Donzenac pendant 35 ans. François Labrousse fit mieux : médecin aussi, mais expert en psychiatrie près la Cour d'appel de Paris; sénateur aussi, mais pendant 30 ans; conseiller général aussi, mais pendant 40 ans; en outre, maire de Sainte-Féréole pendant 47 ans.

C'est en 1921, le 9 janvier - en même temps qu'Henri de Jouvenel et Joseph Faure - que François Labrousse fut élu pour la première fois sénateur, au troisième tour de scrutin, par 470 voix sur 708 inscrits et 706 votants. Il s'inscrivit au groupe de la gauche démocratique radicale et radicale-socialiste et choisit d'aller siéger à la commission des affaires étrangères et à la commission de l'enseignement.

Ses premières interventions firent une certaine sensation, mais celle qui contribua surtout à asseoir sa réputation d'orateur fut un discours contre le vote des femmes, discours d'un étonnant brio dont le thème était qu'il fallait, pour leur propre bien, refuser le droit réclamé en leur faveur afin de « les empêcher de prendre la mentalité de vieilles filles ayant tout le sang-froid de vieux avoués ». Le Sénat rit et applaudit - d'autant plus que sa religion était faite. Mais, du même coup, la réputation de Labrousse également.

Au reste, ses préoccupations étaient généralement d'un ordre plus grave : en 1922, dans la discussion du projet de loi relatif à la taxe sur le chiffre d'affaires, il propose de modifier la répartition de celle-ci en faveur des communes; il dépose une proposition de loi sur les expropriations pour cause d'utilité publique. En 1923, il intervient sur le projet de loi réformant le régime des pensions et, l'année suivante, il s'oppose vivement à Poincaré, président du Conseil, sur la question du rétablissement du scrutin d'arrondissement auquel celui-ci est hostile.

Il faut, en 1925, relever une notable intervention dans la discussion d'une interpellation sur l'organisation des écoles rurales où apparaît un thème que Labrousse ne cessera de reprendre, de prolonger, d'amplifier : l'abandon des « leçons de choses » dans l'enseignement primaire est on ne peut plus déplorable, et plus encore leur remplacement par d'inassimilables programmes de sciences qui ont les dimensions de programmes d'agrégation.

En 1926, il est désigné comme rapporteur des accords conclus à Locarno qui, en réintégrant l'Allemagne dans le concert international, semblent devoir procurer à la fois la sécurité, la détente et la paix. C'est l'occasion pour lui d'un grand discours où il convient de relever ces deux phrases où s'affirme sa foi en la solidarité internationale : « Il ne saurait y avoir de pays sauvage et muet, et l'isolement... ne saurait créer pour une nation qu'un retard du développement, une tardiveté intellectuelle, une régression économique. » Et encore : « Nous voulons croire à la marche vers l'unité européenne, vers la paix et la réconciliation des pays, mais dans la sécurité et la vigilance nationales. »

En 1927, il faut noter des interventions intéressantes sur l'utilisation du cinéma dans l'enseignement et surtout, dans la discussion du budget, sur une éventuelle fonctionnarisation de la médecine à laquelle il se déclare véhémentement hostile : ce serait de la « médecine au rabais, de la médecine rapide », lance-t-il. La même année il est désigné comme délégué suppléant à la Société des Nations, ce qu'il sera à quatre reprises. D'autre part, la commission de l'enseignement fait de lui son secrétaire.

L'année 1928 montre à l'évidence l'étendue des sujets qui l'intéressent : le développement régional, la sécurité et le désarmement ; la médecine, en l'espèce la médecine militaire ; l'enseignement et la culture, occasion pour lui de défendre passionnément les « humanités classiques » propres à « affiner la sensibilité » ; enfin le logement.

En 1929, autre pacte retentissant : le pacte général de renonciation à la guerre, autrement dit pacte Briand-Kellogg qui met la guerre hors la loi : autre grand discours de Labrousse, rapporteur cette fois encore. Lui-même le qualifie « d'hymne à la paix » et il ajoute, lyrique : « Je voudrais des messes chantées pour la paix. »

Le 20 octobre, il est réélu au premier tour par 394 voix sur 704 inscrits, 704 votants, 702 exprimés. Cette année et les suivantes, il intervient, selon sa coutume, sur les sujets les plus divers : assurances sociales, aliénés, régime de la licence ès lettres, exercice de la médecine, organisation du marché du blé, enseignement primaire, réforme fiscale, liberté de la presse, etc., sans parler des différents budgets annuels ainsi que des très nombreux rapports qu'il présente relativement à des traités d'arbitrage et de conciliation conclus entre la France et des pays étrangers.

Une des dernières interventions de Labrousse au cours de l'examen du budget de 1939 est pour s'inquiéter de la dénatalité française, périlleuse à l'excès face à la puissance allemande.

Aux élections de 1939, Labrousse retrouve son siège au second tour, par 476 voix sur 704 votants et 658 suffrages exprimés. Mais il n'a plus, semble-t-il, le coeur à l'ouvrage. L'orateur brillant se tait désormais et l'on ne retrouve plus mention de son nom que le 10 juillet 1940, dans la liste des 80 parlementaires qui refusèrent d'accorder au maréchal Pétain les pleins pouvoirs exigés. François Labrousse enfin avait été, de janvier 1932 à sa réélection de 1939, questeur du Sénat, et l'un des plus considérables qu'ait connu la Haute Assemblée. Il n'avait pas redemandé en 1939 le renouvellement de ces fonctions.

Sa brillante conduite comme médecin aide-major durant la première guerre mondiale lui avait valu la Croix de guerre.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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1940-1958

LABROUSSE (François)

Né le 29 décembre 1878 à Brive-la-Gaillarde (Corrèze)

Décédé le 27 novembre 1951 à Brive-la-Gaillarde

Sénateur de Corrèze de 1921 à 1942 et de 1948 à 1951

(Voir première partie de la biographie dans le Dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome VI, p. 2070)

François Labrousse est l'un des « quatre-vingts » qui refusent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940.

L'occupation allemande le trouve du côté des clandestins, des résistants et des maquisards. Après la Libération, il est décoré de la rosette de la Résistance, puis de la rosette d'officier et enfin de la cravate de commandeur de la Légion d'honneur : témoignages de la reconnaissance de la Patrie enfin sauvée que, malgré son scepticisme souriant, François Labrousse n'accueille pas sans émotion.

C'est en cette qualité de patriote résistant que François Labrousse est choisi en 1943 pour siéger à l'Assemblée consultative provisoire dont il est, un temps, vice-président. Fermement attaché à la constitution de 1875, il la défend courageusement à la tribune et rappelle sans ménagement tout ce qui est dû à la IIIe République. Sans faiblesse, mais avec la philosophie bonhomme qui lui est propre, il met en garde l'Assemblée consultative contre les périls et les imperfections de l'assemblée unique. Son propos est ferme et net, mais les principes qu'il défend ne heurtent personne dans ses convictions ou ses susceptibilités. Il conclut, avec une sérénité qui ne trompe pas : « Cette intervention est probablement mon adieu à la vie politique. J'ai fait des discours pour servir la pérennité de la République que j'ai toujours aimée en la confondant avec la Patrie ».

Il revient pourtant siéger au Sénat à l'issue des élections du 7 novembre 1948, élu sur la liste d'Union socialiste radicale et républicaine qui remporte les deux sièges de la Corrèze. Mais à l'exception d'une intervention dans la discussion portant sur les pensions des anciens militaires aliénés, en mai 1949, il ne prend plus la parole, n'appartient plus à aucune commission et assiste de plus en plus rarement aux séances, souffrant de ne plus retrouver la Haute Assemblée qu'il avait tant aimée et illustrée.

François Labrousse est aussi caricaturiste et peintre de talent. Il est d'ailleurs élu en 1944 à l'Académie des Beaux-Arts en remplacement de Louis Hourticq. La notice qu'il a consacrée à celui-ci montre à quel degré François Labrousse est lui-même un artiste, c'est-à-dire une intelligence compréhensive de la beauté et de la mission humaine de l'art. « L'art, écrit-il, n'est pas un jeu, une distraction suprême ; il répond à des nécessités vitales. Au-delà de l'esprit qui veut se survivre, l'art apprend aux hommes à découvrir la nature ».

Il aime particulièrement la sculpture parce que, pense-t-il : « C'est avec le réalisme de nos sculpteurs que la tendresse humaine est entrée dans les figures de l'évangile avec les imagiers de Chartres et de Reims ».

Cette tendresse humaine ne lui est pas étrangère. Aimant l'art non pas en égoïste mais pour ce qu'il apporte à l'homme de libération et de noblesse, il n'hésite pas à donner au musée Carnavalet ses collections personnelles, pour le profit de tous.

Il décède dans sa ville natale de Brive-la-Gaillarde le 27 novembre 1951.

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Photo de M. François LABROUSSE, ancien sénateur
Etat-civil
Né le 29 décembre 1878
Décédé le 27 novembre 1951
Profession
Médecin
Département
Corrèze
  • Mis à jour le 20 décembre 2014