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SCHRAMECK Abraham

Ancien sénateur des Bouches-du-Rhône

  • IIIème République

    Ancien sénateur de la
    IIIe République

Election

  • Elu le 11 janvier 1920
  • Réélu le 9 janvier 1921
  • Réélu le 14 janvier 1930
  • Réélu le 10 janvier 1939
  • Fin de mandat le 21 octobre 1945

Extraits de la table nominative :

Biographie

1889-1940  (Extrait du «Jean Jolly»)
1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1889-1940

SCHRAMECK (ABRAHAM), né le 26 novembre 1867 à Saint-Etienne (Loire), décédé le 21 octobre 1948.

Sénateur des Bouches-du-Rhône de 1920 à 1945.

Ministre de l'Intérieur du 17 avril au 22 novembre 1925.

Abraham Schrameck - « un nom qui est tout un programme » diront ses adversaires, car il n'est pas d'homme que l'extrême droite ait tant détesté, ni contre qui l'antisémitisme se soit donné si curieusement carrière - Abraham Schrameck naquit à Saint-Etienne d'une famille qui résidait auparavant en Alsace. Très jeune licencié en droit, il entame une carrière administrative que ses calomniateurs diront « presque providentielle » et qui fut en effet très rapide et très brillante : il n'avait pas 24 ans quand le préfet de la Loire en fit son chef de cabinet, et trois ans plus tard, en 1894, on le trouve à Paris chef de cabinet du préfet de police qui était pour lors Lépine.

Abraham Schrameck ne suivit pas Lépine nommé gouverneur général de l'Algérie, s'arrêtant à mi-chemin, au poste de secrétaire général de la préfecture des Bouches-du-Rhône. C'est alors, dès le premier contact, qu'il se prit pour Marseille d'un très vif attachement qui jamais ne se démentit. Mais trois ans plus tard, en 1900, il fallut partir : Schrameck était fait préfet, à 33 ans, du Tarn-et-Garonne. Des six ans qu'il passe à Montauban, ses adversaires ne devaient retenir que sa prétendue intervention aux législatives de 1902 contre le sortant bonapartiste, le vieux Prax-Paris, en faveur du radical Capéran, qui avait été, selon eux « mal élu ». Après le Tarn-et-Garonne vint l'Aisne, où Schrameck demeure fort peu de temps, à peine quelques mois de 1906 car, au début de 1907, Clemenceau qui était ministre de l'Intérieur le fit directeur de l'administration pénitentiaire, laquelle dépendait encore de ce ministère.

Mais Schrameck songeait incessamment à Marseille et c'est avec grande joie qu'il accueillit, en 1911, sa nomination comme préfet hors classe des Bouches-du-Rhône. Il n'avait encore que 44 ans et ce grand commis dans la force de l'âge fut pour Marseille, pendant toute la durée de la guerre, un préfet que la ville prit en haute estime.

A peine la tourmente passée, sa carrière reçut un couronnement : le gouvernement général de Madagascar. Faut-il croire, comme le prétendaient ses ennemis, qu' « il y alla en rechignant, de mauvaise grâce, s'excusa sur sa santé et revint dès qu'il le put ». Le fait est qu'il resta peu outre-mer.

C'est ainsi que Schrameck devint sénateur des Bouches-du-Rhône le 11 janvier 1920, élu comme radical-socialiste, au second tour, par 234 voix sur 444 suffrages exprimés, derrière un autre radical, Pasquet, qui passait avec 372 voix. Au Luxembourg, où il s'inscrit au groupe de la gauche démocratique et sera bientôt un membre influent de la commission des finances - rapporteur du budget de l'Intérieur - il n'attend pas longtemps le moment de se faire connaître : admis le 13 janvier, il parle dès le 14 dans la discussion d'un projet de loi relatif au relèvement des tarifs de chemins de fer. Dès lors, il devient véritablement une des plus illustres constantes de la tribune : au cours de la seule année 1923, il ne présenta pas moins de vingt-quatre rapports au nom de la commission des finances.

Dans ces conditions, il apparaît à tous qu'il sera ministre sans tarder et ministre, évidemment, de l'Intérieur. Cependant Schrameck dut attendre la victoire électorale de ses amis du cartel des gauches ; encore ne fut-il pas du cabinet qui sortit de cette victoire, le ministère Herriot. C'est Painlevé qui le prit dans son 2e cabinet, qui dura du 17 avril au 25 octobre 1925 et le reprit dans le 3e, qui fut d'encore plus courte durée, puisqu'il tomba le 22 novembre. En si peu de temps, même un Schrameck doit être bien empêché de se faire valoir. Son action place Beauvau semble surtout avoir été d'expédition des affaires courantes ; elle ne lui en vaut pas moins le déchaînement de la haine de la droite, spécialement de l'Action Française qui l'accuse de se complaire aux plus sordides besognes policières. Une lettre ouverte que lui adresse Maurras est demeurée célèbre, qui conclut ainsi : « M. Schrameck, il m'est impossible de vous saluer, mais je vous avertis : remerciez-m'en ! ».

Faut-il croire ses ennemis quand ils affirment que « les hommes qui l'attendaient au pouvoir espéraient mieux de lui et que ce Schrameck fut le point faible du ministère Painlevé » ? La passion a certes sa part dans de tels jugements, mais il semble bien que le sénateur si brillant et si prolixe ne fut plus, ministre, égal à lui-même. Redevenu sénateur, il ne montre plus non plus l'activité débordante de ses débuts parlementaires. Le Sénat l'entend surtout dans les débats sur le budget. En revanche, après le renouvellement du 14 janvier 1930 - où il l'emporte au second tour par 278 voix sur 473 votants - ses deux amis radicaux, Bergeon et Pasquet étant passés dès le premier- il redevient tout à fait assidu de la commission des finances qui lui confie de très nombreux rapports sur les sujets les plus divers. Il participe aussi très activement aux travaux de la commission de l'air.

Aux sénatoriales du 23 octobre 1938, non seulement Schrameck passe facilement, au second tour, avec 403 voix sur 503 votants, mais il a la satisfaction de faire élire avec lui un homme qu'il a choisi et formé, le directeur du Petit Provençal, Vincent Delpech, qui le précède de 10 voix et fera au Luxembourg une carrière non moins brillante.

Le 10 juillet 1940, à l'heure du choix, il vote les pleins pouvoirs à Pétain.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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1940-1958

SCHRAMECK (Abraham)

Né le 26 novembre 1867 à Saint-Etienne (Loire)

Décédé le 19 octobre 1948 à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Sénateur des Bouches-du-Rhône de 1920 à 1945

Ministre de l'Intérieur du 17 avril au 22 novembre 1925

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome VIII, p. 2980)

Le 10 juillet 1940, Abraham Schrameck vote en faveur des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.

En novembre 1941, une décision publiée au Journal officiel l'exclut, ainsi que d'autres élus juifs, de la vie publique. Au cours de l'année 1942, la politique répressive que mène le régime de Vichy aboutit à son internement.

En 1945, le Jury d'honneur le relève de l'inéligibilité qui le frappe à la suite de son vote positif du 10 juillet 1940.

Il meurt le 19 octobre 1948 à Marseille.

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Photo de M. Abraham SCHRAMECK, ancien sénateur
Etat-civil
Né le 26 novembre 1867
Décédé le 19 octobre 1948
Profession
Préfet
Département
Bouches-du-Rhône
  • Mis à jour le 16 avril 2014