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N'JOYA Arouna

Ancien sénateur du Cameroun

  • IVème République

    Ancien sénateur de la
    IVe République

Election

  • Elu le 10 février 1947
  • Réélu le 14 novembre 1948
  • Réélu le 19 juin 1955
  • Fin de mandat le 9 décembre 1958 (Cessation de mandat en application de l'ordonnance n°58-974 du 17 octobre 1958, relative au fonctionnement provisoire des pouvoirs publics)

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

N'JOYA (Arouna)

Né vers 1908 à Foumban (Cameroun)

Décédé en novembre 1971

Conseiller de la République puis sénateur du Cameroun de 1947 à 1958

Arouna N'Joya connaît au Cameroun une carrière de fonctionnaire, assumant d'importantes fonctions locales, avant d'accéder au Conseil de la République. Ecrivain-interprète et secrétaire du chef de la circonscription de Dschang de 1925 à 1929, il est placé hors-cadres et nommé en 1929 chef supérieur (Njinka) de la région Bamoun où se trouve Foumban, sa ville natale. Il restera chef supérieur jusqu'en 1947, et est parallèlement représentant des chefs traditionnels Bamoun auprès du gouvernement français. De 1938 à 1944, il appartient au Conseil consultatif du Cameroun, et à l'Office régional du travail de Foumban. Il est encore, de 1936 à 1945, assesseur titulaire du tribunal du second degré de Foumban, secrétaire de la ligue sportive Bamoun de 1936 à 1944 et président de la Jeunesse camerounaise française (section de Foumban) de 1938 à 1944.

Parallèlement à ces activités, il se consacre à une activité de planteur, et fonde la coopérative des planteurs Bamoun de caféiers d'Arabie.

Après la guerre, décoré de la médaille de la Résistance, il est élu délégué pour la région Bamoun à la première Assemblée représentative du Cameroun, et devient membre de la commission permanente de cette assemblée.

Le 10 février 1947, il est élu au Conseil de la République, où, réélu le 14 novembre 1948 et le 19 juin 1955, il siégera jusqu'à la fin de la IVe République.

Au Conseil, membre du groupe SFIO, il siège principalement à la commission de la France d'outre-mer (de 1949 à 1958) et à la commission de la famille, de la population et de la santé publique (de 1950 à 1957). Il a aussi appartenu, de manière plus passagère, aux commissions de la production industrielle, du travail et de la sécurité sociale, du ravitaillement, des moyens de communication et des transports, et des pensions.

Il occupe de 1955 à 1957 la fonction de secrétaire du Conseil de la République.

Lors de sa première intervention à la tribune du Conseil le 11 août 1947, il rend hommage à la France et à son idéal démocratique.

Au cours de ses mandats à la Haute Assemblée, Arouna N'Joya consacre toutes ses interventions au Cameroun et aux territoires d'outre-mer, se préoccupant de l'ensemble des problèmes politiques, sociaux et économiques qui concernent ces territoires.

Tout d'abord, il s'attache à la situation de la production agricole de son pays, pour laquelle il demande à plusieurs reprises l'augmentation des crédits prévus. Souhaitant que le Cameroun possède des moyens de communication et un équipement en rapport avec la richesse de son sol, il recommande la création de coopératives agricoles et une meilleure organisation du marché des produits agricoles pour favoriser leur exportation (1948, 1949).

Il se préoccupe tout autant de l'évolution des institutions de l'outre-mer, et intervient très souvent à ce sujet : en 1946-1947, il participe au débat sur la proposition de loi relative aux grands conseils en Afrique occidentale française et en Afrique équatoriale française. Il intervient en 1951 à propos des assemblées locales dans les territoires d'outre-mer, déposant un amendement pour voir modifiée la répartition des sièges au Cameroun. Il participe encore au débat sur la loi portant réorganisation municipale en outre-mer en 1955, et en 1956-1957, il dépose un rapport sur la proposition de loi relative à la composition des assemblées territoriales d'AOF, d'AEF, du Cameroun et des Comores.

Il oeuvre aussi pour améliorer les conditions d'exercice de la justice, en déposant en 1948 une proposition de résolution visant à adjoindre des assesseurs africains aux juges de paix du Cameroun. Par ailleurs, il dépose en 1948 une proposition de résolution visant à encourager le développement du cinéma éducatif en outre-mer, pour pallier l'insuffisance de moyens dont souffrent les instituteurs.

Tout au long de son mandat, Arouna N'Joya est resté soucieux de faire du Cameroun un pays prospère et moderne, mais s'est aussi montré attaché aux traditions de sa terre africaine et à sa civilisation. Ainsi en 1946-1947, puis en 1955-1956 et en 1956-1957 dépose-t-il une proposition de résolution visant à encourager l'art indigène au Cameroun, pour « sauver et remettre en honneur les traditions artistiques de ce territoire ».

Il participe aux discussions du budget du ministère de la France d'outre-mer en 1950 et en 1953, ainsi que du ministère de l'éducation nationale pour 1954.

L'un de ses plus importants combats est la lutte pour l'égalité de droits complète entre métropolitains et africains. C'est ainsi que, dès sa première année de mandat, il dépose une proposition de résolution avec les autres membres du groupe SFIO visant l'application stricte et immédiate de la Constitution de 1946 à l'outre-mer, afin que « tous les actes et gestes traduisant une discrimination raciale soient définitivement interdits dans les territoires d'outre-mer ». Dans le même sens, il lutte pour l'égalité en termes de travail et de salaire, en déposant en 1948 une proposition de résolution demandant l'entrée en vigueur du décret du 17 octobre 1947 instituant un code du travail dans les territoires d'outre-mer. Son objectif est « à travail égal, salaire égal ». Cette proposition aboutira en 1951 et 1952 aux discussions du projet de loi instituant un code du travail dans les territoires d'outre-mer.

Lorsque se fait ressentir l'aspiration du Cameroun à l'autonomie puis à l'indépendance, Arouna N'Joya s'implique fortement pour parvenir à une coopération entre la France et son pays jusqu'à l'indépendance. En 1955-1956, lors de la discussion du projet de loi tendant à prendre des mesures propres à assurer l'évolution des territoires d'outre-mer, il prend la parole pour indiquer qu'il est prêt à voter en faveur de cette loi-cadre, mais à condition qu'elle précise les attentes légitimes des Camerounais, qui souhaitent une véritable décentralisation verticale. Réclamant un « fédéralisme régional », il demande que cette loi serve à préparer son pays à l'indépendance, et réclame en conséquence une amorce de pouvoir législatif.

Il a toujours souhaité une coopération confiante et fructueuse entre la métropole et les territoires d'outre-mer, invitant même le gouvernement, dans un rapport déposé en 1956-1957 au nom de la commission de la France d'outre-mer, à favoriser la pratique des « parrainages » entre les collectivités de métropole et d'outre-mer, et d'une manière générale à favoriser les contacts suivis d'entraide entre ces collectivités.

La même année, le décret portant statut du Cameroun propose de mettre l'ensemble des pouvoirs entre les mains du Cameroun, à l'exception de ceux que le régime de tutelle réserve à la France. Se félicitant de cette étape vers l'indépendance, Arouna N'Joya s'inscrit à l'opposé de tout extrémisme indépendantiste en remerciant la France « d'offrir ce décret au Cameroun ».

Les 2 et 3 juin 1958, il vote pour les pleins pouvoirs et la réforme constitutionnelle.

Son mandat prend fin le 9 décembre 1958, en vertu de l'article 4 de l'ordonnance du 17 octobre 1958.

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Photo de M. Arouna N'JOYA,
Appartenance politique
Groupe Socialiste
Etat-civil
Né en 1908
Décédé le 1er novembre 1971
Profession
Fonctionnaire
Département
Cameroun