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GRAND Lucien

Ancien sénateur de la Charente-Maritime

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 23 septembre 1962
  • Réélu le 26 septembre 1971
  • Fin de mandat le 8 mai 1978 (décédé)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Secrétaire du Sénat
  • Président de la commission des affaires sociales
  • Vice-Président de la commission des affaires sociales

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires sociales
  • Membre du Groupe de la Gauche Démocratique

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

GRAND (Lucien)

Né le 26 mars 1904 à Saintes (Charente-Maritime)

Décédé le 8 mai 1978 à Saintes (Charente-Maritime)

Sénateur de la Charente-Maritime de 1959 à 1978

Né en Saintonge de parents commerçants, Lucien Grand décide de s'orienter vers la médecine après son baccalauréat. Un de ses oncles dirige en effet l'Ecole de santé navale de Bordeaux dans les années 1920. Lucien Grand n'a que vingt-trois ans lorsqu'il soutient son doctorat de médecine. Après quelques années d'exercice à Saint-Hilaire de Villefranche, en Charente-Maritime, il reprend le cabinet médical de son beau-père dans la commune voisine de Brizambourg. Sa femme y possède des terres agricoles et Lucien Grand sera plus tard porté à la présidence locale des syndicats d'exploitants agricoles. Elu conseiller général de Saint-Hilaire de Villefranche à la Libération, il profite des municipales de 1947 pour parfaire son implantation et devenir maire de Brizambourg. Modéré de convictions et de tempérament, il est fidèle dès cette époque au Parti radical-socialiste et accède à la vice-présidence de l'Assemblée départementale de Charente-Maritime en 1948. Il figure en troisième position sur une liste « Républicaine et de défense des intérêts communaux et municipaux » emmenée par André Dulin pour les élections sénatoriales de 1955. Ce scrutin offre un aperçu des divisions des radicaux en Charente-Maritime au moment où Pierre Mendès France entend prendre le contrôle du Parti radical. Une liste se réclame en effet du Rassemblement des gauches républicaines (RGR), c'est-à-dire d'un radicalisme proche d'Edgar Faure, et obtient un élu au second tour en la personne de Jacques Verneuil, tandis qu'André Dulin et Maurice Sauvêtre sont confirmés par les grands électeurs. Cet échec ne dissuade pas Lucien Grand de renouveler ses tentatives au printemps 1959. Second de la liste « républicaine pour l'expansion économique et agricole de la Charente-Maritime », il est élu sénateur de la Charente-Maritime le 26 avril 1959, grâce au soutien de 527 grands électeurs sur 1231, au second tour de scrutin.

Il s'inscrit au groupe de la Gauche démocratique et devait y rester fidèle jusqu'en 1978. Lucien Grand siège d'abord à la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d'administration générale du Sénat. Dès juillet 1959, il en démissionne cependant pour rejoindre la commission des affaires sociales. Il est élu membre du Sénat de la Communauté à la même époque. Lucien Grand se distingue rapidement par son intérêt pour les travaux législatifs : très actif au sein de la commission des affaires sociales, il prête une attention particulière aux problèmes du monde rural ainsi qu'aux questions de santé publique. Le 21 juillet 1960, il prend la parole dans l'hémicycle pour regretter que le projet de loi concernant la répression de la traite des êtres humains envisage de supprimer les fiches sanitaires : leur établissement permettait, selon lui, de détecter certaines maladies vénériennes dont souffraient des femmes se livrant à la prostitution. Un même esprit de pragmatisme et d'humanisme mêlés inspire son intervention lors de la séance publique du 7 novembre 1961 : il y appelle en effet à une indexation sur le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) des pensions dont bénéficient les retraités, au nom de la solidarité entre les générations. Comme ses collègues radicaux-socialistes, Lucien Grand s'oppose avec constance à la lecture «gaullienne » de la Constitution de la Ve République, qui réserve peu de place au Parlement. Il accorde cependant les pouvoirs spéciaux au Gouvernement pour ramener l'ordre en Algérie après la semaine des barricades (3 février 1960).

Le 23 septembre 1962, les trois sénateurs sortants de Charente-Maritime forment une liste commune, mettant fin à la division de la famille radicale et du centre gauche. Lucien Grand y figure en troisième position. 1073 grands électeurs sur 1226 lui renouvellent leur confiance à cette occasion, dès le premier tour : il est le mieux élu des sénateurs, André Dulin et Jacques Verneuil ne recueillant respectivement « que » 1007 et 1030 suffrages.

La confiance de ses collègues vaut à Lucien Grand d'exercer la responsabilité de secrétaire du Sénat de 1962 à 1963. Attentif aux textes qui concernent le monde rural, il s'intéresse également à la prise en charge du handicap. Rapporteur du projet de loi instituant une prestation familiale pour les mineurs infirmes, il regrette ainsi le manque de générosité de l'exécutif, mais souhaite l'adoption de « ce texte très important » pour « les déshérités de la nature » (18 juillet 1963). Au printemps 1967, Lucien Grand est choisi comme rapporteur d'un projet de loi portant réforme des « incapables majeurs ». Il s'impose en outre dans les années 1960 comme un spécialiste des systèmes de retraite et défend un projet de loi établissant un régime social définitif pour les Français rapatriés d'Algérie en qualité de rapporteur (16 décembre 1964). Le sénateur de la Charente-Maritime est élu vice-président de la commission des affaires sociales à l'automne 1965, avant d'en exercer la présidence de 1968 à 1971. A ces responsabilités s'ajoutent des fonctions plus politiques lorsqu'il prend la vice-présidence du groupe sénatorial de la Gauche démocratique (7 octobre 1965) et celle du Parti radical-socialiste (30 novembre 1966). Opposant résolu au pouvoir gaulliste, il se montre toutefois « constructif » et courtois dans ses interventions au Palais du Luxembourg. Au lendemain des événements de mai 1968, il s'élève contre le projet de suppression du droit de grève pour les personnels du service des transmissions du ministère de l'intérieur. Lucien Grand se demande à cette occasion s'il est « opportun de demander au Parlement le vote de textes contraires à la Constitution et qui ne sont pas applicables quand le jeu des rapports de force réduit à peu de choses l'autorité gouvernementale ». Il déplore enfin que l'exécutif ait considérablement limité le droit de grève par les lois des 31 juillet 1963 et 2 juillet 1964. Très attaché au respect des libertés publiques, cet humaniste approuve la réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965) et la légalisation de la contraception médicamenteuse (5 décembre 1967).

En 1968, le groupe de la Gauche démocratique connaît de profonds changements : son président, Pierre de La Gontrie, ne se représente pas aux élections sénatoriales, tandis que Gaston Monnerville est remplacé par le centriste Alain Poher à la tête de la Haute Assemblée. Le 8 octobre 1968, Lucien Grand est élu président du groupe de la Gauche démocratique. Il assumera ces fonctions pendant près de dix ans. En conséquence, ses interventions se font volontiers plus « politiques » à la fin des années 1960. Rapporteur d'une proposition de loi reconnaissant la qualité de combattant aux militaires ayant pris part aux combats en Afrique du Nord, il déplore par exemple que le Gouvernement oppose à ce texte une exception d'irrecevabilité (11 décembre 1968).

La politique du président Georges Pompidou ne recueille pas plus l'assentiment de Lucien Grand que celle de son prédécesseur, à partir de 1969. Réélu sénateur le 26 septembre 1971, il prend ses distances avec le Parti radical au moment où celui-ci se rapproche de la majorité, sous l'impulsion de Jean-Jacques Servan-Schreiber, en 1974. Lucien Grand soutient du reste François Mitterrand à l'élection présidentielle du printemps 1974. Il se prononce en faveur des mesures libérales initiées par Valéry Giscard d'Estaing au début de son mandat, comme l'abaissement de l'âge de la majorité à dix-huit ans (28 juin 1974) ou la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse (19 décembre 1974).

Hostile à la loi portant création et organisation des régions de 1972, Lucien Grand, président du Conseil général de Charente-Maritime depuis 1973, est cependant porté à la présidence du Conseil régional de Poitou-Charentes en 1974. Le mitan des années 1970 marque donc un bref apogée de sa carrière politique. Battu aux élections cantonales de mars 1976 par un candidat socialiste, il reste maire de Brizambourg jusqu'à sa mort. Malgré la maladie, Lucien Grand reste très présent au Sénat en 1976 et 1977. Rapporteur pour avis du budget de la Santé pour 1978, le sénateur de Charente-Maritime intervient pour la dernière fois en séance publique le 6 décembre 1977. Il plaide alors pour un développement des aides à domicile que peuvent recevoir les personnes âgées vivant en milieu rural.

Le président du groupe de la Gauche démocratique s'éteint dans sa ville natale, âgé de 74 ans. Le 1er juin 1978, le président du Sénat Alain Poher rend un hommage appuyé à son « ami » Lucien Grand, « homme de dialogue et de tolérance ». Le ministre de l'Economie René Monory, élu de la Vienne, salue pour sa part la « rigueur intellectuelle » et la «loyauté » du défunt.

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Photo de M. Lucien GRAND, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de la Gauche Démocratique
Etat-civil
Né le 26 mars 1904
Décédé le 8 mai 1978
Profession
Médecin
Département
Charente-Maritime