Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée

LE SENAT 1940-1944



 


  Le Sénat itinérant : de Paris à Vichy

La seconde guerre mondiale éclate le 3 septembre 1939. Durant la « drôle de guerre » des premiers mois, l'Allemagne hésite à attaquer la France et les Alliés profitent de ce répit pour compléter leur armement et affaiblir l'ennemi par un blocus économique. Le 10 mai 1940, les Allemands passent à l'offensive. Leurs troupes crèvent le front en deux endroits : en Belgique près de Namur, et en France près de Sedan. Face à cette situation, Paul Reynaud, Président du Conseil, prend la parole au Sénat le 21 mai 1940 :

« Messieurs, la patrie est en danger. (...) Ce matin, à 8 heures, le commandement m'informait qu'Arras et Amiens étaient occupées. (...) Dans le malheur de la Patrie, nous avons la fierté de penser que deux de ses enfants, qui auraient eu le droit de se reposer sur leur gloire, sont venus se mettre, en cette heure tragique, au service du pays : Pétain et Weygand. »

Les Sénateurs se lèvent pour saluer le vainqueur de Verdun, assis au banc du Gouvernement. Cette séance est la dernière que le Sénat de la IIIe République tiendra au Palais du Luxembourg. En effet, devant l'avancée allemande, le Gouvernement quitte la capitale le 10 juin pour se replier en Touraine. A l'aube, le Président du Sénat, Jules Jeanneney, a pris la route en direction du sud. Il note, dans son « Journal politique » :

« Nous avions décidé un départ par un convoi de quatre voitures, le général Delalande en tête. Les voitures avaient été chargées dès avant la nuit. Nous décidons de partir au petit jour, pour avoir route plus libre à la sortie de Paris. (...) Etampes est traversé facilement encore. Mais la route s'encombre progressivement. Autos de tous modèles, chargées à bloc, beaucoup d'enfants, colis, ballots, matelas, bicyclettes, ustensiles les plus divers empilés et ficelés. (...) Figures de détresse résignée, où se lit la satisfaction de s'être éloigné du danger. »