LE SENAT 1940-1944
Le Sénat à Paris (rue Guynemer, boulevard Saint-Michel)
Le 14 juin 1940, les troupes allemandes entrent dans Paris. Dès le lendemain, défilés et parades militaires se succèdent dans les grandes artères, les horloges sont avancées d'une heure : la capitale vit désormais à l'heure allemande. Les Allemands s'installent, réquisitionnant peu à peu hôtels, appartements, bâtiments administratifs. Des drapeaux rouges à croix gammée apparaissent sur les façades, ponctuant cette prise de possession.
L'évacuation du Palais du Luxembourg
La première apparition des Allemands au Palais du Luxembourg date du 11 juillet 1940. Ils y effectuent une perquisition, s'intéressant surtout aux travaux des commissions des finances et de l'armée. Puis ils y reviennent début septembre, occupent le Petit Luxembourg et une partie du Palais. Les services expulsés, notamment la Questure et la Bibliothèque, trouvent un refuge provisoire au deuxième étage dans les locaux de la commission des affaires étrangères. Le 13 septembre, à la demande de son président, Maurice Mollard, la commission des travaux publics est convoquée : ce sera la dernière réunion au Palais du Luxembourg.
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« Les autorités allemandes nous ont fait signifier ce matin que tout le palais devait être abandonné par nous dans le plus bref délai et qu'on n'y tolèrerait plus la présence d'aucun Français », écrit, le 15 septembre, le questeur Henri Hamelin à Jules Jeanneney, Président du Sénat. « Et ce matin, sans aucun avis préalable, nous avons trouvé nos locaux de repli envahis par une armée d'ouvriers qui plaçaient des fils électriques, arrachaient les papiers de tenture, démontaient les tables etc...» Nouveau déménagement en toute hâte, les services s'installent dans le pavillon Guynemer situé dans le jardin. Henri Hamelin intervient auprès du Général de La Laurencie, délégué général du gouvernement en zone occupée, afin que « le Sénat ne soit pas traité avec autant de désinvolture ».
Le 28 septembre, le commandant Eichholz, représentant les autorités d'occupation, donne l'ordre aux services du Sénat de quitter le pavillon. Il leur cède l'appartement réquisitionné qu'il occupait au numéro 2 de la rue Guynemer.






