LE SENAT 1940-1944
De Vichy à Châtelguyon
Dès son installation à Vichy, le gouvernement du maréchal Pétain entreprend de réformer les institutions de la IIIe République. En vertu des lois constitutionnelles de 1875, le Sénat et la Chambre des députés, réunis en Assemblée Nationale, sont seuls qualifiés pour procéder à cette révision. Le Parlement sera donc convoqué.
Ayant repris ses émissions, sous contrôle allemand, Radio-Paris invite « les sénateurs et les députés à rejoindre d'urgence Vichy, en vue de l'Assemblée Nationale qui doit voter au gouvernement du Maréchal un texte lui permettant de donner à la France la constitution nouvelle qu'imposent les circonstances ».
Malgré le climat de paralysie qui touche la France au lendemain de la défaite, plus de 600 parlementaires parviennent à rejoindre Vichy où règne une extrême confusion. A leur arrivée, ils sont reçus à l'hôtel Majestic qui abrite les services de la Questure des assemblées. En dépit des nombreux hôtels de la station thermale, il devient de plus en plus difficile de se loger. Bien que des chambres aient été réservées aux Ambassadeurs et au Régina, de nombreux parlementaires sont contraints de dormir dans leur voiture.
En attendant la réunion de l'Assemblée Nationale qui sera convoquée par un décret du 7 juillet, le Sénat se réunit dans une salle de la Société des conférences médicales. Chaque jour, le président du Sénat, Jules Jeanneney, s'y rend « pour garder contact avec (ses) collègues, comme (il faisait) à Paris dans la salle des Conférences et à Bordeaux dans les locaux du Capitole ».







