LE SENAT 1940-1944
Les « mardis sénatoriaux »D'après les actes constitutionnels publiés au Journal officiel le 12 juillet 1940, la Chambre des députés et le Sénat font toujours partie du paysage institutionnel français. En pratique, cependant, les deux assemblées sont ajournées. A défaut de poursuivre leur travail législatif, les parlementaires continuent à se réunir pour commenter l'actualité.
A partir du 30 juillet 1940, une vingtaine de Sénateurs se retrouve à Vichy, dans une salle de la Société des conférences médicales, puis au rez-de-chaussée de l'hôtel Majestic à partir du mois de décembre. Ces séances hebdomadaires se tiennent le mardi, sans ordre du jour particulier. Le 17 septembre 1940, le président de séance, Jean Valadier, explique en ces termes l'esprit de ces rencontres :
Jean VALADIER« Je dirais que nos réunions sont le prétexte d'échanges de vue amicaux nous permettant de garder le contact et de confronter les renseignements que les uns et les autres pouvons apporter soit de la zone non occupée, soit des départements qui ont à supporter l'occupation allemande. Il s'agit là de communications subjectives au cours desquelles les narrateurs veulent bien nous rapporter leurs impressions personnelles et nous communiquer les faits dont ils ont été témoins.
« Bien entendu, sont bannis de ces propos toutes récriminations contre la politique suivie par tel ou tel département ministériel.
Il ne s'agit là, pour nous, que de recueillir les éléments d'information, que nous transmettons ensuite (...) aux différents membres du Gouvernement qu'il nous est possible d'approcher. »
Au cours de ces séances, les Sénateurs abordent des thèmes très variés. Ils dénoncent notamment la violation des conditions d'armistice par les Allemands et évoquent le statut de l'Alsace, de la Moselle et de la région du Nord. La situation des Alsaciens et des Lorrains réfugiés dans le sud-ouest fait notamment l'objet de plusieurs échanges de propos.







