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Projet de loi de finances pour 2001 : Enseignement supérieur

 

EXAMEN EN COMMISSION

Au cours d'une réunion tenue le 21 novembre sous la présidence de M. Adrien Gouteyron, la commission a procédé à l'examen du rapport pour avis de M. Jacques Valade sur les crédits pour 2001 de l'enseignement supérieur.

Un débat a suivi l'exposé du rapporteur.

M. Ivan Renar a souligné l'intérêt des analyses présentées par le rapporteur pour avis en indiquant toutefois qu'il ne saurait le suivre dans ses conclusions, compte tenu notamment de la progression des crédits.

Il a également souligné la montée des incivilités à l'université, après le collège et le lycée, et a fait observer que ses enseignants étaient encore moins préparés à des actions de prévention des violences que leurs collègues du second degré.

Citant l'exemple de Lille I, il a par ailleurs regretté que les universités ne puissent conserver la totalité des droits d'inscription acquittés par leurs étudiants.

M. Pierre Laffitte a remercié le rapporteur pour avis pour avoir mis, au-delà du seul examen des crédits, l'accent sur les problèmes d'avenir de l'enseignement supérieur dont les structures sont nécessairement appelées à se transformer en raison de l'évolution rapide des métiers, de l'apparition de nouveaux éléments de certification à côté des diplômes traditionnels, du développement de la formation continue : il a estimé qu'il serait regrettable que l'université reste à l'écart d'une telle " révolution éducative ".

Il a regretté que certaines formations liées aux nouvelles technologies (infographie, web master...) ne soient pas proposées dans le cadre universitaire.

M. Albert Vecten a également fait observer que le problème de la nécessaire modernisation de notre système universitaire dépassait la seule approche budgétaire.

Il s'est par ailleurs étonné du coût de l'opération de désamiantage du campus de Jussieu.

M. Jean-Paul Hugot a estimé que l'évolution des formations et des métiers conduisait à un nouveau découpage du savoir et exigeait une réforme de fond de l'enseignement supérieur.

M. Serge Lagauche a fait observer que ce débat dépassait le seul cadre budgétaire et a en outre noté qu'il serait difficile de faire bouger du jour au lendemain l'université, déjà confrontée à l'évolution de la population étudiante.

Constatant l'effort accompli en matière d'investissement universitaire, il a souligné l'intérêt des propositions du rapport Mauroy qui permettraient de développer une émulation entre les régions, sous le contrôle de l'Etat, dans le domaine des formations supérieures.

Il a relevé l'importance des crédits prévus par le plan U3M pour la région Ile-de-France, et indiqué qu'il ne suivrait pas les conclusions du rapporteur pour avis.

Répondant à ces interventions, M. Jacques Valade, rapporteur pour avis, est convenu que toute innovation en matière d'enseignement et de recherche pouvait se heurter à certaines résistances du monde universitaire, et notamment des enseignants qui ne sont pas spontanément incités à effectuer une révolution professionnelle au cours de leur carrière.

A propos des exemples de nouveaux besoins de formation cités par M. Pierre Laffitte, il a rappelé qu'il avait été difficile, il y a quelques années, de créer un enseignement de monétique demandé par les professionnels.

Revenant ensuite sur les raisons qui l'avaient conduit à proposer un avis défavorable sur les crédits de l'enseignement supérieur, il a estimé que notre système universitaire n'offrait pas suffisamment de formations de qualité, que la transparence dans la gestion y était insuffisante, que celui-ci ne supportait pas toujours la comparaison avec les universités étrangères et ne permettait pas une ouverture suffisante sur l'extérieur, aussi bien pour l'accueil des étudiants étrangers que pour la mobilité internationale de nos étudiants.

Au terme de ce débat, suivant les propositions de son rapporteur pour avis, la commission a décidé de donner un avis défavorable à l'adoption des crédits de l'enseignement supérieur pour 2001.

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