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Projet de loi de finances pour 2001 : Enseignement supérieur

 

B. UNE UNIVERSITÉ ENCORE TROP PEU OUVERTE SUR L'EXTÉRIEUR

L'ouverture de notre système universitaire sur l'extérieur peut être mesurée par la mobilité de nos étudiants et l'accueil des étudiants étrangers dans les universités françaises.

Force est cependant de reconnaître le caractère limité des initiatives engagées en ce domaine, dont la mise en oeuvre n'a pas répondu à l'ambition de leurs instigateurs.

1. L'accueil des étudiants étrangers

a) L'agence Edufrance : une activité limitée

Votre commission relève depuis plusieurs années la diminution continue du nombre d'étudiants étrangers accueillis dans nos établissements d'enseignement supérieur.

Les derniers chiffres semblent toutefois témoigner d'un certain sursaut puisque 165 000 étudiants étrangers auraient été accueillis en 1999, contre 130 000 en 1985.

La création de l'agence Edufrance, le 22 novembre 1998, appuyée sur un réseau d'établissements avait pour objet de faciliter l'accueil de ces étudiants en leur proposant des formations et des services d'accueil spécifiques.

L'agence a en outre pour mission d'assurer la promotion à l'étranger de l'offre française de formation et de coordonner la réponse française aux appels d'offre internationaux.

Votre commission avait souligné l'an dernier la faiblesse des moyens mis à sa disposition (58 millions de francs en 2000), dont 17,2 millions de francs de subventions des ministères des affaires étrangères et de l'éducation nationale.

Si une mesure nouvelle de 5 millions de francs est inscrite pour 2001, elle n'a pour objet que de compenser une subvention du même montant inscrite en 2000, et non reconduite, et donc de maintenir le montant de la subvention qui est, pour l'éducation nationale, de 7,2 millions de francs.

Le bilan de l'agence pour la dernière année universitaire, en raison sans doute de ces moyens limités, apparaît modeste :

- actions de promotion en faveur de notre enseignement supérieur à l'étranger, via notamment les postes diplomatiques, les alliances françaises et les centres culturels français qui ont mis en place une cinquantaine de " desks " ou espaces Edufrance3(*) ;

- ouverture d'un site internet en plusieurs langues depuis avril 1999 ;

- mise en place d'une plate-forme d'information et d'orientation recevant en moyenne 300 demandes d'information par semaine ;

- établissement d'un catalogue général des formations disponible sur le site internet : sur une centaine de formations proposées, 58 % sont bilingues ou en anglais, 64 % sont de niveau master, les plus représentées concernant le management (40 %) et les sciences de l'ingénieur (31 %) ;

En coopération avec le CNOUS et le centre français pour l'accueil et les échanges internationaux (EGIDE), Edufrance a géré l'accueil de 350 étudiants étrangers4(*).

En 1999, une soixantaine d'établissements, dont 26 universités et 15 écoles ont adhéré au GIP Edufrance, une procédure d'adhésion étant en cours pour 65 établissements supplémentaires.

Ces résultats sont particulièrement modestes si on les rapporte aux 165 500 étudiants étrangers actuellement accueillis par notre système universitaire et aux objectifs poursuivis par le plan U3M en ce domaine.

Les perspectives pour 2001 sont les suivantes :

- 2000 étudiants étrangers attendus, 650 dossiers étant en cours de traitement ;

- consolidation du réseau de l'agence dans un certain nombre de pays cibles ;

- concertation engagée notamment avec le CNED, le CNAM et la CPU pour mieux répondre aux appels d'offre internationaux.

b) Les universités d'été : un bilan mitigé

Sur les 10 250 étudiants étrangers qui ont été accueillis cet été en France pour suivre des cours, seuls 1 500, dont 200 au titre de programmes nouveaux, ont fréquenté une université française grâce à l'agence Edufrance.

Alors que le marché des cours d'été concerne 9 000 étudiants étrangers, l'agence n'a attiré que 1 250 étudiants supplémentaires. Les 200 étudiants qui ont bénéficié des programmes nouveaux ont été accueilli dans 11 établissements privés ou publics, proposant des programmes courts de quatre semaines dont le coût moyen est de l'ordre de 2000 dollars.

Ce bilan très mitigé résulte sans doute du retard enregistré dans la promotion des programmes, du caractère inédit d'une telle démarche commerciale pour nos universités, et du fait que ces cours d'été ne peuvent être validés dans les cursus nationaux des intéressés.

A l'opposé, on peut constater que les universités espagnoles ont mis en place une politique attractive de labellisation de leurs programmes avec leurs homologues latino-américaines.

Votre rapporteur tient cependant à faire observer que deux universités de Bordeaux ont utilisé avec profit cette formule en accueillant l'été dernier une soixante d'étudiants et une trentaine d'intervenants européens dans le cadre d'un master " santé publique et nutrition ", ainsi que douze étudiants en " neurosciences ", l'organisation de formations de pointe très courtes permettant en outre de renforcer la coopération entre universités européennes et leur dimension internationale face à leurs homologues nord-américaines.

* 3 L'agence Edufrance est présente dans quinze pays (Argentine, Bolivie, Brésil, Bulgarie, Canada, Chine, Côte d'Ivoire, Egypte, Finlande, Inde, Maroc, Mexique, Suède, Sri Lanka, Turquie) ; la Grèce et la Norvège devraient compléter cette liste en 2001.

* 4 D'après les indications fournies par l'Agence, ces étudiants qui ont utilisé le " package " Edufrance ont " rapporté " 21 millions de francs.