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Projet de loi de finances pour 2001 : Logement

 

C. PERSPECTIVES POUR 2001 : ATTERRISSAGE EN DOUCEUR OU FREINAGE BRUTAL ?

En 2001, le secteur de la construction devrait continuer à bénéficier de l'amélioration du contexte macro-économique et les anticipations des agents économiques restent bien orientées.

Néanmoins, plusieurs éléments apparus en 2000 pourraient remettre en cause cette évolution s'ils persistaient l'an prochain.

S'agissant de la demande, une remontée des taux d'intérêt à long terme plus forte que celle enregistrée en 2000 pourrait avoir un impact restrictif sur la construction de logements, notamment de maisons individuelles. Par ailleurs, les tensions qui se confirment sur les prix de l'immobilier, notamment sur le marché des terrains à bâtir, compte tenu de la rareté relative de l'offre, fait peser un risque de désolvabilisation de la demande.

L'offre de production, quant à elle, pourrait pâtir en 2001 d'une insuffisante élasticité qui aurait pour conséquence de freiner la croissance du secteur et de générer des hausses de prix.

Depuis un an, les tensions sur les capacités de production se sont renforcées, avec des carnets de commande nettement plus importants alors que les entreprises éprouvent toujours des difficultés à embaucher. Fin juillet, 84 % d'entre elles se déclaraient concernées, le gros oeuvre étant le plus touché. Le taux d'utilisation des capacités de production se situe à 91 %, sensiblement au même niveau que celui atteint au début des années 90.

De plus, les coûts supportés par les entreprises progressent fortement, de +3,5 % à +4 % sur le dernier trimestre connu et selon les indices. La poursuite de la hausse du prix des produits pétroliers, qui a des effets directs et indirects sur les matériaux de construction, ne va faire qu'aggraver cette tendance.

Enfin, en 2001, nombre d'entreprises du secteur vont devoir mettre en place les 35 heures, et donc réduire leur durée de travail, alors même qu'elles ont déjà des difficultés à embaucher.

Selon les représentants de la profession, les entreprises devraient pouvoir disposer d'un contingent annuel d'heures supplémentaires plus important que prévu pour faire face à la croissance de la demande.

D. DES ÉVOLUTIONS POSITIVES DE L'EMPLOI DANS LE SECTEUR DU BÂTIMENT DEPUIS 1998

Depuis 1988, l'évolution de l'emploi dans le secteur de la construction s'est caractérisée par trois phases :

- de 1988 à 1990 inclus, la croissance de l'activité a entraîné une augmentation de l'effectif salarié embauché directement par les entreprises de 65.000 personnes, auxquelles se sont ajoutés 34.000 équivalents-salariés en intérim ;

- de 1991 à 1997 la récession a entraîné une perte de 220.000 postes permanents, dont 170.000 dans le bâtiment, et de 10.000 intérimaires ;

- de 1998 à 1999, l'emploi salarié (hors intérim) de la construction croît à nouveau de +34.000 unités. Ce solde positif provient exclusivement du bâtiment, l'effectif salarié permanent des travaux publics s'étant stabilisé. S'y ajoute la hausse de l'intérim, avec +31.000 équivalents-salariés à temps plein, dont 22.000 pour le bâtiment. En 2000, la hausse de l'emploi salarié dans le bâtiment devrait atteindre 35.000 postes et 5.000 dans les travaux publics, auxquels vont s'ajouter 17.000 intérimaires en moyenne, dont 12.000 dans le bâtiment.

 

Salariés directs (1)

Intérimaires (2)

1987

1 277 000

51 000

1990

1 342 000

85 000

1997

1 122 000

75 000

1999

1 156 000

106 000

2000 (3)

1 196 000

123 000

(1) Source : INSEE. Données CVS au 31 décembre de chaque année.

(2) En équivalents-salariés annuels.

(3) Prévision DAEI.

Cette croissance récente de l'emploi dans le secteur (+74.000 salariés directs des entreprises en trois ans ; +60.000 équivalents-salariés via l'intérim en quatre ans) a permis une forte diminution du chômage dans ces métiers. A la fin décembre 1996, 313.000 personnes étaient inscrites à l'ANPE afin d'exercer un métier dans la construction (demandeurs d'emplois ayant travaillé moins de 78 heures dans le mois) ; elles n'étaient plus que 214.000 en décembre 1999 et ne devraient pas dépasser 160.000 à la fin de 2000. En quatre ans, le chômage dans le secteur de la construction aura diminué de moitié.