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Projet de loi de finances pour 2001 : Aviation civile et transport aérien

 

C. LES RETARDS LIÉS À L'ENCOMBREMENT AÉRIEN

1. Un problème général, multiforme mais croissant

Au cours des dernières années, la croissance du trafic aérien a été spectaculaire. Alors que 748 millions de passagers étaient, en 1980, transportés par les airs, ce chiffre s'élève, pour 1999, à plus de 1,5 milliard, soit plus de deux fois plus. En termes de passagers-kilomètres transportés, la croissance est encore plus vive : le trafic a été multiplié par 2,5 en 20 ans. Le graphique suivant illustre l'évolution du trafic depuis 1950 :

nb : Pkt : passagers-kilomètres transportés

Tkt : Tonnes kilomètres transportées

En Europe, pour ne parler que des dernières années, la croissance du trafic aérien a été de 5 à 7 % par an, rythme d'évolution qui devrait se maintenir et qui conduit à un doublement du nombre d'avions tous les 12 ans environ !

On imagine sans peine la pression à laquelle est soumise la gestion du trafic aérien pour s'adapter à une telle croissance de l'activité.

De fait, chacun peut le constater, les retards s'accumulent. L'organisme Eurocontrol, qui établit des statistiques très précises au niveau européen, constatait ainsi que le retard moyen par vol12(*) était de 3,5 minutes en Europe en août 2000, retard moyen qui allait de 9 minutes en Grèce à une demi-minute en Norvège. La proportion de vols retardés s'établissait à 17 % du total. Le délai moyen de retard des vols retardés était d'environ 20 minutes, même si 83 % des vols étaient retardés de moins de moins de 5 minutes et si 3 % des vols seulement souffraient d'un retard au décollage de plus d'une demi-heure.

Eurocontrol établit même des statistiques par routes aériennes : ainsi, il apparaît qu'en août 2000, par exemple, 55 % des vols reliant la péninsule ibérique à la Suisse étaient retardés (pour un retard moyen par vol de 13,6 minutes), ou 39 % des vols entre Paris et le Royaume-Uni, pour un retard moyen de 12,5 minutes. En termes d'aéroports, Athènes était, en août 2000, en tête en matière de retards au départ (44 % des vols contre 30 % à Nice ou 31 % à Lyon Satolas).

Les causes de ces retards sont multiples. Eurocontrol estime que, sur la période étudiée (août 2000), la part des retards dus aux régulations mises en oeuvre pour cause de manque de capacité des aéroports, problèmes de stationnement, etc... est de 21 %. Bien sûr, d'autres causes interviennent, pour un poids significatif, comme les conditions atmosphériques, les problèmes techniques, ou le manque ponctuel de personnel. Une nomenclature de plus de 100 causes diverses est d'ailleurs établie par l'association internationale du transport aérien.

* 12 Relevé au départ.