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Projet de loi de finances pour 2003 : Outre-mer

 

B. LA POLYNÉSIE FRANÇAISE

1. Une croissance générale moins soutenue

Le rythme de croissance en 2001 a été sensiblement moins élevé en 2001, en raison du ralentissement de la conjoncture mondiale et des effets des attentats du 11 septembre qui ont pesé sur les moteurs de l'économie polynésienne, à savoir la filière de la perle noire et le tourisme.

Le dispositif d'aide de l'Etat, mis en place par le pacte de progrès de 1994 au moment de la suspension des essais nucléaires, puis par la convention pour le renforcement de l'autonomie économique de la Polynésie française en 1996, au moment de l'arrêt définitif de ceux-ci, paraît en revanche avoir bien joué son rôle et les transferts de l'Etat ont augmenté de 2,9 % pour s'établir à 1 milliard d'euros.

Le dynamisme démographique confirmé par le recensement de population effectué en septembre 1996, s'est maintenu, résultant à la fois d'un taux de natalité élevé et d'un taux de mortalité faible. Ces chiffres qui résultent de la jeunesse de la population dans un contexte sanitaire de qualité ne sont pas sans poser des questions aux responsables et élus du territoire sur les capacités de l'économie locale à absorber l'arrivée des jeunes sur le marché du travail.

2. Bilan des principales activités économiques

 Les recettes du tourisme, en forte progression, jusqu'en 2000 se sont contractées à 280 millions d'euros en 2001. En particulier le développement très important du tourisme de croisière subit de plein fouet les effets du 11 septembre 2001. Si globalement les recettes engendrées par les croisières ne sont pas déterminantes au niveau de la Polynésie française -elles étaient estimées à 25 millions d'euros en 2000-, leur incidence ponctuelle a un impact non négligeable sur les sites d'escale. Le territoire a donc tout mis en oeuvre pour favoriser la reprise des deux paquebots Renaissance et une solution aurait été trouvée.

Le secteur du tourisme, qui vise surtout la clientèle aisée, s'affirme comme la première ressource de la Polynésie.

 La perliculture a pris son essor à partir de 1983 dans une trentaine d'îles et environ 2.000 personnes tirent aujourd'hui leurs revenus de cette activité.

La quantité de perles exportées n'a cessé d'augmenter depuis dix ans et la perle est devenue le premier poste d'exportation en valeur du Territoire :

 

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

Poids (kg)

3 461

5 495

5166

6 711

10 561

11 733

10 802

Valeur (M€)

81

121

125

127

158

175

125

Depuis l'année 1998 les prix de négociation des perles sur le marché international ont baissé, cette baisse étant liée à la crise financière asiatique et à une forte demande de perles de petite taille. Les recettes à l'exportation n'ont pu être maintenues que grâce à une augmentation du nombre de kilos exportés. L'année 2001 a vu une amélioration de la situation et un redressement du prix moyen.

 Le secteur de la pêche est resté longtemps au stade artisanal avant de connaître une profonde mutation au début des années 90, organisée autour d'un pôle resté artisanal, orientée vers les marchés locaux et d'un pôle de pêche de type semi-industriel. La modernisation de la flotte a permis l'allongement des campagnes et l'accès à de nouvelles zones. La préparation et la congélation des poissons sur les navires ont contribué à une meilleure valorisation des prises et à une optimisation des temps de pêche.

L'essor de la pêche polynésienne est facilité par une forte croissance de la demande locale, notamment en zone urbaine, et par le développement des circuits de commercialisation. On a assisté en quelques années à l'émergence de la grande distribution, à la mise en exploitation du marché d'intérêt territorial du port de Papeete, ainsi qu'à une forte progression des exportations de poissons. Celles-ci, déjà multipliées par 8 en volume entre 1996 et 1999, ont pratiquement doublé en 2000, atteignant en valeur plus de 6,6 millions d'euros et ont connu une nouvelle amélioration en 2001. Elles sont principalement orientées vers les Etats-Unis et le Japon.

 La production de coprah, activité traditionnelle de la Polynésie, est essentielle pour le maintien de ressources des populations rurales des îles, notamment aux Tuamotu et sur les atolls où la perliculture n'existe pas.

Elle est soutenue notamment par les interventions de la Caisse de soutien des prix du coprah. La production est achetée par l'huilerie de Tahiti, qui broie le coprah séché pour en retirer de l'huile brute. Une partie de cette huile est raffinée sur place pour permettre la fabrication du monoï et l'autre partie est écoulée auprès de l'industrie de la cosmétique, tandis que les résidus de broyage (tourteaux) sont achetés par l'industrie agro-alimentaire.

Néanmoins, la production de coprah, en hausse de 23 % en 2000, a régressé de 6 % en 2001 et représente 5.199 tonnes.