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C. LA SITUATION DU TRANSPORT ROUTIER EN 2002

En 2002, le trafic routier intérieur a stagné, sa croissance mesurée en tonnes-kilomètres ayant seulement atteint 0,1 % pour l'ensemble des véhicules utilitaires.

Comme bien d'autres secteurs, le transport routier a en effet subi les conséquences d'une conjoncture économique défavorable, après une bonne année 2001.

Il convient de noter une évolution contrastée entre les transporteurs routiers en compte propre, dont l'activité en termes de trafic, a continué de progresser (+5 %) pour la deuxième année consécutive, et les transporteurs routiers pour compte d'autrui, dont l'activité a encore reculé (-1,3 %). La part prédominante (83 %) du trafic maîtrisée par le transport routier pour compte d'autrui explique la dégradation du trafic global des poids lourds français en 2002 (-0,5 %).

La plupart des produits ont été concernés par l'érosion du trafic. Il en est ainsi des produits pétroliers, des minerais, de la sidérurgie, de la fonderie, des matériaux de construction et des machines, mais aussi du verre, du papier et des produits chimiques. Les taux d'évolution des trafics sont toutefois positifs pour les matériels de transport (+3,1 %), les produits manufacturés (+1,7 %) et la filière agroalimentaire (+1,3 %).

Pour la troisième année consécutive, l'activité de transport international connaît une forte baisse (-9 %), en raison de la progression de la sous-traitance à des transporteurs étrangers, mais également du fait d'un recentrage de l'activité des transporteurs français sur le territoire national, qui a offert des prix plus attractifs en 2000 et en 2001.

 Les conditions de marché ont également été moins favorables en 2002, l'évolution des coûts ayant essentiellement été tirée par :

- la hausse importante du coût du travail liée à l'augmentation des rémunérations conventionnelles et à la nouvelle réglementation sur le travail de nuit, entrée en application en juillet 2002 ;

- l'augmentation du coût d'utilisation des infrastructures, en particulier des péages de classe 4 (+3,7 % en 2002).

En revanche, les entreprises de transport n'ont pas été en mesure de répercuter ces hausses de coûts sur le prix du fret, qui est donc resté stable en 2002.

La situation des entreprises du secteur s'est par conséquent dégradée. La stagnation des prix du fret et la baisse des volumes transportés devraient se traduire par une diminution de 1,7 % de la production en valeur. Le taux de marge, pourtant en net progrès en 2001 (19,1 %), devrait chuter de six points en 2002 (13 %).

Le taux de rentabilité nette -qui mesure la part du résultat net d'exploitation sur le chiffre d'affaires-, déjà structurellement bas dans le secteur, devrait être inférieur à 1 % en 2002.

Dans ce contexte, les entreprises de transports ont réduit leurs investissements, ce qui s'est traduit par une baisse des immatriculations de véhicules utilitaires neufs.

Enfin, cette conjoncture défavorable a contribué à la diminution du nombre d'entreprises du secteur à 39.804 en 2002. La faible attractivité de ce dernier explique la nouvelle baisse des créations au cours de cette année (3.002, contre 3.386 en 2001).

Les disparitions sont de plus en plus liées à des cessations d'activité. Ainsi, le taux de disparitions liées aux difficultés économiques (35 % en 2002) est en augmentation croissante depuis trois ans (20 % en 1999). En 2002, les défaillances enregistrées (1.224) ont concerné 3,1 % du nombre d'entreprises dans le secteur. Enfin, il convient de noter que le taux de survie à cinq ans pour une génération d'entreprises dans ce secteur est seulement de 50 %.