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III. LES DÉFIS POUR L'AVENIR

Au delà des difficultés inhérentes à toute intégration entre deux groupes de cultures différentes, et de la crise du secteur, la nouvelle entité se trouve confrontée à des problèmes conjoncturels qu'il lui appartiendra de traiter : la hausse des prix du pétrole et l'effondrement du terminal 2 E de Roissy Charles-de-Gaulle.

A. LA HAUSSE DES COURS DU PÉTROLE

Le pétrole constituant la seconde charge d'exploitation de la compagnie (1,4 milliard d'euros pour l'année, la première charge étant celle de personnels, qui s'élève à plus de 4 milliards d'euros), Air France, comme la plupart des compagnies, a mis en place une politique de couverture de prix du pétrole dont les sous-jacents sont le brent IPE et le gasoil IPE.

Sur la base d'une politique d'intervention systématique, le niveau de couverture est le suivant sur une base glissante :

- 60 % minimum sur 12 mois ;

- 45 % minimum entre 13 et 15 mois ;

-30 % maximum entre 16 et 24 mois.

Selon les informations recueillies par votre rapporteur pour avis, cette politique va évoluer à la fin de l'année en cours avec un allongement de la période couverte qui va passer de 24 à 48 mois et des taux de couverture recherchés plus élevés, afin de limiter l'impact pour la compagnie d'un prix du baril durablement élevé. Les instruments de couverture sont essentiellement des swaps et des options.

Les répercussions sur le prix du billet sont délicates à établir « ex ante ». En réponse à une question posée par votre rapporteur pour avis, le président d'Air France, M. Jean-Cyril Spinetta, a déclaré que le prix du billet serait augmenté de 3 euros pour un baril au-dessus de 30 dollars pendant plus de 30 jours.

La structure de couverture entre les deux groupes Air France et KLM est sensiblement identiques, même si KLM a choisi comme sous-jacent non pas le « brent IPE » mais le « jet fuel ».

B. L'EFFONDREMENT DU TERMINAL 2 E DE ROISSY CHARLES-DE-GAULLE

L'effondrement du terminal 2 E de Roissy Charles-de-Gaulle le 23 mai 2004 a un impact important pour la société Air France. En effet, il était exclusivement utilisé par la compagnie et ses alliés au sein de l'alliance Skyteam.

Compte tenu de la complexité du dossier et des enquêtes en cours, il est impossible à l'heure actuelle d'effectuer un bilan chiffré du coût pour Air France de l'effondrement du terminal, mais on peut déjà l'estimer à plusieurs dizaines de millions d'euros. Le terminal représentait plus de 20 % du trafic passager de la compagnie sur Roissy Charles-de-Gaulle, soit environ 6 millions de personnes.

En l'état actuel, la direction d'Air France, en partenariat avec Aéroports de Paris, a entrepris de trouver des solutions pour les mois de juillet et d'août 2004, qui représentent la période la plus chargée de l'année, en réalisant des redéploiements vers Orly, ou bien en déplaçant des vols à des horaires différents. Le travail effectué, considérable et d'une grande complexité, n'empêchera pas la qualité du service d'être sensiblement diminuée les prochains mois, dans des proportions que l'on ne peut pas encore déterminer.

Cette question devrait rester posée pendant au moins 3 ans, c'est à dire le temps que le nouveau terminal S3, qui doit être achevé en avril 2007, soit opérationnel. Par contre, l'effondrement ne devrait avoir qu'un faible impact pour KLM, qui avait des emplacements attribués au sein du terminal F, ce dernier n'ayant pas été touché.