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B. LES PROGRAMMES DE RECHERCHE PRIORITAIRES D'ORES ET DEJÀ AFFICHÉS

Les programmes prioritaires, alimentés entre autres par les financements de l'ANR, ont d'ores et déjà été arrêtés dans les grandes lignes. Ils concernent trois domaines principaux : les sciences de la vie (1), les sciences et technologies de l'information et de la communication (2) ainsi que l'énergie et le développement durable (3).

1. Les sciences de la vie

S'agissant de la santé humaine, les programmes ciblés sur les maladies humaines seront soutenus parallèlement à l'enrichissement des connaissances sur les bases structurales et fonctionnelles du vivant qui permettront des percées nouvelles selon des voies aujourd'hui insoupçonnées.

Les programmes thématiques soutenus dès 2005 concernent les maladies ou familles de maladies suivantes :

- les cancers : la dynamique lancée dans le cadre du Plan cancer sera amplifiée en s'appuyant sur la mise en place de l'Institut National du Cancer et sur la structuration régionale ou interrégionale des cancéropôles ;

- les maladies neurologiques et mentales : les maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson...), les épilepsies, les dépressions ou les schizophrénies, qui sont des sources de souffrance face auxquelles de grands progrès thérapeutiques peuvent encore être accomplis, notamment en étroite synergie avec une recherche amont interdisciplinaire en neurosciences ;

- les handicaps : sensoriels, moteurs, mentaux ou cognitifs, qui seront l'objet de recherches ciblées, notamment technologiques, visant à compenser voire à rétablir la fonction dégradée ;

- les maladies rares : un effort spécifique sera poursuivi en lien avec le «Plan maladies rares» porté par le ministère de la santé ;

- les maladies infectieuses : les changements de nos modes de vie ou les changements globaux, ainsi que la menace du bioterrorisme rendent indispensable de maintenir un potentiel scientifique de haut niveau en la matière.

A la confluence de ces programmes thématiques, les recherches visant à mieux identifier et mieux prendre en compte, au niveau de la prévention et du traitement, les facteurs environnementaux des maladies devraient bénéficier d'un soutien spécifique dans le cadre du « Plan national santé environnement ».

Enfin, un effort sera ciblé sur l'émergence de nouveaux médicaments, de nouvelles thérapies cellulaires ou de nouveaux outils diagnostics par le soutien au secteur des biotechnologies.

S'agissant de l'agriculture et de l'alimentation, la génomique tant végétale et animale que microbienne sera soutenue en priorité pour donner à cette recherche finalisée les outils modernes de son essor. Les enjeux de sécurité sanitaire et environnementale seront intégrés dans les programmes lancés en 2005. L'expérience fructueuse de partenariat public-privé acquise avec le programme Génoplante et, plus récemment, le programme Génanimal, sera poursuivie.

2. Les sciences et technologies de l'information et de la communication

L'ANR devrait soutenir la recherche publique et privée en lançant des grands programmes et en mettant en réseau les acteurs dans les quelques domaines structurants des STIC, jugés essentiels pour l'avenir et où la France dispose des capacités de devenir un acteur majeur sur la scène internationale.

Parmi ces grands thèmes technologiques, qui réunissent toutes les composantes des STIC, de la conception de circuits intégrés aux télécommunications en passant par le logiciel informatique, figurent :

- la mobilité : communications mobiles, systèmes embarqués (avionique, domotique, objets communicants...) ;

- les applications distribuées, l'interopérabilité des systèmes ;

- la réalité virtuelle : conception industrielle (automobile, aéronautique...), formation (chirurgie...), loisirs (jeux vidéos...) ;

- le très haut débit et ses applications (vidéo à la demande, télémédecine, télétravail, aspects sociétaux, couverture du territoire...) ;

- les nanosciences et les nanotechnologies (nano-objets, nanocomposants, nanobiosciences, nanomatériaux...).

3. L'énergie et le développement durable

Les priorités de la politique incitative de recherche devraient s'inscrire dans les stratégies gouvernementales et les initiatives internationales concernant :

- la biodiversité, qui sera l'objet d'une conférence scientifique internationale organisée à Paris en janvier 2005 et pour laquelle quatre axes de recherche seront développés : les nouvelles approches scientifiques de la biologie moléculaire et des sciences de l'écologie, la biodiversité et la santé, les écosystèmes, ainsi que les infrastructures ;

- la lutte contre le changement climatique et l'énergie, dans le cadre du « Plan Climat » et de la loi sur l'énergie qui comportera trois axes principaux : la connaissance du changement climatique (observation de la Terre), les nouvelles technologies de l'énergie21(*) et la réduction des usages énergétiques ;

- la prévention des risques, en cohérence avec la stratégie de développement durable et la politique agricole, sera centrée sur trois thèmes : les risques naturels, l'eau, et la sécurité sanitaire des aliments ;

- la réduction des usages d'énergie, notamment dans l'habitat, avec le lancement d'un réseau technologique sur les bâtiments à énergie positive ainsi que dans les transports via le PREDIT22(*) et le « Plan Véhicules Propres » (bénéficiant déjà de 20 millions d'euros en 2005).

Eu égard à cette dernière priorité, votre rapporteur pour avis regrette que la subvention accordée à l'Institut français du pétrole par le ministère chargé de l'industrie connaisse une diminution de 4 % (8 millions d'euros sur 200 millions d'euros). Compte tenu des contraintes internes, cette diminution risque fort de peser sur l'effort de recherche de l'institut. A défaut d'une révision de ce montant lors de la discussion du PLF, votre rapporteur sera vigilant à ce que les financements de l'ANR viennent soutenir le nécessaire effort de recherche de l'IFP.

Enfin, il convient de préciser qu'au sein des trois grands thèmes retenus, des programmes suggérés par les équipes elles-mêmes pourront être financés par l'ANR. Ces « recherches blanches » permettront notamment aux sciences humaines et sociales d'accéder aux financements de l'agence23(*).

* 21 Les nouvelles technologies de l'énergie se décomposent elle-même en trois domaines de recherche : l'hydrogène et la pile à combustible, la séquestration du carbone, ainsi que l'énergie solaire par le photovoltaïque et la photosynthèse (notamment via les biocarburants).

* 22Programme de recherche et d'innovation dans les transports.

* 23 Mais ceci n'est pas exclusif, d'autant plus que des recherches en sciences humaines et sociales sont déjà intégrées dans les programmes prévus (ex : modélisation économique ou sciences sociales dans le domaine de l'énergie et du développement durable).

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