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Projet de loi de finances pour 2007 : Défense - Préparation et équipement des forces : Forces aériennes

 

C. L'INTÉGRATION DANS LES FORCES DES DRONES D'OBSERVATION DE MOYENNE ALTITUDE ET DE LONGUE ENDURANCE (MALE) TARDE À SE CONCRÉTISER

1. Les difficultés du programme SIDM

Le recueil d'informations par des appareils pilotés du sol a été développé, dès les années 1980, par Israël, pays environné de territoires potentiellement hostiles.

La France a ainsi acquis, en 1994, quatre appareils « Hunter », pilotés au total par deux stations au sol, auprès de la société Israël Aircraft Industries (IAI).

Ces drones ont été utilisés au Kosovo, puis pour la surveillance d'importantes manifestations intérieures (G8 d'Evian en 2003, soixantième anniversaire du débarquement allié en 2004). Ils ont été retirés du service à la fin de l'année 2004, du fait d'un coût d'entretien devenu excessif.

Cependant, les multiples atouts de ce système d'observation ont conduit la DGA à prévoir à terme l'acquisition de drones MALE, l'option Haute Altitude Longue Endurance (HALE), un moment privilégiée, ayant été écartée comme redondante au regard de l'apport des satellites d'observation, et aussi du fait d'un coût très supérieur.

Ainsi, en août 2001, la DGA a retenu la proposition d'EADS consistant à adopter aux besoins et spécificités françaises (notamment climatiques) la plateforme Eagle 1, produit par IAI.

Trois SIDM (Système Intérimaire de drones MALE) devaient ainsi être livrés à la France au printemps 2003, pour un budget public de 41 millions d'euros. Cette date initiale aurait permis un remplacement rapide du Hunter.

Or, du fait d'aléas multiples12(*), l'adaptation aux contraintes initialement définies de la plateforme Eagle 1 s'est effectuée dans des conditions de coûts et de durée très supérieures aux prévisions.

L'armée de l'air prévoit, aujourd'hui, la livraison officielle des trois plateformes et de deux stations de contrôle au sol pour juin 2007, ce qui permettrait une mise en service opérationnelle au plus tôt à l'automne 2007.

Il faut relever qu'un premier vol en France d'un SIDM, d'une durée d'une heure trente, a été effectué avec succès en septembre 2006 sur la base d'Istres. Le communiqué du ministère de la défense annonçant ce vol précise que : « il s'agit d'une première en Europe pour ce type de drone. Il se poursuivra par une campagne d'essais d'une douzaine de vols », qui doit aboutir à la mise en service dans l'armée de l'air, à partir du premier semestre 2007, d'une capacité opérationnelle de trois drones du programme SIDM (Système intérimaire de Drone Male).

Le ministère de la défense précise que les drones MALE sont conçus pour « des missions de surveillance, de reconnaissance ou de désignation d'objectifs », et disposent d'un rayon d'action de plus de mille kilomètres. La diversité de ses capacités d'observation (optique, infrarouge et radar) permet à ce système d'être opérationnel de jour comme de nuit et par tous les temps.

L'une des avancées majeures du SIDM consiste en son aptitude à mettre en oeuvre simultanément deux appareils se relayant pour assurer une présence sur zone 24 heures sur 24 ». Le programme SIDM, auquel la DGA a contribué jusqu'ici pour 50 millions d'euros, constitue une étape intermédiaire, destinée à maîtriser les technologies inhérentes à ce type d'appareils. L'objectif poursuivi à plus long terme porte sur l'obtention, dans un cadre européen, d'un engin MALE, dont les capacités de surveillance seraient mises au service tant de l'armée de l'air que d'objectifs interministériels, sur le modèle des emplois du Hunter pour la sécurité de manifestations civiles.

* 12 Cf. le rapport d'information des sénateurs Maryse Bergé-Lavigne et Philippe Nogrix : « les drones dans l'armée française » - n° 215 (2005-2006)