LES CONCLUSIONS DE LA COMMISSION
DES LOIS
Après avoir entendu le mardi 21 novembre 2006, le garde
des sceaux, M. Pascal Clément, la commission des lois,
réunie le mardi 28 novembre 2006 sous la présidence de
M. Jean-Jacques Hyest, président, a procédé, sur le
rapport pour avis de MM. Simon Sutour et Yves Détraigne,
à l'examen des crédits alloués à la justice
judiciaire et administrative ainsi qu'à l'accès au droit
par le projet de loi de finances pour 2007.
Après avoir regretté le rattachement du
programme Conseil d'Etat et autres juridictions administratives à une
mission distincte Conseil et contrôle de l'Etat de la mission Justice,
M. Simon Sutour, rapporteur pour avis chargé de l'examen du
programme Conseil d'Etat et autres juridictions
administratives, s'est félicité de la
progression du budget de la justice administrative pour 2007. Il a
néanmoins regretté l'insuffisance des créations d'emplois
au regard de la programmation prévue en 2002 et s'est demandé si
l'enveloppe allouée aux frais de justice permettrait de financer la
consommation réelle compte tenu de la progression de ce poste de
dépenses.
Il s'est félicité de la mise à
disposition de moyens humains supplémentaires pour absorber les charges
liées à la présidence des instances disciplinaires de
certaines professions de santé, notant néanmoins que l'effort
consenti cette année ne serait pas suffisant.
Après que le rapporteur pour avis s'est
inquiété de certaines pistes de réforme tendant à
alléger la procédure administrative contentieuse,
envisagées par le Gouvernement, un débat s'est instauré
sur l'opportunité de généraliser le juge unique. Tout en
reconnaissant la nécessité du renoncement à la
collégialité en première instance dans certains
contentieux répétitifs et pour lesquels la jurisprudence
était stabilisée, la commission des lois a souhaité que le
recours au juge unique soit privilégié pour les affaires les
moins complexes et dépourvues d'enjeu en matière de
liberté et droits fondamentaux.
M. Yves Détraigne, rapporteur pour avis
des programmes justice judiciaire, accès au droit et à la
justice, conduite et pilotage de la politique de la justice et organismes
rattachés de la mission Justice et des dotations
consacrées au Conseil constitutionnel, à la Haute
cour de justice et à la Cour de justice de la
République de la mission Pouvoirs publics, a
rappelé le souhait de la commission des lois déjà
exprimé l'année dernière d'accorder au Conseil
supérieur de la magistrature -qui demeure une simple action du programme
justice judiciaire- une place plus conforme à son statut dans la
nomenclature budgétaire.
Après avoir évoqué les difficultés
auxquelles s'étaient heurtés les chefs de cours dans le domaine
de la gestion, liées principalement à la phase de mise en oeuvre
de la loi organique relative aux lois de finances du 1er août
2001 (LOLF), le rapporteur pour avis a constaté que ces derniers avaient
pleinement assumé leurs nouvelles responsabilités (ordonnancement
secondaire et responsabilité des marchés). Il s'est
félicité de la mobilisation de tous les acteurs de l'institution
judiciaire (juridiction et administration centrale) pour parvenir à
maîtriser les frais de justice.
M. Yves Détraigne, rapporteur pour avis,
a également souligné l'adhésion des juridictions
judiciaires à la démarche de performance, notant qu'au sein du
programme justice judiciaire, 18 indicateurs de performance sur 22
étaient opérationnels.
Le rapporteur pour avis a salué la priorité
accordée par le Gouvernement à la mission Justice dont les
crédits progressent de 5 % pour 2007. Il a jugé satisfaisant
le taux de réalisation des créations d'emplois par rapport
à la programmation de 2002 pour les magistrats, regrettant que les
personnels des greffes dont la charge s'était pourtant alourdie n'aient
pas bénéficié d'un effort équivalent. Il a
souhaité que l'achèvement du programme quinquennal ne marque pas
la fin d'un renforcement des effectifs dans les greffes. Il a invité le
ministère de la justice à définir une programmation
pluriannuelle des créations d'emplois et des recrutements dans le souci
d'anticiper les nombreux départs à la retraite à venir.
Après avoir noté l'amélioration des
délais de jugement en matière civile, M. Yves
Détraigne, rapporteur pour avis, a signalé la forte
augmentation des dépenses d'aide juridictionnelle imputable
principalement à l'élargissement de la liste des
bénéficiaires. Il a souhaité la mise en oeuvre rapide de
l'assurance de protection juridique présentée comme un
nécessaire relais au dispositif d'aide juridictionnelle.
S'agissant de la rétribution des avocats, il a
noté le décalage entre les engagements du Gouvernement et la
revalorisation intervenue depuis 2002, soulignant la nécessité
d'accentuer l'effort de l'Etat en ce domaine.
En conséquence, la commission des lois a adopté
deux amendements tendant à accroître l'augmentation du montant de
l'unité de valeur de référence utilisée comme base
de calcul pour la rémunération des avocats dans le cadre des
missions accomplies au titre de l'aide juridictionnelle.
Sous le bénéfice de ces observations et des deux
amendements adoptés, la commission a décidé de donner
un avis favorable à l'adoption des crédits
consacrés à la justice judiciaire et administrative et à
l'accès au droit par le projet de loi de finances pour 2007.
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