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Projet de loi relatif à une convention d'entraide judiciaire en matière pénale avec Cuba

 

C. LA RECHERCHE D'UN MEILLEUR ÉQUILIBRE DANS LES RELATIONS AVEC L'ÉTRANGER

Durant la guerre froide, Cuba avait développé des relations quasiment exclusives avec les pays communistes qui l'ont placé dans une situation très difficile lorsque ces relations ont été brutalement interrompues au début des années 1990.

Il a donc été indispensable pour Cuba de chercher à normaliser et développer ses relations avec l'Europe, l'Amérique latine et le Canada pour pallier les conséquences de la disparition de l'URSS et de la persistance de l'embargo américain.

Vis-à-vis de l'Amérique latine, Cuba a cessé le soutien aux guérilleros et rétabli ses relations diplomatiques avec la Colombie en 1993, Haïti en 1996, la Dominique en 1998, la république Dominicaine, le Guatemala et le Paraguay en 1999. Cuba a été intégrée aux forums régionaux dont notamment l'Association des Etats de la Caraïbe en 1994 et le sommet CARIFORUM en 1998. Cuba a renforcé sa coopération avec ces pays grâce en particulier à l'envoi de médecins. Le développement de relations avec Cuba est d'ailleurs devenu pour eux un moyen de montrer leur indépendance par rapport aux Etats-Unis. Enfin, signe des bonnes relations entre le Venezuela et Cuba, un accord pétrolier a été conclu le 30 octobre 2000, selon lequel le Venezuela fournira 2,5 millions de tonnes par an pendant cinq ans, soit le tiers des besoins cubains, à des conditions financières préférentielles.

Le développement des relations avec l'Union européenne bute, depuis 1996, sur la question du respect des droits de l'homme. Les négociations d'un accord d'association sont suspendues dans l'attente d'une éventuelle démocratisation, tout en poursuivant un " dialogue constructif ". L'an 2000 a marqué un refroidissement des relations, Cuba ayant retiré sa candidature aux accords de Cotonou et demandé l'annulation de la visite de la troïka européenne après sa condamnation par la 56e Commission des droits de l'homme qui s'est tenue à Genève au mois d'avril.

Malgré cette tension dans les relations politiques entre Cuba et l'Union européenne, les relations économiques avec ses membres sont fortes. L'Espagne est le premier investisseur à Cuba avec 25 % du stock d'investissements devant le Canada (20 %), l'Italie (19 %), la France (5,5 %) et le Royaume-Uni (3,3 %). L'Espagne est également son premier fournisseur avec 22 % de parts de marché, devant la France (11 %), le Canada (10 %), l'Italie (8 %), la Chine (6 %) et la Russie (5 %). La Russie reste en revanche le premier pays client de Cuba (26 %), devant les Pays-Bas (12 %), le Canada (11 %), l'Espagne (7 %) et la Biélorussie (7 %).

Avec la Russie, les relations commerciales ont repris dans le courant des années 1990 sur la base des cours mondiaux. Les récentes visites du ministre des affaires étrangères, M. Ivanov, en 1999, et surtout de M. Poutine en 2000, ont confirmé l'intérêt de la Russie pour Cuba. La construction de la centrale nucléaire de Juragua, à laquelle s'opposent les Etats-Unis, a repris. L'application de l'accord sucre contre pétrole et l'accroissement des investissements russes dans le nickel et le tourisme se poursuivent. Les relations entre les deux pays sont toutefois assombries par la question de la dette cubaine (21 milliards de roubles).