N° 40
SÉNAT
SESSION ORDINAIRE DE 2001-2002
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Annexe au procès-verbal de la séance du 24
octobre 2001
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RAPPORT
FAIT
au nom de la commission des Lois constitutionnelles, de
législation, du suffrage universel, du Règlement et
d'administration générale (1) sur la proposition de loi,
ADOPTÉE AVEC MODIFICATIONS PAR L'ASSEMBLÉE NATIONALE EN
DEUXIÈME LECTURE, relative aux droits du conjoint
survivant et des enfants
adultérins,
Par M. Jean-Jacques HYEST,
Sénateur.
(1) Cette commission est composée de :
M. René Garrec, président ; M.
Patrice Gélard, Mme Dinah Derycke, MM. Pierre Fauchon, José
Balarello, Robert Bret, Georges Othily, vice-présidents ;
MM. Jean-Pierre Schosteck, Laurent Béteille, Jacques Mahéas,
Jean-Jacques Hyest, secrétaires ; M. Jean-Paul
Amoudry, Mme Michèle André, M. Robert Badinter, Mme Nicole
Borvo, MM. Charles Ceccaldi-Raynaud, Christian Cointat, Raymond
Courrière, Jean-Patrick Courtois, Marcel Debarge, Michel
Dreyfus-Schmidt, Gaston Flosse, Jean-Claude Frécon, Jean-Claude Gaudin,
Charles Gautier, Paul Girod, Daniel Hoeffel, Pierre Jarlier, Roger Karoutchi,
Lucien Lanier, Jacques Larché, Gérard Longuet, Mme Josiane
Mathon, MM. Jacques Peyrat, Jean-Claude Peyronnet, Henri de Richemont,
Josselin de Rohan, Bernard Saugey, Jean-Pierre Sueur, Simon Sutour,
Alex Türk, Maurice Ulrich, Jean-Paul Virapoullé, François
Zocchetto.
Voir les numéros :
Assemblée nationale
(11ème législ.) :
Première lecture : 2867, 2910 et
T.A. 638
Deuxième lecture :
3170, 3201 et T.A. 698
Sénat : Première
lecture : 211, 224, 378
et T.A. 119 (2000-2001)
Deuxième lecture : 422
(2000-2001)
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Successions et libéralités.
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LES
CONCLUSIONS DE LA COMMISSION DES LOIS
Réunie le 24 octobre 2001 sous la
présidence de M. Patrice Gélard, vice-président,
la commission des Lois, a procédé, sur le rapport de
M. Jean-Jacques Hyest, à l'examen de la proposition de loi
adoptée par l'Assemblée nationale en deuxième lecture
relative aux droits du conjoint survivant et des enfants adultérins.
Le rapporteur a regretté que la brièveté
du délai imparti à l'Assemblée nationale pour se prononcer
en deuxième lecture ne lui ait pas permis d'étudier de
manière suffisamment approfondie la position du Sénat et ait
conduit les députés à adopter un texte presque identique
à celui voté en première lecture.
La commission a constaté en premier lieu que les
assemblées s'étaient accordées sur la suppression des
discriminations successorales touchant les enfants
adultérins, sous réserve de précisions à
apporter concernant l'entrée en vigueur de la loi.
Elle a ensuite observé que si les deux
assemblées avaient convenu de la nécessité
d'accroître les droits du conjoint survivant en l'absence de
testament, elles avaient proposé des solutions
très différentes quant aux modalités
d'accroissement de ces droits.
La commission a souhaité à cet égard que
soient réaffirmés en deuxième lecture les principes qui
avaient guidé le vote du Sénat en première lecture :
- permettre au conjoint de garder les conditions
de vie les plus proches possible de ses conditions de vie
antérieures, ce qui avait notamment conduit à introduire
la possibilité pour le conjoint, en présence de descendants
communs avec le défunt, de choisir l'usufruit sur la
totalité des biens plutôt qu'une quote-part
réduite à un quart de la propriété, à faire
porter les droits du conjoint sur les biens existants au
décès et non sur l'ensemble de la succession et à
lui accorder un droit d'habitation intangible sur le logement
servant de résidence principale. S'agissant des droits en
propriété, la commission a néanmoins précisé
qu'ils pourraient être calculés sur l'ensemble de la succession
à condition de ne s'exercer que sur les biens existants ;
- tenir compte de la présence d'enfants
d'un premier lit, ce qui avait conduit à
différencier les solutions en fonction des situations
familiales ;
- ne pas écarter complètement la
famille par le sang, ce qui avait conduit à reconnaître
des droits successoraux aux collatéraux
privilégiés ou aux ascendants
ordinaires en l'absence de descendant ou de père et mère
du défunt. La commission a en effet considéré qu'il
incombait au législateur de préserver un équilibre entre
les droits du conjoint et ceux de la famille par le sang, sachant qu'il serait
possible à chacun de prendre des dispositions testamentaires
différentes selon sa situation familiale, s'il souhaitait avantager l'un
ou l'autre.
La commission a enfin pris acte avec regrets du refus total de
l'Assemblée nationale de procéder à l'occasion de l'examen
de cette proposition à une réforme globale des
successions, dans la ligne des travaux conduits depuis vingt ans par
le doyen Carbonnier et le professeur Catala transcrits dans des projets de loi
présentés successivement par des gouvernements d'orientations
politiques différentes.
Elle a décidé à cet égard de ne
pas réintroduire en deuxième lecture l'ensemble des dispositions
adoptées en première lecture mais de tenter à tout le
moins d'emporter l'adhésion de l'Assemblée nationale sur une
réécriture limitée aux trois premiers chapitres
actuels du titre Ier du livre troisième du code civil, dans
lesquels sont inclus les articles relatifs aux droits du conjoint survivant et
des enfants adultérins.
Elle a considéré qu'une telle
réécriture permettrait à la fois de clarifier la
rédaction actuelle du code civil et de moderniser des
dispositions jugées archaïques telles celles relatives aux
co-mourants, à l'indignité ou
à la distinction entre les frères et soeurs germains, consanguins
et utérins.
La commission des Lois a adopté la proposition
de loi ainsi modifiée.
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