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Projet de loi de finances pour 2003 : Le budget de 2003 et son contexte économique et financier

 

2. Un prix du pétrole durablement élevé

Les conséquences d'une augmentation du prix du pétrole consécutive à un éventuel conflit en Irak sont elles aussi difficiles à évaluer. Les économistes considèrent que les marchés pétroliers prennent déjà en compte une prime de risque liée à cette éventualité (on estime généralement que le cours d'équilibre du baril de Brent est de l'ordre de 20 dollars). La question est de savoir si celle-ci augmenterait en cas de conflit, ce qui dépendrait vraisemblablement de la nature de celui-ci. Ainsi, la prévision du cours du baril de Brent avancée par le gouvernement (25 dollars) pourrait être dépassée. Un cours du pétrole plus élevé de 10 dollars environ pendant un an pourrait réduire la croissance de la France et des autres pays de l'OCDE de 0,5 point environ (moins de 0,2 point selon la Commission européenne), comme l'indique le tableau ci-après.

L'impact d'un cours du pétrole durablement élevé (année n+1)

Organisme

OFCE

OCDE

Commission européenne

Région concernée

France

OCDE

OCDE

Union européenne

Hypothèse de prix du baril de Brent

+ 15 dollars

+ 12 dollars

+10 dollars

+ 12 dollars

Impact sur la croissance

- 0,5

- 0,9

- 0,4

- 0,2

Impact sur l'indice des prix

+ 0,3

+ 0,9

+ 0,5

+ 0,6

Sources : Joël Bourdin, rapport d'information sur les perspectives macroéconomiques à moyen terme (2000-2005), délégation pour la Planification, 15 novembre 2000 ; Commission européenne, Economie européenne, supplément à Perspectives économiques, octobre-novembre 2000

3. Une dépréciation du dollar

Par ailleurs, les prévisions du gouvernement reposent sur l'hypothèse d'un taux de change de 0,98 dollar pour 1 euro7(*). Plusieurs facteurs pourraient susciter une dépréciation du dollar, comme un conflit prolongé avec l'Irak. Selon le gouvernement, une dépréciation du dollar de 10 % aurait un faible impact sur le PIB français et européen (de l'ordre de 0,2 point de PIB au total)8(*). L'OFCE propose un chiffre nettement plus élevé (entre 0,5 et 0,8 point de PIB pour la zone euro), comme l'indique le tableau ci-après.

L'impact d'une dépréciation du dollar de 10 %

(en points de PIB)

 

Gouvernement (1)

OFCE (2)

 

France

Zone euro

 

1 an

2 ans

1 an

2 ans

n. c.

Impact sans réaction de politique monétaire

- 0,3

- 0,5

- 0,5

- 0,6

-

Impact avec réaction de politique monétaire

- 0,1 (3)

- 0,2 (3)

- 0,2 (3)

- 0,2 (3)

- 0,5 à - 0,8

(1) Rapport économique, social et financier pour 2003.

(2) Lettre de l'OFCE n° 223, 5 juillet 2002.

(3) Baisse de 70 points de base des taux d'intérêt dans la zone euro dès la première année.

* 7 Le gouvernement retient l'hypothèse conventionnelle d'un gel des parités à leur valeur moyenne de la semaine du 26 au 30 août 2002.

* 8 Rapport économique, social et financier pour 2003, tome I, p. 49.