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Projet de loi de finances pour 2003 : Commerce extérieur

 

II. LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA FRANCE

La demande mondiale adressée à la France a particulièrement bien résisté à la dégradation de l'environnement international en 2001 avec une progression de près de 1 %.

A. LA COMPÉTITIVITÉ-PRIX DES PRODUITS FRANÇAIS

1. Une amélioration significative de la compétitivité des produits français au cours des dix dernières années

Mesurée aussi bien avec les prix à l'exportation qu'avec les coûts salariaux unitaires dans le secteur des biens manufacturés, la compétitivité des produits français a sensiblement augmenté en dix ans par rapport aux pays de l'OCDE.

L'indicateur le mieux à même d'apprécier la compétitivité-prix à l'exportation des produits nationaux consiste à rapporter, dans une même monnaie, les prix d'exportation français dans un secteur donné aux prix de nos principaux concurrents dans ce secteur, sur les marchés tiers. Compte-tenu de la disponibilité des statistiques de prix des échanges et de coûts sur le seul secteur des produits manufacturés, les indicateurs de compétitivité-prix à l'exportation et coût présentés ci-après n'englobent que nos partenaires de l'OCDE.

Entre le premier semestre 1990 et le premier semestre 2002, la compétitivité-prix à l'exportation et la compétitivité-coût se sont respectivement améliorées de 18,3 % et 33,2 %. Sur la première partie des années quatre-vingt dix, la compétitivité-prix s'est sensiblement plus améliorée que la compétitivité-coût (respectivement + 7,1 % et + 2,6 % entre le premier semestre de 1990 et le premier semestre de 1995) dans un contexte de forte appréciation nominale (+ 8,3 %). Les différentiels de prix ont connu une évolution plus favorable (+ 15,4 %) que celle des différentiels de coût (+ 10,9 %), les exportateurs français ayant consenti d'importants efforts de marge. Depuis le premier semestre 1995, la compétitivité-coût a progressé plus vite que la compétitivité-prix (+ 29 % et + 10,4 % respectivement) : ces évolutions reflètent une dépréciation du taux de change effectif nominal (- 5,3 %), ainsi que la bonne orientation du différentiel de coûts salariaux unitaires (+ 23,7 %), le différentiel de prix étant, cette fois-ci, moins favorable (+  5,1 %). Les producteurs nationaux ont donc pu accroître la profitabilité des ventes à l'étranger tout en améliorant leur compétitivité-prix.

Au total, la compétitivité-prix à l'export et la compétitivité-coût se situent au premier semestre 2002 à un niveau supérieur respectivement de 11,2 % et 24,5 % à la moyenne des vingt dernières années.

En utilisant le taux de change effectif réel (mesuré en déflatant le taux de change effectif nominal par les prix à la consommation), on constate, en juin 2002, que le taux de change effectif réel de la France, après avoir atteint un point bas historique en octobre 2000, se trouve à un niveau inférieur de 12,7 % à celui de janvier 1990 dans le secteur manufacturier et de 10,3 % dans le secteur agroalimentaire. La compétitivité des produits français se serait donc améliorée tant par rapport aux pays industrialisés que vis-à-vis des pays émergents.