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B. UNE ÉCONOMIE APPAUVRIE, UN DÉVELOPPEMENT PROBLÉMATIQUE

Sur le plan économique, la désintégration de l'Union soviétique puis les destructions considérables entraînées par la guerre civile ont fait du Tadjikistan le pays le plus pauvre de l'Asie centrale. Le revenu annuel par habitant n'est que de 160 dollars et 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Malgré la reprise de la croissance depuis la fin du conflit, le PIB reste environ moitié moindre qu'avant 1991. La dette extérieure est considérable, pratiquement équivalente au PIB annuel, et son remboursement absorbe une part importante du budget de l'Etat.

L'économie tadjike est traditionnellement tournée vers l'agriculture et la transformation des produits agricoles (notamment le coton). Les ressources naturelles (métaux non ferreux) sont difficilement exploitables et le potentiel hydro-électrique de ce pays montagneux n'a pas été mis en valeur. La production d'aluminium, initiée à l'époque soviétique, est la principale activité industrielle, mais elle exige l'importation de la matière première.

C. UNE OUVERTURE DIPLOMATIQUE VERS L'OCCIDENT

Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 et la guerre contre le régime des talibans ont constitué un véritable tournant pour le Tadjikistan. Comme d'autres pays d'Asie centrale, sa position géographique est apparue stratégique dans la lutte contre le terrorisme. D'autre part, n'ayant jamais reconnu les talibans et ayant soutenu les tadjiks de l'Alliance du nord, le Tadjikistan pouvait apparaître comme un partenaire particulièrement fiable pour la coalition internationale.

Cet événement a été opportunément utilisé par les dirigeants tadjiks pour nouer des relations avec plusieurs pays occidentaux, et notamment les Etats-Unis, en vue d'obtenir une assistance économique vitale pour le développement du pays. Une conférence des donateurs réunie à Douchanbé au printemps 2003 sous l'égide de la Banque mondiale a permis de réunir des engagements à hauteur de 900 millions de dollars, dont plus de la moitié sous forme de dons. Les Etats-Unis, l'Allemagne et la Suisse se placent parmi les premiers contributeurs.

Le risque existe toutefois que l'attention portée à ce pays jusqu'alors peu connu s'atténue dès lors que les opérations d'Afghanistan susciteront moins d'intérêt. D'ores et déjà, les Américains ont supprimé la modeste présence militaire qu'ils entretenaient à Douchanbé.

Ceci amène à rappeler que le Tadjikistan est avant tout lié à la Russie par une relation très étroite. Membre de la CEI et des accords de sécurité qui lui sont liés, le Tadjikistan accueille sur son territoire une importante présence militaire russe (13.500 hommes de la 201ème division motorisée et 25.000 garde-frontières assurant le contrôle de la frontière tadjike). Les relations économiques sont également intenses. Plus de 600.000 tadjiks travaillent en Russie et fournissent à leur pays d'origine la plus grosse part de ses ressources en devises.

Plus encore, le Tadjikistan entretient des liens étroits avec l'Ouzbékistan. Les litiges bilatéraux portant sur le tracé de la frontière ou les rivalités ethniques ont été apaisés. Le Tadjikistan dépend de son voisin de l'ouest pour 90% de ses besoins en gaz naturel.

L'hostilité du Tadjikistan à l'égard du régime des talibans a renforcé les relations avec le nouveau pouvoir afghan mais les autorités tadjikes regrettent l'impuissance de celui-ci à enrayer les flux de trafic de stupéfiants venant d'Afghanistan.

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