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Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre l'Agence spatiale européenne et certains de ses États membres concernant le lancement de fusées-sondes et de ballons

 

II. FONCTIONNEMENT ET UTILISATION DES FUSÉES SONDES ET DES BALLONS STRATOSPHÉRIQUES

A. LES FUSÉES SONDES

Une fusée sonde est une fusée décrivant une trajectoire sub-orbitale1(*) permettant d'effectuer des mesures et des expériences. Le terme correspondant en anglais est « sounding rocket ».

Lancée verticalement, une fusée-sonde peut emporter des centaines de kilogrammes d'instruments ou d' expériences scientifiques à une altitude comprise entre une centaine et un millier de kilomètres selon les modèles. Sa charge utile, abritée dans la pointe de l'engin, est récupérée avec un parachute. Cette possibilité a donné lieu à deux catégories d'applications :

1. Exploration de la haute atmosphère

La première application est l' exploration (ou sondage) de la haute atmosphère, que n'atteignent ni les ballons (qui plafonnent vers 40 km), ni les satellites (qui orbitent au-delà de 200 km).

Les premières connaissances sur l' environnement terrestre ( ionosphère, magnétosphère, etc.) ont été acquises de cette façon par les ' États-Unis et l' Union soviétique vers le milieu du XXe siècle, en utilisant entre autre des versions modifiées du missile balistique V2 allemand.

Depuis cette époque, des milliers de fusées-sondes ont été lancées de par le monde à des fins scientifiques ( géophysique externe, aéronomie, météorologie, astronomie, physique solaire et même biologie au moyen de cobayes : chats, singes, rats, etc.).

Le programme français

Pour sa part, la France a mené pendant une quinzaine d'années ( 1960 et 1975) un important programme de recherches scientifiques et technologiques avec des centaines de fusées-sonde ( Centaure, Dragon, Eridan, Véronique) lancées en France ( île du Levant, Kourou), en Algérie ( Hammaguir, Colomb-Béchar, Reganne) et au cours de campagnes à l'étranger ( Brésil, Norvège, Islande, Îles Kerguelen, Terre Adélie, etc.).

2. Recherche en microgravité

Le second type d'applications concerne les recherches en microgravité. Dans ce cas, on met à profit la très faible pesanteur résiduelle observée dans la partie supérieure de la trajectoire de la pointe lorsque la propulsion a cessé et que le frottement aérodynamique est encore réduit.

C'est une application plus récente que la précédente, qui permet aux scientifiques de préparer des expériences appelées à voler sur un véhicule spatial du type navette spatiale ou satellite. Les applications concernent surtout la science des matériaux (expériences de fusion et de solidification) et intéressent notamment les États-Unis, le Japon et l' Europe, qui a initié, en 1982, un programme de ce type avec les fusées-sonde Texus et, depuis 1991, Maxus depuis la base d' Esrange.

* 1 Un vol suborbital est la trajectoire d'un engin spatial se déplaçant à une vitesse sous-orbitale, c'est-à-dire inférieure à la vitesse requise pour qu'il se maintienne en orbite.