LES
CONCLUSIONS DE LA COMMISSION DES LOIS
Après avoir procédé à l'audition
de M. Pascal Clément, garde des sceaux, ministre de la
justice, et à un débat d'orientation le
jeudi 18 janvier 2007, la commission des lois, réunie le
mercredi 24 janvier 2007 sous la présidence de M. Patrice
Gélard, vice-président, a examiné, sur le rapport
de M. Jean-Jacques Hyest, le projet de loi organique
n° 125 (2006-2007), adopté par l'Assemblée nationale
après déclaration d'urgence, relatif au recrutement,
à la formation et à la responsabilité des
magistrats.
La commission des lois a adopté 29 amendements.
Outre 15 amendements de précision, elle a adopté
14 amendements tendant à :
1. Accentuer la diversification du recrutement des
magistrats :
- prévoir la motivation des
avis défavorables de la commission
d'avancement lorsqu'un candidat à l'intégration directe
ou à l'exercice temporaire des fonctions n'a pas accompli sa formation
probatoire dans des conditions satisfaisantes (articles 2 et
3) ;
- modifier la composition de la
commission d'avancement, afin de permettre à des
magistrats plus expérimentés, donc ayant une vue plus globale de
l'intérêt du corps, d'y siéger en plus grand
nombre (article additionnel après l'article 2
bis) ;
- simplifier la procédure de
recrutement des magistrats exerçant
à titre temporaire en supprimant l'agrément de
l'assemblée générale des magistrats du siège,
préalable à l'avis de la commission d'avancement (article
3).
2. Approfondir la réforme de la formation des
magistrats :
- réduire de six à cinq mois la
nouvelle durée du stage d'immersion au sein de la profession
d'avocat afin de laisser inchangée la durée globale de
la formation initiale (31 mois) et ainsi de ne pas retarder l'entrée en
fonction des futurs magistrats (article premier C) ;
- prévoir que l'allongement du « stage
avocat » s'applique aux auditeurs de justice nommés à
compter du 1er janvier 2008 (article 11) ;
- verser au dossier des magistrats, dans un souci
d'impartialité, les observations qu'ils formulent en réponse aux
recommandations ou réserves émises à leur égard
(article premier E).
3. Conforter la réforme de la mobilité
par un assouplissement de sa mise en oeuvre
- préciser la nouvelle obligation de
mobilité statutaire pour l'accès à la
hors hiérarchie afin d'en faciliter la gestion par le corps
judiciaire : la commission a proposé de l'ouvrir aux magistrats du
second grade qui justifient d'au moins quatre années de services
effectifs dans le corps judiciaire, et d'en réduire la durée qui
pourrait être d'un ou de deux ans (article 8
bis) ;
- ouvrir aux anciens conseillers ou avocats
généraux référendaires la possibilité
d'accéder à des emplois hors hiérarchie -indistinctement
du siège ou du parquet général- de la Cour de
cassation (article 6 bis) ;
- prévoir la soumission à l'avis du Conseil
supérieur de la Magistrature (CSM) de la nomination des procureurs
généraux aux emplois hors hiérarchie de la Cour de
cassation doit être soumise (article 7).
4. Renforcer les exigences déontologiques des
magistrats
- instaurer, sur le modèle de la commission de
déontologie instituée pour les fonctionnaires, une saisine du CSM
préalable à tout départ d'un magistrat dans le secteur
privé et le secteur public concurrentiel afin de vérifier
la compatibilité des activités que les magistrats
envisagent d'exercer à l'extérieur de l'institution judiciaire
avec leurs précédentes fonctions (article additionnel
après l'article 6 ter).
5. Assurer l'effectivité d'un régime
disciplinaire respectueux des spécificités de l'institution
judiciaire
- préciser les contours de la faute
disciplinaire au regard du régime disciplinaire en proposant
une nouvelle rédaction du texte permettant à la fois
d'éviter toute confusion entre l'exercice des voies de recours et le
pouvoir d'appréciation du CSM en matière disciplinaire et de
sanctionner les défaillances d'un magistrat sans attendre la
clôture d'une instance qui peut être très longue dans
certaines instructions (article 5 A) ;
- apporter une réponse simple, efficace et
impartiale aux justiciables s'estimant lésés par le
comportement d'un magistrat. La commission a jugé que la
procédure prévue par les députés, outre qu'elle
excédait les attributions du Médiateur, dont le rôle est
normalement de remédier à des dysfonctionnements administratifs,
apparaissait complexe et peu adapté aux spécificités de la
magistrature. Plutôt que de soumettre la saisine finale du CSM,
autorité disciplinaire, à trois filtres : un parlementaire, le
Médiateur de la République et le ministre de la justice ou les
chefs de juridiction, la commission a proposé que tout justiciable
puisse saisir directement une commission de transparence de la
justice. Cette commission, placée auprès du garde des
sceaux et rassemblant des personnes ayant l'expérience du milieu
judiciaire, dont une majorité de non-magistrats, aurait pour mission
d'examiner le bien-fondé des plaintes et, le cas échéant,
de les transmettre au garde des sceaux aux fins de saisine du CSM
(article 6 quinquies).
6. Mettre en place un dispositif adapté pour
répondre aux comportements pathologiques des magistrats
- instituer un comité médical national
ad hoc chargé d'examiner les comportements
pathologiques des magistrats avec davantage de pertinence que les
comités médicaux départementaux, par nature non
spécialisés (article 8).
La commission des lois a adopté le projet de
loi organique ainsi modifié.
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