N° 195
SÉNAT
SESSION ORDINAIRE DE 2006-2007
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Annexe au procès-verbal de la séance du 31
janvier 2007
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RAPPORT
FAIT
au nom de la commission des Lois constitutionnelles,
de législation, du suffrage universel, du Règlement et
d'administration générale (1) sur le projet de loi
constitutionnelle, ADOPTÉ PAR L'ASSEMBLÉE NATIONALE, relatif
à l'interdiction de la
peine de
mort,
Par M. Robert BADINTER,
Sénateur.
(1) Cette commission est composée de :
M. Jean-Jacques Hyest, président ;
MM. Patrice Gélard, Bernard Saugey, Jean-Claude Peyronnet,
François Zocchetto, Mme Nicole Borvo Cohen-Seat, M. Georges Othily,
vice-présidents ; MM. Christian Cointat, Pierre Jarlier,
Jacques Mahéas, Simon Sutour, secrétaires ; M.
Nicolas Alfonsi, Mme Michèle André, M. Philippe Arnaud, Mme
Eliane Assassi, MM. Robert Badinter, José Balarello, Laurent
Béteille, Mme Alima Boumediene-Thiery, MM. François-Noël
Buffet, Christian Cambon, Marcel-Pierre Cléach, Pierre-Yves Collombat,
Jean-Patrick Courtois, Yves Détraigne, Michel Dreyfus-Schmidt, Pierre
Fauchon, Gaston Flosse, Bernard Frimat, René Garrec, Jean-Claude Gaudin,
Charles Gautier, Philippe Goujon, Mme Jacqueline Gourault, MM. Charles
Guené, Jean-René Lecerf, Mme Josiane Mathon-Poinat, MM.
Hugues Portelli, Marcel Rainaud, Henri de Richemont, Jean-Pierre Sueur,
Mme Catherine Troendle, MM. Alex Türk, Jean-Paul Virapoullé,
Richard Yung.
Voir les numéros :
Assemblée nationale
(12ème législ.) :
3596, 3611 et T.A. 662
Sénat : 192
(2006-2007)
LES CONCLUSIONS DE LA
COMMISSION DES LOIS
Réunie le mercredi 31 janvier 2007 sous la
présidence de M. Jean-Jacques Hyest, président, la
commission des lois a examiné, sur le rapport de M. Robert Badinter
le projet de loi constitutionnelle n° 192 (2006-2007), relatif
à l'interdiction de la peine de
mort.
M. Robert Badinter s'est d'abord félicité de
l'initiative prise par le Président de la République d'inscrire
dans la Constitution la prohibition de la peine de mort. Après avoir
rappelé les passions suscitées par l'abolition en 1981, il a
souligné l'évolution considérable des esprits depuis
lors : 63 % des Français s'opposaient à l'abolition en
1981, la même proportion rejette son rétablissement en 2006.
Tout en observant que la révision constitutionnelle
permettrait de placer l'abolition au sommet de la hiérarchie des normes
dans notre ordre juridique interne et qu'elle revêtait à ce titre
une valeur politique et symbolique très forte, il a souligné que
depuis la ratification, le 31 décembre 1985, par la France du
protocole n° 6 additionnel à la Convention européenne
des droits de l'homme, l'abolition s'était vu conférer la force
d'un engagement international qui lui donnait un caractère
quasi-irréversible. Il a rappelé qu'aucun pays membre du Conseil
de l'Europe ne pratiquait aujourd'hui la peine de mort et que l'abolition
constituait aujourd'hui l'une des conditions de la coopération
judiciaire, en particulier en matière d'extradition.
Enfin, il a souligné les progrès de l'abolition
dans le monde, une majorité de pays ayant en droit ou en fait
renoncé à l'application de la peine de mort. Il a relevé
que la prohibition de la peine de mort constituait désormais un principe
du système juridique international et qu'ainsi cette peine avait
été écartée du statut des juridictions
pénales internationales pourtant appelées à juger les
crimes les plus graves.
La commission des Lois a alors adopté le projet de loi
constitutionnelle à l'unanimité.
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