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Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif aux transports routiers internationaux et au transit des voyageurs et des marchandises

 

II. L'ÉVOLUTION DE LA SITUATION ÉCONOMIQUE EN ALGÉRIE ET LES PERSPECTIVES DES RELATIONS ÉCONOMIQUES FRANCO-ALGÉRIENNES

La hausse des prix des hydrocarbures a permis à l'Algérie de rétablir sa situation financière et d'envisager un vaste programme de modernisation économique et d'investissements dans les infrastructures publiques.

Ce contexte est favorable à une intensification des relations économiques avec la France.

A. UNE SITUATION ÉCONOMIQUE TRÈS FAVORABLE

Sous l'effet de la conjoncture pétrolière, l'Algérie connaît aujourd'hui une situation économique extrêmement favorable.

Le taux de croissance annuel est passé de 2,1 % en 2001 à 5,3 % en 2005, avec un point haut à 6,3 % en 2003. Les projections pluriannuelles tablent sur un taux moyens de 5,3 % par an sur la période 2005-2009. Au total, le PIB est passé de 55 à 114 milliards de dollars entre 2001 et 2006, soit un doublement en cinq ans.

Les hydrocarbures ont joué un rôle moteur dans cette évolution. Ils représentent plus de 98 % des recettes d'exportation. Celles-ci ont fortement progressé ces dernières années, sous le double effet d'une augmentation des volumes exportés (près de 1,2 million de barils de pétrole brut par jour en 2005, contre 400 000 en 2000) et de l'évolution des prix. Dans le même temps, l'évaluation des réserves de gaz et de pétrole algériens a été revue à la hausse.

Cette situation génère un fort excédent commercial. Celui-ci s'élevait en 2005 à 26,8 milliards de dollars pour un montant total d'exportations de 46,4 milliards de dollars.

Les autorités monétaires algériennes maintiennent la parité fixe du dinar à un taux nominal sous-évalué, protégeant ainsi le secteur productif local. Cette politique qui vise à contenir les tensions inflationnistes, a entraîné une forte augmentation des réserves de change. Quasi-nulles avant 2000, elles approchent désormais 100 milliards de dollars. Une large partie de la dette publique extérieure a été remboursée par anticipation, la dette subsistante étant désormais inférieure à 5 milliards de dollars.

Alors que le taux de chômage officiel s'infléchit régulièrement (15,3 % en 2005 contre 29,5 % en 2000), l'abondance des recettes pétrolières permet de conjuguer un excédent budgétaire considérable (12,7 % du PIB en 2005 selon les estimations du FMI) et une politique volontariste de soutien de la croissance par la demande et l'investissement publics.

Après un plan de soutien à la relance économique d'un montant de 6,9 milliards de dollars pour la période 2001-2004, un programme beaucoup plus ambitieux a été engagé avec le plan complémentaire de soutien à la croissance qui prévoit quant à lui de mobiliser 140 milliards de dollars sur la période 2005-2009.

Cet assainissement de la situation financière est également propice à la mise en oeuvre de réformes visant à ouvrir l'économie, à moderniser des structures encore largement marquées par le poids de l'État et à diversifier les activités pour réduire la dépendance exclusive à l'égard des hydrocarbures, en développant le secteur des services et celui de la construction. Un accord d'association avec l'Union européenne est entré en vigueur en septembre 2005 et les négociations se poursuivent en vue de l'admission de l'Algérie au sein de l'OMC. La transition vers l'économie de marché, notamment par la privatisation d'entreprises publiques, est en cours.

L'Algérie réunit donc un certain nombre d'atouts, même si aujourd'hui, les paris de la diversification de l'économie, du rattrapage en matière d'infrastructures publiques et de l'adaptation des structures économiques sont loin d'être gagnés, malgré les moyens financiers disponibles.

S'agissant du plan complémentaire de soutien à la croissance, il comporte un programme de développement économique et de lutte contre le chômage dans les régions des Hauts plateaux et du Grand sud, un soutien au développement de l'agriculture, de la pêche, de l'industrie et du tourisme, un programme de modernisation des services publics (éducation et formation professionnelle, santé) ou encore la construction de plus de 1,2 million de logements.

Le domaine des transports est particulièrement concerné avec les infrastructures portuaires et aéroportuaires, mais aussi des projets ferroviaires (1 200 km de lignes nouvelles, électrification de 2 300 km de voies), des projets en matière de transports publics (métro d'Alger, tramways à Alger, Oran et Constantine) et des projets routiers, notamment la réalisation d'une autoroute est-ouest de 1 200 km reliant les principales villes du nord du pays (Tlemcen-Annaba), la réalisation d'une rocade au sud d'Alger et la création d'axes routiers nouveaux vers le Sud et les Hauts plateaux.

Ainsi, le transport routier est considéré comme un élément majeur du développement économique de l'Algérie dans les années à venir, ce qui renforce l'intérêt d'un accord comme celui conclu avec la France. On relèvera cependant que certains obstacles aux échanges perdurent, en particulier la fermeture de la frontière entre le Maroc et l'Algérie.