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Projet de loi de finances rectificative pour 2008 : rapport - volume 1 : exposé général et examen des articles 1er à 31 quater

 

b) Des plans de relance soutenant essentiellement les entreprises, et dans une moindre mesure l'investissement public et la consommation privée

D'un point de vue qualitatif, les principaux plans de relance en Europe peuvent être décomposés conformément au tableau ci-après.

Les principaux plans de relance en Europe, d'après Natixis

(en milliards d'euros, en points de PIB et en %)

 

Allemagne

France

Royaume-Uni

Italie

Espagne

Pays-Bas

Total 6 Etats

 

En milliards d'euros

Construction résidentielle

1,8

1,8

2,1

0,3

0,5

0

6,5

Infrastructures publiques

4,6

10,5

1,2

1,4

8

2

27,7

Entreprises

19,5

10,7

0,5

1,2

7,3

2

41,3

Consommation privée

4

2,5

15

2,6

2,4

1,8

28,3

Consommation publique

2

0

1,2

0

0,9

0

4,1

Total

31,9

25,5

20

5,5

19,1

5,8

107,9

 

En points de PIB

Construction résidentielle

0,1

0,1

0,1

0

0

0

0,1

Infrastructures publiques

0,2

0,5

0,1

0,1

0,7

0,4

0,3

Entreprises

0,8

0,5

0

0,1

0,6

0,4

0,4

Consommation privée

0,1

0,2

0,9

0,2

0,3

0,3

0,3

Consommation publique

0,1

0

0,1

0

0,1

0

0

Total

1,3

1,3

1,2

0,4

1,7

1

1,1

 

En % du plan de relance total du pays ou de la zone

Construction résidentielle

5,6

7,1

10,5

5,5

2,6

0,0

6,0

Infrastructures publiques

14,4

41,2

6,0

25,5

41,9

34,5

25,7

Entreprises

61,1

42,0

2,5

21,8

38,2

34,5

38,3

Consommation privée

12,5

9,8

75,0

47,3

12,6

31,0

26,2

Consommation publique

6,3

0,0

6,0

0,0

4,7

0,0

3,8

Total

100,0

100,0

100,0

100,0

100,0

100,0

100,0

Source : Sylvain Broyer, Costa Brunner, « Un comparatif des plans de relance européens », Flash économie n°564, 10 décembre 2008, Natixis

Les principaux plans de relance s'élèvent à près de 110 milliards d'euros (pour un objectif on l'a vu de 170 milliards d'euros au niveau de l'ensemble de l'Union européenne), et concernent essentiellement :

- pour 40 milliards d'euros (soit près de 40 %), les entreprises ;

- pour 30 milliards d'euros (soit plus de 25 %), les infrastructures publiques ;

- pour 30 milliards d'euros (soit plus de 25 %), la consommation privée.

Si on ajoute les 30 milliards d'euros prévus au niveau communautaire, qui doivent être « prélevés sur les budgets de l'UE et de la Banque européenne d'investissement »17(*), au niveau de l'Union européenne les investissements publics représentent 30 % du plan, les mesures en faveur des entreprises 40 % et celles en faveur de la consommation privée 20 %.

Le pays qui s'écarte le plus de ce modèle est le Royaume-Uni. Si l'on considère que la TVA est un impôt sur les ménages, ce qui d'un point de vue économique doit être nuancé, son plan ne vise quasiment pas les entreprises, et tend pour 75 % à soutenir la consommation des ménages. Ainsi, la mesure essentielle du plan de relance britannique consiste à ramener temporairement le taux de TVA de 17,5 % à 15,5 % du 1er décembre 2008 au 31 décembre 2009.

L'Italie suit un modèle analogue, avec près de 50 % de son plan tendant à soutenir la consommation privée. Cependant, la caractéristique essentielle du plan italien est, on l'a vu, sa faible ampleur.

Les plans des autres pays peuvent être caractérisés de la manière suivante :

- l'Allemagne privilégie nettement les entreprises (60 % du montant du plan) ;

- l'Espagne et la France privilégient les infrastructures publiques (respectivement 40 % et 20 % du montant du plan), au prix d'un faible soutien de la consommation (environ 10 % du montant du plan) ;

- les Pays-Bas répartissent leur effort de manière équilibrée entre infrastructures publiques, entreprises et consommation privée.

* 17 Commission européenne, communiqué de presse du 27 novembre 2008. On suppose, par convention, que ces 30 milliards d'euros sont également répartis entre investissements publics et entreprises.