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Projet de loi de finances rectificative pour 2009

 

2. Faut-il aller plus loin en 2009 ?

a) L'amplification de l'effort de relance en 2009 présenterait d'importants inconvénients
(1) Le déficit public est déjà important

Le déficit et la dette publics français sont déjà particulièrement élevés, comme l'indique le graphique ci-après.

Le déficit et la dette publics français

(en points de PIB)

Source : Insee

Depuis 1990 le déficit public a été de 3,4 points de PIB en moyenne, ce qui est exactement égal au déficit public de 2008. En France, un déficit public important n'est donc pas un accident dû à la conjoncture, mais le résultat de la politique de finances publiques menée par les gouvernements successifs.

En conséquence de ce déficit public persistant, la dette publique est passée de 21,1 points de PIB en 1978 à 35,2 points de PIB en 1990 et 67,3 points de PIB en 2008.

(2) Le supplément de déficit risquerait de ne pas être résorbé avant longtemps

La France doit donc être particulièrement prudente en matière de relance budgétaire. Elle peut moins que d'autres Etats accroître son déficit public de manière pérenne.

Or, la consolidation budgétaire est coûteuse en termes de croissance. Une relance budgétaire qui augmenterait la croissance d'1 point en 2009 la réduirait d'1 point lorsque, plus tard, les mesures seraient prises pour résorber le supplément de déficit correspondant.

On peut bien sûr, « sur le papier », prévoir des plans de relance gigantesques pour 2009, mais quand pense-t-on réaliser cette indispensable consolidation : en 2010 (comme le prévoit actuellement le gouvernement), alors qu'il n'est même pas certain que la croissance soit positive ? En 2011 et en 2012, les échéances électorales ne devraient pas faciliter l'exercice. Au-delà, le gouvernement alors en place étant confronté au défi redoutable, et décourageant, de résorber le déficit structurel le plus élevé de l'histoire de notre pays ? Il n'est pas sûr que le consensus en France sur la nécessité de maîtriser la dette soit suffisant pour qu'un tel scénario apparaisse comme crédible et puisse justifier des sacrifices en matière de finances publiques.

Une forte augmentation du déficit structurel dans le cadre de la politique de relance serait inévitablement perçue par les acteurs économiques comme la fin des efforts de consolidation budgétaire, et l'abandon de facto du pacte de stabilité. La France serait alors confrontée à une augmentation des taux de sa dette souveraine, ce qui, avec le niveau alors très élevé qu'aurait atteint la dette publique, l'obligerait à consacrer une part encore plus considérable qu'aujourd'hui de ses dépenses publiques à la charge de la dette. Par ailleurs, les ménages, anticipant des hausses d'impôt, pourraient renforcer leur épargne, ce qui ne serait pas favorable à la croissance.

Cette situation concerne du reste l'ensemble des Etats du G20, comme le montre le tableau ci-après.

Le solde public des Etats du G20, selon le FMI

(en points de PIB)

 

2007

2008 (p)

2009 (p)

2010 (p)

Argentine

-2,3

-0,5

-3,6

-2,3

Australie

1,6

0,1

-2,2

-2,8

Brésil

-2,2

-1,5

-1

-0,8

Canada

1,4

0,4

-3,2

-3,7

Chine

0,9

-0,3

-3,6

-3,6

France

-2,7

-3,1*

-6*

-6,2*

Allemagne

-0,2

-0,1

-4

-5,2

Inde

-5,2

-8,4

-10

-8,6

Indonésie

-1,2

0,1

-2,5

-2,1

Italie

-1,5

-2,7

-4,8

-5,2

Japon

-3,4

-5

-8,1

-8,3

Corée du Sud

3,8

1,2

-2,2

-3,2

Mexique

-1,4

-1,9

-3,2

-2,9

Russie

6,8

4,2

-5,2

-5,1

Arabie Saoudite

15,8

35,5

-8,3

-6,5

Afrique du Sud

0,9

-0,1

-2,7

-3,4

Turquie

-2,1

-3

-4,2

-3,3

Royaume-Uni

-2,7

-5,5

-9,5

-11

Etats-Unis

-2,9

-5,9

-7,7

-8,9

Etats du G20

-1,1

-2,6

-5,9

-6,3

Pour mémoire : Etats de l'UE membres du G20

-1,6

-2,7

-6

-6,9

* Les prévisions du FMI ne prennent pas en compte le fait que le gouvernement a révisé sa prévision de déficit public pour 2008 à 3,4 points de PIB.

Source : FMI, « Group of Twenty - Meeting of the Ministers and Central Bank Governors - March 13-14, 2009 - London, U.K. - Global Economic Policies and Prospects », note de l'administration du FMI, mars 2009