Allez au contenu, Allez à la navigation



Projet de loi relatif au plan d'aménagement et de développement durable de Corse

12 octobre 2011 : Corse ( rapport - première lecture )

C. DES POINTS FAIBLES PERSISTANTS

1. Les contraintes de l'insularité et du relief

Le développement économique de la Corse se trouve inévitablement soumis aux contraintes de l'insularité. Il s'agit là d'une donnée naturelle qui conditionne toutes les activités humaines.

L'éloignement géographique par rapport au continent constitue une entrave aux échanges économiques et un facteur de renchérissement des coûts et des prix. Même s'il est largement compensé par la mise en oeuvre financière du principe de « continuité territoriale », et partiellement effacé par les nouvelles technologies numériques de communication, c'est néanmoins une réalité qui distingue la Corse de toutes les autres régions de France métropolitaine.

Globalement, les infrastructures portuaires et aéroportuaires corses sont de bon niveau et correctement dimensionnées, avec quatre aéroports (Ajaccio, Figari, Bastia et Calvi) et sept ports de commerce, dont deux régionaux (Ajaccio et Bastia) et cinq départementaux (Propriano, Bonifacio, Porto-Vecchio, Île Rousse et Calvi).

Mais il ne suffit pas de réussir à joindre les rivages de la Corse : il faut encore pouvoir s'y déplacer. Or, le relief montagneux et compartimenté de l'île rend difficiles les transports terrestres.

Le réseau routier a bénéficié d'importantes améliorations dans le cadre du programme exceptionnel d'investissement (PEI), mais ses capacités et ses fonctionnalités demeurent médiocres dans tout l'intérieur de l'île. Il faut deux heures et demie à trois heures pour parcourir les 150 kilomètres de route qui séparent Ajaccio de Bastia, et des points de congestion importants subsistent aux entrées de ces deux villes.

Le réseau ferroviaire, dont le parc matériel obsolète ne répond plus aux attentes des usagers, ne joue plus qu'un rôle économique marginal.

L'insularité se traduit également par une certaine fragilité sur le plan énergétique, la Corse ne pouvant pas s'insérer dans le réseau électrique national. D'une puissance installée maximale de 507 MW, le système de production d'électricité n'a pas évolué en fonction de besoins en augmentation rapide (+ 3,8 % par an de 1994 à 2004). Une solution a été trouvée avec la mise en service en 2006 du câble SARCO entre la Corse et la Sardaigne, d'une puissance de 100 MW. Mais des investissements en production demeurent nécessaires, les deux centrales thermiques de base d'Ajaccio-Vazzio et de Bastia-Lucciana étant vieillissantes, avec un taux d'indisponibilité élevé et un niveau d'émission de polluants atmosphériques élevé.