B. LES DOMAINES DE LA COOPÉRATION

Si l'on excepte l'assistance économique évoquée plus loin, trois domaines de coopération apparaissent prioritaires : les questions diplomatiques et militaires, la culture, la constitution d'un État de droit.

1. La diplomatie et les problèmes de défense

Des différents domaines ouverts à la concertation entre les deux parties, un pôle d'intérêt commun se dégage fortement : les questions de sécurité en Europe (art. 2. 3. 4. 7. 9). L'article 4 en particulier insiste sur la nécessité d'une position concertée dans l'hypothèse où les circonstances affecteraient directement la sécurité de la France ou du Kirghizistan. L'article 9 souligne l'attachement commun au processus de désarmement et plus particulièrement la décision du Kirghizistan d'adhérer au traité de non-prolifération nucléaire en tant qu'État non doté d'armes nucléaires.

Sur un plan proprement bilatéral, l'article 10 prévoit des échanges de vues sur les problèmes de défense nationale. Dans le domaine de la coopération militaire, la seule opération conduite à ce jour concerne la formation en langue française de jeunes officiers kirghiz.

2. La coopération culturelle et scientifique

L'article 17 considère plusieurs champs de coopération : l'enseignement, la culture, la science et la technique, pour lesquels il prévoit l'élaboration de programmes communs et le développement des contacts entre établissements d'enseignement supérieur. Sans que les moyens d'action précis soient envisagés, les médias, le sport et le tourisme appellent également la coopération entre les deux pays.

Qu'en est-il aujourd'hui de la coopération culturelle avec le Kirghizistan ? Pour 1995, les crédits réservés aux actions de ce type s'élèvent à 1 million de francs (contre 0,7 million de francs en 1995) : 0,59 million de francs pour la coopération culturelle et linguistique, 0,40 million de francs pour la coopération scientifique et technique. 10 000 francs pour l'action audiovisuelle extérieure.

Des actions engagées, semble se dégager une priorité en faveur de la formation linguistique, bien que l'enseignement du français se heurte à la concurrence des langues anglaise, allemande et turque. Les actions de formation sur place bénéficient de la présence d'un attaché linguistique en poste depuis 1992 et d'une cinquantaine de professeurs de français. En outre, quelques bourses ont été accordées. En 1995 la politique linguistique privilégiera la rédaction de manuels du primaire, la fourniture de matériels pédagogiques aux établissements secondaires, ainsi que l'amélioration de la formation des professeurs de français.

3. L'aide au renforcement de l'État de droit

La coopération dans ce domaine -que l'article 20 du traité entend promouvoir- passe par deux voies distinctes : la coopération juridique et la sécurité publique. Seule l'assistance administrative s'est aujourd'hui concrétisée : formation à l'Institut international d'administration publique de trois hauts fonctionnaires kirghiz en 1993 et 1994 ; organisation cet automne, sous les auspices de la France, d'un séminaire destiné à présenter aux fonctionnaires kirghiz l'organisation de notre administration et de notre justice.

La coopération juridique, mais aussi et surtout celle portant sur la lutte contre le trafic de stupéfiants à laquelle fait référence l'article 20, souhaitée très vivement par nos partenaires, n'a pour l'heure fait l'objet d'aucune réalisation. Voilà deux domaines où, d'après votre rapporteur, la France devrait pourtant porter ses efforts.

Ainsi le champ d'action envisagé apparaît très vaste, même s'il convient de relever l'absence de stipulation particulière relative au domaine de la santé où pourtant les besoins du Kirghizistan sont considérables (la France du reste a été le premier des partenaires européens à apporter en 1992 une aide sanitaire au Kirghizistan).

Le bilan de la coopération reste mince ; le Traité pose un cadre juridique favorable au développement de l'action française.

L'article 22 précise que l'accord est conclu pour une durée de dix ans, tacitement reconductible de cinq ans en cinq ans.

Les articles 11 et 12 du Traité appelaient la mise en oeuvre d'une coopération économique (en particulier dans les domaines de l'agriculture, des ressources minières. du tourisme, des transports et des télécommunications). L'accord sur la protection réciproque des investissements signé le même jour que le traité d'amitié, apporte à cette action les garanties nécessaires.

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