Allez au contenu, Allez à la navigation



Projet de loi de finances pour 1997

 

B. LES RÉSULTATS FINANCIERS DES PORTS AUTONOMES RESTENT NÉGATIFS

1. Une évolution d'ensemble préoccupante

Le chiffre d'affaires des ports autonomes français correspond à leurs prestations de services : droits de port, taxes d'outillage, recettes des domaines et concessions, autres prestations de services. Il s'est établi à 3,104 milliards de francs en 1995, en légère progression par rapport à celui de 1994 (3,090 milliards de francs).

La composition du chiffre d'affaires est stable depuis 1993 : les droits de port constituent 52,2 % du chiffre d'affaires de l'ensemble des ports autonomes, les recettes d'outillage assurent 29,5 % du total des recettes et les produits des domaines en représentent 14,5 %.

Selon les dernières prévisions des ports autonomes, un chiffre d'affaires de 3,233 milliards de francs pourrait être atteint en 1996.

Après avoir connu une longue période de déficit, le résultat net global des ports métropolitains est redevenu positif de 1988 à 1992. En raison des conflits sociaux persistants au Havre et à Marseille, de la conjoncture économique morose et de phénomènes externes tels que la baisse des importations de charbon par EDF, l'année 1993 a connu un résultat net négatif de - 42 millions de francs.

En 1995, les ports se sont engagés dans une réduction significative de certains de leurs postes de dépenses, afin de réduire le déficit d'exploitation, qui ne représentait plus que 4,3 millions de francs.

Mais pour 1996, les prévisions sont à nouveau pessimistes, en raison de la baisse des trafics céréaliers qui affecte particulièrement le port de Rouen. Le résultat global devrait, selon les prévisions des ports, connaître un déficit de 22 millions de francs.

2. Des situations financières contrastées

a) Dunkerque : une situation financière fragile

La situation financière du port est actuellement très fragilisée sous l'effet de la chute des trafics de minerais et de céréales, et de la baisse de l'activité transmanche.

Les trafics cumulés des sept premiers mois de l'année 1996 sont en recul de plus de 16 % par rapport à la même période de l'année précédente. Si les produits pétroliers progressent de 4,3 % par rapport à 1995, les autres vracs diminuent de 16 % et les marchandises diverses de près de 45 %. L'activité transmanche a diminué, sur la même période de plus de 60 %.

(en millions de francs)

 

1990

1991

1992

1993

1994

1995

Chiffre d'affaires

Excédent brut d'exploitation

Résultat net

409,7

107,3

-8,2

434,2

144,8

10,4

442,9

147,6

10,3

457,9

123,5

15,5

448,3

114,6

4,3

444,3

83,3

0,8

b) Le Havre : une situation financière saine

Le port autonome du Havre a réalisé en 1995 un chiffre d'affaires de 767 millions de francs, en augmentation de 2 % par rapport à celui de 1994, et prévoit pour l'année 1996 une augmentation de plus de 3 % de ses recettes d'exploitation.

Le Havre a enregistré en 1995 un bénéfice de 9,3 millions de francs et ses indicateurs financiers fondamentaux sont sains. Depuis plusieurs années, le port poursuit, en effet, une politique de désendettement, qui lui a permis de redresser sa capacité d'autofinancement.

(en millions de francs)

 

1990

1991

1992

1993

1994

1995

Chiffre d'affaires

783,3

803,9

767,6

798,3

751,2

767,1

Excédent brut d'exploitation

271,3

272,5

202,5

216,1

186,8

238,5

Résultat net

10,5

1,1

-15,8

-7,5

-14,0

9,3

c) Rouen : de graves sujets d'inquiétude

Le port de Rouen, qui était le premier port exportateur de blé mondial et le premier port céréalier européen, subit de plein fouet depuis 1994 la chute des exportations de céréales, sous l'effet de la réforme de la politique agricole commune. Les exportations de céréales sont, en effet, passées de plus de 8 millions de tonnes en 1993 à 5,7 millions de tonnes en 1994 et 6,4 millions de tonnes en 1995. Les prévisions pour 1996 ne sont guère plus optimistes avec un résultat qui devrait se situer autour de 4 millions de tonnes.

Malgré la croissance importante des trafics de marchandises diverses depuis le plein succès de la réforme de la manutention dans ce port et un plan de restructuration mis en oeuvre par le port dès la première crise céréalière, les déficits d'exploitation cumulés résultant de la chute de l'activité céréalière s'élèvent à présent à 100 millions de francs.

(en millions de francs)

 

1990

1991

1992

1993

1994

1995

Chiffre d'affaires

Excédent brut d'exploitation

Résultat net

310,4

105,2

-5,2

320,1

125,1

6,7

345,9

122,1

9,7

354,6

115,3

-11,4

325,9

92,2

-35,8

329,4

114,0

-18,3

d) Nantes-Saint-Nazaire : un net redressement

Le port autonome de Nantes-Saint-Nazaire a vu sa situation financière se fragiliser entre 1991 et 1994, sous l'effet, principalement, de la diminution du chiffre d'affaires et de la progression de certaines charges, en raison notamment d'un important programme d'entretien et de mise à niveau de l'outillage.

Pour remédier à cette évolution, le port a réduit ses programmes d'investissement et cessé tout recours à l'emprunt au cours des dernières années. En 1995, l'établissement portuaire a également diminué sensiblement le montant du poste achats et services extérieurs (- 8,3 %).

Sous l'effet de ces mesures et d'une évolution plus favorable des trafics, les indicateurs financiers traduisent, en 1995, une amélioration de la situation : augmentation de l'excédent brut d'exploitation et de la marge nette d'autofinancement, en raison de la diminution de la dette.

(en millions de francs)

 

1990

1991

1992

1993

1994

1995

Chiffre d'affaires

Excédent brut d'exploitation

Résultat net

355,8

147,8

64,7

373,6

153,0

31,1

375,2

132,6

9,8

333,4

99,8

4,9

338,5

105,4

9,4

342,2

114,5

13,6

e) Bordeaux : une baisse d'activité préoccupante

L'activité du port de Bordeaux a connu une récession importante en 1995 : le trafic a en effet chuté de 4,5 % par rapport à l'année précédente pour atteindre un total de 8,9 millions de tonnes. Les résultats cumulés des huit premiers mois de 1996 sont en retrait de plus de 8 % par rapport à ceux de la même période de l'année 1995, sous l'effet de la poursuite de la diminution des importations de produits raffinés et des exportations de céréales.

Les efforts de rigueur de gestion réalisés depuis plusieurs années par le port, qui a réduit significativement ses charges de personnel, lui ont permis d'améliorer une situation financière qui reste, cependant, fragile.

(en millions de francs)

 

1990

1991

1992

1993

1994

1995

Chiffre d'affaires

Excédent brut d'exploitation

Résultat net

184,8

27,4

3,5

178,9

30,2

20,9

176,5

16,6

2,3

174,9

15,0

-14,1

178,6

30,5

-6,6

170,3

35,2

-4,0

f) Marseille : amélioration de la situation prévue pour 1996

En 1995, le port autonome de Marseille a enregistré une réduction de son activité globale, avec un trafic de 87,9 millions de tonnes, en retrait de 4,7 % par rapport à celui de 1994, en raison de la diminution des trafics d'hydrocarbures liée à la crise du secteur du raffinage européen. Le chiffre d'affaires de 906 millions de francs est toutefois resté très proche de celui réalisé en 1994 (910 millions de francs).

L'activité du port devrait s'améliorer en 1996, avec la croissance observée de l'ensemble des trafics : les résultats cumulés des huit premiers mois de l'année 1996 sont, en effet, supérieurs de près de 8 % à ceux de la même période de l'année précédente.

(en millions de francs)

 

1990

1991

1992

1993

1994

1995

Chiffre d'affaires

Excédent brut d'exploitation

Résultat net

862,4

252,4

1,5

892,9

274,7

17,1

903,9

264,4

0,1

905,2

241,6

-29,8

910,8

231,1

-3,5

906,3

205,6

-5,6