II. LA DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS (DGI)

La DGI est soumise dans chacune de ses missions à de fortes pressions.

Les orientations nationales fixées en mars 1996 traduisent les priorités de la DGI :

"maintenir les résultats acquis en particulier en matière d'accélération des travaux d'assiette ;

mieux satisfaire les besoins du public en prévenant les erreurs et en améliorant l'accessibilité des services ;

lutter contre la défaillance fiscale en effaçant les écarts entre la réalité et les fichiers ;

lutter contre les nouveaux risques de fraudes".

Selon la présentation qui en est faite dans le document présentant le budget des services financiers, la direction générale des impôts exerce quatre missions principales :

l'assiette de la quasi totalité des impôts perçus pour le compte de l'Etat et des collectivités territoriales et des taxes collectées au profit de divers organismes ;

le contrôle de l'impôt ;

le recouvrement de certains impôts ;

la conduite des activités foncières et domaniales avec, en particulier, les activités cadastrales -évaluations foncières et mise à jour du cadastre-, les activités de publicité foncière et les activités domaniales -administration du patrimoine mobilier et immobilier de l'Etat, évaluation de certains biens immobiliers...-.

A. L'AMÉLIORATION DES TRAVAUX D'ASSIETTE

Selon le projet de budget pour 1998, les principaux indicateurs de l'activité d'assiette de la DGI prendraient les valeurs suivantes :

Nombre Montant

Rôles d'impôt sur le revenu homologués 16.400.000 articles 311.500 millions de F
au cours de l'année

Rôles d'impôts directs locaux homologués 63.200.000 articles 342.170 millions de F
au cours de l'année

Evaluations fixées par les services du 2.500.000 évaluations
cadastre (propriétés bâties et non bâties)

Contentieux : nombre de réclamations 4.000.000
gracieuses reçues

Nombre de redevables de la TVA (1995) 3.064.940

Nombre de redevables BIC-IS (1995) 2.333.296

Nombre de redevables BNC (1995) 553.349

Nombre de redevables BA (1995) 766.472

Une très légère diminution du plan de charge serait à observer par rapport aux données indiquées l'an dernier.

La première priorité retenue en la matière est toujours d'accélérer les travaux afin de transmettre plus tôt les avis d'imposition aux contribuables.

Cet effort répond évidemment à la préoccupation de disposer plus rapidement dans l'année des recettes fiscales ce qui est évidemment de nature à améliorer les conditions de gestion de la trésorerie de l'Etat.

Ce souci général trouve une application particulière en matière d'impôts locaux. En ce qui les concerne, l'Etat verse dès le premier mois de l'année une série de douzièmes provisionnels alors que le produit des rôles n'est recouvré qu'à l'automne.

L'accélération des travaux d'assiette ne doit cependant pas nuire à leur qualité.

De ce point de vue, il faut remarquer que si la part des déclarations traitées avant le 15 septembre a augmenté pour l'impôt sur le revenu et pour la taxe d'habitation notamment -pour cette dernière, la part des avis d'imposition compris dans le premier rôle payable au 15 novembre est passée de 64,2 à 71,1 % du total entre 1992 et 1996-, le nombre des réclamations qui était resté stable, s'est beaucoup accru en 1996 (+ 8 %)

Leur répartition est "grosso modo" la suivante : 35 % concernent la taxe d'habitation, 30 % l'impôt sur le revenu, soit une hausse sensible de 4 points, 18 % la taxe professionnelle et 11 % les taxes foncières.

L'accroissement du nombre des réclamations n'est pas un bon résultat : leur traitement est consommateur de moyens et les anomalies relevées entraînent un ensemble de mécontentements profondément contraires à l'acceptation collective de l'impôt. Pour y remédier, les principaux moyens mis en oeuvre ont consisté à rapatrier dans les centres des impôts les charges de saisie dont étaient jusqu'alors chargés les centres informatiques afin d'assurer un meilleur repérage des anomalies, à développer des applications informatiques pour filtrer les déclarations et à mieux coordonner dans le temps le traitement de l'impôt sur le revenu et de la taxe d'habitation.

Ces mesures exercent une pression importante sur les services des centres des impôts dont les tâches de pure exécution sont accrues.

Elles ont un temps semblé avoir donné des résultats positifs en apportant une amélioration de la qualité des travaux qui s'était traduite en particulier par une réduction importante des réclamations contentieuses en matière d'impôts locaux (2.130.000 réclamations contentieuses portaient sur la taxe d'habitation et les taxes foncières en 1991, 1.528.000 en 1995). Mais l'année 1996 enregistre de ce point de vue une dégradation des performances, les réclamations augmentant de 8 % pour l'ensemble des impositions locales et, même, de 11 % en ce qui concerne la taxe professionnelle. Les problèmes les plus aigus semblent provenir du plafonnement de la taxe professionnelle par rapport à la valeur ajoutée. De façon générale, la complexification de la législation fiscale, associée à la dégradation de la situation économique et sociale des contribuables, provoquent d'importantes difficultés d'administration.

La résolution de ces difficultés s'impose, mais leur prévention serait préférable . Elle permettrait d'éviter qu'on renonce à d'autres tâches importantes de gestion de l'impôt comme le contrôle de la réalité des bases imposables et de favoriser l'effort entrepris pour améliorer l'insertion des services dans leur milieu et les relations nouées avec les contribuables.

Les thèmes associés à ce dossier

Page mise à jour le

Partager cette page