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B. LE SENTIMENT D'INSÉCURITÉ DE NOS CONCITOYENS AUGMENTE NOTABLEMENT

Comme votre rapporteur l'a souligné l'année dernière, il existe un décalage entre l'amélioration des statistiques globales et la perception de leur sécurité par les citoyens. Ceci s'explique par plusieurs facteurs objectifs.

· La forte croissance d'une délinquance de proximité qui affecte les Français dans leur vie quotidienne.

Depuis 12 ans, les dégradations et les coups et blessures volontaires ont doublé. En 1996, les vols avec violence et les coups et blessures ont continué à croître de plus de 6 %.

La violence est donc objectivement plus présente dans la vie quotidienne de chacun.

· La non élucidation des infractions de proximité est fréquente. Alors que le taux d'élucidation de la criminalité organisée atteint 70 % et qu'il est en moyenne de 30,2 % pour l'ensemble des infractions, il s'établit aux alentours de 10% pour la délinquance de voie publique.

La faiblesse de l'action répressive aggrave encore ce phénomène puisque, dans certaines juridictions, près de 90 % des affaires élucidées en ces matières sont classées sans suite par les parquets faute de moyens pour les traiter. Votre rapporteur avait déjà signalé l'année dernière cette rupture de la chaîne répressive. Le classement sans suite ne doit pas être une solution pour pallier l'encombrement des tribunaux.

Il s'ensuit un sentiment d'impunité qui encourage la délinquance, démotive profondément la police et dissuade les citoyens eux-mêmes de porter plainte.

Pour ces raisons, les statistiques de la délinquance de proximité sont certainement minimisées.

· L'apparition, à côté d'une réelle délinquance, de " comportements incivils " qui, même s'ils ne sont pas toujours réprimables pénalement, sont durement ressentis par les populations concernées.

L'ensemble de ces phénomènes se concentre principalement dans les banlieues et les quartiers défavorisés dont les habitants ont le sentiment d'être à l'écart des services de l'Etat en devenant de fait des citoyens de deuxième rang, condamnés à vivre dans des zones de non-droit en contact quotidien avec la violence urbaine et la multiplication des trafics.

Le ministère de l'intérieur a déterminé 673 quartiers sensibles en proie à la violence urbaine. Parmi ceux-ci, 132 dont 55 en région Ile de France, sont régulièrement le siège de violences anti-policières.

Il convient d'enrayer cette dégradation du niveau réel de sécurité au quotidien et de restaurer sur l'ensemble du territoire la légalité républicaine.

Votre rapporteur a souvent rappelé que la sécurité est une condition essentielle de l'exercice de la liberté. Les déclarations récentes du Premier ministre, le 25 octobre 1997, au colloque de Villepinte, semblent confirmer que cette perception de la liberté, directement issue de notre déclaration de l'Homme et du citoyen, est aujourd'hui largement partagée.

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