II. L'ÉNERGIE CONSTITUE UN ENJEU
D'IMPORTANCE
Deux
milliards d'individus n'ont pas aujourd'hui accès à
l'électricité. L'arrivée sur le marché de ces
nouveaux consommateurs des pays en voie de développement pèsera
sur le marché énergétique mondial au cours des prochaines
décennies, et ce d'autant plus que les ressources
énergétiques de la planète sont mal réparties.
A. UNE DEMANDE EN FORTE CROISSANCE, LIÉE AU
DÉVELOPPEMENT DES NOUVEAUX PAYS
INDUSTRIALISÉS
1. Les scénarios de consommation
énergétique
L'IIASA
(International Institute for Applied System Analysis) a préparé
pour le CME (Conseil mondial de l'Énergie) trois familles de
scénarios qui aboutissent à des consommations différentes
mais toujours en forte hausse.
Les scénarios A supposent une forte croissance économique et
des progrès technologiques notables. Le premier prend pour
hypothèse l'abondance du pétrole et du gaz. Le deuxième
envisage une raréfaction de ces deux sources, compensée par un
retour au charbon. Le troisième accorde une place plus importante au
développement du nucléaire et des énergies renouvelables.
Le scénario B (" business as usuel ") suppose une
croissance plus faible et une faible amélioration de la technologie.
Les scénarios C sont " écologiques ". Ils
supposent des progrès technologiques importants, une coopération
internationale tournée vers la protection de l'environnement et une
réduction satisfaisante de l'intensité
énergétique2(*).
L'un envisage le nucléaire comme une énergie transitoire
relayée d'ici la fin du siècle prochain par les énergies
renouvelables. L'autre privilégie l'utilisation d'une énergie
nucléaire bien acceptée par le public et dont la part progresse
jusqu'en 2050.
Ces prévisions aboutissent à des hausses de la demande mondiale
d'énergie primaire plus ou moins fortes et surtout à des parts
très différenciées des différentes sources
d'énergie.
En tout état de cause, pour une population estimée à
10 milliards d'habitants en 2050, la demande mondiale d'énergie
primaire passerait de 9,2 milliards de tep en 1990 à
un niveau compris entre 11,4 et 15,4 milliards de tep en
2020 puis à un niveau compris entre 14,2 milliards de
tep et 24,8 milliards de tep en 2050.