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4. La Grande-Bretagne a su concilier libéralisme et promotion des énergies renouvelables

Bien que leur part dans la production électrique reste très marginale (1 % de la consommation d'électricité en 1995, contre 6 % pour l'Union européenne), les énergies renouvelables bénéficient d'un potentiel incontestable au Royaume-Uni. Le marché des énergies renouvelables a notamment été stimulé par l'introduction de la clause NFFO (Non Fossil Fuel Obligation) instituée en 1989. Les sommes prélevées grâce à une taxe de 1 % sur la consommation d'énergie fossile sont ensuite redistribuées aux industriels qui produisent de l'énergie à partir de sources non fossiles : elles sont destinées à 97 % au nucléaire et à 3 % aux énergies renouvelables. La NFFO sert à financer des projets sélectionnés par le ministère du commerce et de l'industrie par l'intermédiaire d'appels d'offre.

La politique dite d'ouverture de marché s'appuie en effet en Grande-Bretagne (comme en Irlande ou en Italie) sur la réservation d'un segment quantitativement déterminé du marché électrique à la production indépendante par énergies renouvelables : l'objectif est de porter la capacité installée à 1.500 MW sur le marché anglo-gallois d'ici l'an 2000 (incluant les "assimilés", c'est-à-dire la production par résidu ou gazéification).

Ce type de politiques est beaucoup plus directif que celui consistant à afficher des objectifs quantifiés et à laisser jouer l'incitation constituée par le seul affichage de prix d'achat élevés, comme c'est le cas en Allemagne. Il s'appuie sur des appels d'offre successifs pour un montant précis de capacités à installer. Ceux-ci s'accompagnent d'une sélection sur la base du critère de prix offerts par les candidats. Les projets sélectionnés se voient alors attribuer un contrat d'achat d'électricité de long terme (quinze ans) à prix garanti, qui correspond au prix de rentabilisation du projet proposé initialement par le candidat.

Les règles ne sont pas figées. Elles peuvent évoluer au fur et à mesure de l'apprentissage de cette pratique incitatrice. Ainsi, à partir du deuxième appel d'offres sur la niche britannique de la NFFO, l'appel a été segmenté par techniques pour éviter la concurrence entre techniques de niveau de maturité différente. A partir du troisième appel d'offres, les candidats se sont vus offrir des contrats de quinze ans au lieu de huit ans, et une rémunération au prix qu'ils proposaient au lieu du prix du projet marginal sélectionné lors des appels précédents.

L'exemple britannique montre que l'organisation libéralisée des industries électriques sous l'effet de la dérégulation n'est pas antinomique de la mise en oeuvre de politiques très actives de soutien à la diffusion des énergies renouvelables. Il s'agit seulement d'isoler une petite partie des nouveaux marchés électriques de la règle concurrentielle générale - ce qui n'empêche pas d'appliquer un principe concurrentiel pour la sélection des projets - et d'éviter de fausser la concurrence en faisant porter pour cela la charge financière de l'aide aux énergies renouvelables sur l'ensemble de l'électricité par une taxe au niveau du transport.

Le prix d'achat de la production éolienne est ainsi passé de 0,93 F/kWh à 0,33 F/kWh entre le premier appel d'offres (1991) et le quatrième (1996)39(*). L'énergie éolienne britannique est la moins chère d'Europe après celle des Pays-Bas.

Néanmoins, bien que le Royaume-Uni dispose du plus grand potentiel d'Europe en matière d'énergie éolienne, il y a des limitations à la disponibilité du territoire pour les sites de turbines dues aux contraintes physiques (présence de villes, villages, lacs, bois, routes...) et institutionnelles, comme la protection de certains lieux du territoire. De plus, les turbines doivent être placées à une certaine distance les unes des autres, ce qui réduit la ressource théorique accessible. Quant à la technologie offshore, si elle représente un important potentiel, elle requiert des développements supplémentaires avant de pouvoir être effectivement exploitée.

En résumé, le potentiel onshore accessible est estimé à 340 Twh/an et offshore à 380 Twh/an. L'exploitation de ce potentiel est impossible car cela nécessiterait que de larges régions du pays se couvrent d'éoliennes.

A l'avenir, la taxe sur les énergies fossiles devrait disparaître, conformément aux engagements pris auprès de Bruxelles. Mais la Commission a, semble-t-il, accepté son prélèvement à un taux plus faible, au seul bénéfice des énergies renouvelables.

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