B. LA PART LIMITÉE DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

Les crédits concourant à l'action extérieure de la France sont répartis entre 28 sections budgétaires.

Toutefois, quatre d'entre elles représentent environ 80 % des crédits : les affaires étrangères, les charges communes, les comptes spéciaux du Trésor et le budget civil de recherche et développement.

Le budget des affaires étrangères représente à lui seul 40,7 % des crédits avec 20,8 milliards de francs sur le total de 50,9 milliards de l'action extérieure. Dans le cadre de la réforme de l'aide publique au développement, ce budget inclut les moyens de l'ancien ministère délégué à la coopération. Ce budget unifié s'inscrit en baisse de 0,7 % par rapport à 1998.

Les parties du budget des charges communes et des comptes spéciaux du Trésor consacrées à l'action extérieure s'élèvent à 17,4 milliards de francs pour 1999, ce qui représente 34,3 % de l'action extérieure. Ces crédits sont en augmentation de 1,7 % par rapport à 1998, après avoir diminué de près d'un quart cette année par rapport à 1997.

Ils ne retrouvent toutefois pas leur niveau de 1996, qui était de 21 milliards de francs. Cette forte baisse s'explique par la diminution des annulations et consolidations de dettes grâce à la résorption progressive de la crise de la dette dans les pays en développement et, d'autre part, par le retard enregistré dans le programme de versement des dotations nationales aux organismes multilatéraux de développement, dû en particulier à l'attitude en retrait des Etats-Unis.

L'effort consenti en 1999 permet de maintenir un haut niveau d'aide bilatérale et multilatérale à l'issue du plan d'accompagnement de la dévaluation du franc CFA, dans un contexte de croissance économique annuelle des pays de la zone Franc supérieure à 5 % depuis 1995. Le PLF 1999 traduit également la réforme des outils de coopération décidée par le gouvernement.

Il traduit enfin le soutien de la France aux organismes multilatéraux de développement, dont les moyens progressent de 7,4 %. Cet accroisement reflète la montée en puissance des outils européens, liée à l'entrée en vigueur du 8e protocole financier du FED et au doublement du capital de la BERD.

Les crédits du budget civil de recherche et développement consacrés à l'action extérieure sont répartis entre plusieurs budgets. Ils s'élèvent à 7,7 milliards de francs en 1999, au lieu de 7,6 milliards de francs en 1997.

Les crédits consacrés par les autres ministères à l'action extérieure représentent essentiellement les coûts des réseaux autres que le réseau diplomatique et consulaire .

Au total, l'ensemble formé par les budgets des affaires étrangères et de la coopération est sensiblement plus important (40,8 %) que celui formé par le budget des charges communes et les comptes spéciaux du Trésor (34,4 %).

Votre rapporteur relève néanmoins que la part relative des crédits gérés directement par le ministre des affaires étrangères continue de diminuer par rapport à celle des crédits relevant de la compétence du ministre de l'économie et des finances, puisque les pourcentages correspondants étaient en 1998, respectivement, de 41,4 % et 33,9 %.

Cette constatation amène à s'interroger sur le rôle du ministère des finances dans la conduite de la politique extérieure de la France, et sur les possibilités de contrôle effectif du ministère des affaires étrangères.

Par ailleurs, la part du budget des affaires étrangères dans le budget de l'Etat progresse apparemment de 0,91 % en 1998, à 1,28 % en 1999.

Mais cette hausse résulte en fait de l'intégration des crédits de la coopération. A structure constante, le budget des affaires étrangères représente 0,91 % du budget de l'Etat en 1999 comme en 1998 et reste à son plus bas niveau relatif depuis quinze ans . Il a anticipé dès 1993 l'effort de rigueur qui s'est étendu depuis à l'ensemble des départements ministériels.

Votre commission des finances considère que ce budget correspond à l'une des fonctions de l'Etat régalienne par excellence. Elle vous propose donc de l'exclure de la réduction globale de 26 milliards de francs des crédits du budget général qu'elle estime par ailleurs indispensable pour parvenir en 1999 à une maîtrise réelle des dépenses budgétaires.

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