CHAPITRE II

LE BAPSA SOUS LE FEU DES CRITIQUES

I. DES PRÉVISIONS DE RECETTES ET DE DÉPENSES SUJETTES À CAUTION

Le rapport de notre collègue député Charles de Courson 14( * ) a détaillé de nombreuses mesures dont l'impact financier n'est pas retracé dans le BAPSA et qui se trouvent dans les textes suivants :

- loi d'orientation agricole (rachats de points de retraite) ;

- loi sur la couverture maladie universelle (augmentation des dépenses de maladie) ;

- projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2000 15( * ) (mesures en faveur de la famille, coup de pouce pour les retraites, modifications du calcul de la contribution sociale généralisée, exonération de cotisations sociales pour les jeunes agriculteurs, taxation des produits phytosanitaires) ;

- projet de loi de finances pour 2000 (mesure de revalorisation des retraites financée par la C3S et réévaluation des prévisions de recettes TVA de 200 millions de francs) ;

- projet de modulation des aides communautaires agricoles.

Toutefois, il convient de se rappeler

. d'une part, que le BAPSA n'est qu'un état évaluatif, par construction approximatif,

. d'autre part, que les calendriers décalés de préparation des deux textes principaux (loi de finances et loi de financement de la sécurité sociale) expliquent une partie des incohérences,

. et qu'enfin, les masses financières en jeu, de l'ordre au total de 90 milliards, relativisent les décalages soulignés plus haut qui sont le plus souvent de l'ordre de quelques dizaines de millions de francs.

II. L'EXISTENCE MÊME DU BAPSA EST RÉGULIÈREMENT CONTESTÉE

Le BAPSA, document prévisionnel annexé au projet de loi de finances fait l'objet d'un vote annuel par le Parlement dans le cadre de la loi de finances de l'Etat.

Tant que la loi de financement de la sécurité sociale n'existait pas, le BAPSA présentait l'avantage de permettre au Parlement de se prononcer sur l'équilibre d'un régime de sécurité sociale. Cet avantage a aujourd'hui disparu et les incohérences dans la présentation de ce document évoquées plus haut remettent largement en cause son existence séparée de la loi de financement de la sécurité sociale.

Des arguments militent toutefois en faveur du maintien du BAPSA : l'attachement du monde agricole à ce mode de financement de leur protection sociale ; l'importance des financements extérieurs nécessaires à l'équilibre du BAPSA ; l'efficacité de la tutelle qu'il permet même si celle-ci a été récemment prise à défaut ; le plus grand degré de précision des informations communiquées.

Il semble indispensable à votre rapporteur spécial qu'une présentation consolidée des projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale soit prévue afin d'assurer au Parlement une information plus fiable, plus précise et plus sincère.

La situation actuelle est loin d'être satisfaisante s'agissant de la sincérité de la présentation des comptes publics et sociaux.

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