CHAPITRE II :

CHYPRE, L'ÎLE DE TOUS LES DANGERS POUR L'EUROPE ?

I. UNE ÎLE DIVISÉE, UNE ÉCONOMIE FLORISSANTE

A. UN CONTRASTE SAISISSANT ENTRE LES DEUX PARTIES DE L'ÎLE

L'île de Chypre est divisée depuis 1974. Alors que la plupart des pays candidats à l'adhésion à l'Union européenne ont vécu comme un symbole majeur pour leur histoire la chute du mur de Berlin et du " rideau de fer ", Nicosie continue d'être divisée par la " ligne verte ", qui constitue la ligne de démarcation entre les chypriotes turcs et les chypriotes grecs . La situation économique de l'île est marquée par un fort contraste entre les deux zones : alors que le sud est caractérisé par un secteur privé dynamique et une forte ouverture aux échanges extérieurs, l'économie du nord (" République turque de Chypre du nord ", non reconnue par la communauté internationale,) connaît une stagnation depuis la partition de l'île : le PIB par habitant y est de quatre à cinq fois inférieur à celui de la zone sud .

D'un mot, il faut évoquer la situation de cette " République turque de Chypre du nord ", Etat qui n'est pas reconnu par la communauté internationale et est soutenu " à bout de bras " par la seule Turquie . La situation de cette zone est en effet particulièrement dramatique : n'étant pas reconnue par la communauté internationale, ses ressortissants sont dans une situation juridique très particulière : ils ne disposent pas de passeports et doivent utiliser des papiers provisoires pour voyager à l'étranger ; ils ne disposent pas d'indicatif téléphonique, toutes les communications " internationales " doivent donc passer par la Turquie... Cet isolement diplomatique constitue enfin un obstacle majeur au développement économique de cette partie de l'île puisque le commerce avec les Etats tiers doit obligatoirement transiter par la Turquie.

B. UNE ÉCONOMIE PORTÉE PAR LES ACTIVITÉS FINANCIÈRES

Par contraste avec la " République turque de Chypre du nord ", la situation économique de Chypre est particulièrement favorable et le niveau de vie y est même supérieur à celui de la Grèce.

Chypre a connu un fort développement de ses activités financières " offshore " depuis une vingtaine d'année, du fait, en particulier, de la délocalisation d'une partie des activités financières implantées à Beyrouth avant la guerre civile au Liban. Par ailleurs, il faut souligner que Chypre n'exige pas de visas pour les ressortissants de Russie, et des entreprises russes parfois douteuses se sont implantées dans l'île. Ainsi, Chypre est, de manière inattendue, le quatrième investisseur en Russie !

Il y aurait entre 300 et 400 " trustees " français et environ 15 sociétés " offshore " françaises implantées à Chypre. A ce propos, il convient de rappeler qu' il n'existe pratiquement pas de coopération institutionnelle entre la Banque de Chypre et les autorités de contrôle françaises des institutions financières . Il est donc quasiment impossible de disposer d'informations sur les sociétés françaises domiciliées à Chypre. Le Gafi (groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux de l'OCDE) a d'ailleurs placé Chypre sur sa " liste grise ".

La présence économique française est cependant très faible à Chypre, car les entreprises considèrent souvent que l'île constitue un marché de dimension trop réduite pour être valablement prospecté et exploité.

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