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Proposition de résolution relative à la création d'une commission d'enquête sur les conditions d'utilisation des farines animales : Les conditions d'utilisation des farines animales dans l'alimentation des animaux d'élevage et les conséquences qui en résultent pour la santé des consommateurs. Tome 1, rapport

 

2. La détection de l'ESB : le rôle essentiel des tests

a) Le réseau d'épidémiosurveillance de l'ESB : le rôle clé des éleveurs et des vétérinaires

Fondé sur le repérage par les éleveurs et les vétérinaires des signes cliniques de la maladie, le réseau de surveillance de l'ESB a été institué par un arrêté du 3 décembre 1990. Aux termes d'un décret du 12 juin 1990, l'ESB est une maladie à déclaration obligatoire de sorte que tout éleveur est tenu d'avertir son vétérinaire dès qu'une vache présente des signes anormaux.

Si ce dernier, après examen de l'animal, soupçonne un cas d'ESB, il doit lui-même en informer le vétérinaire coordonnateur départemental, qui est un vétérinaire sous mandat sanitaire ayant reçu une formation spécifique sur l'ESB. En cas de confirmation du soupçon par le vétérinaire coordonnateur départemental, le directeur départemental des services vétérinaires prend les mesures de police sanitaires qui s'imposent :

- déclaration officielle de la suspicion d'ESB et mise sous séquestre de l'élevage ;

- euthanasie de l'animal et envoi de son encéphale au laboratoire de pathologie bovine installé à Lyon, qui est un laboratoire de référence faisant partie du réseau de l'AFSSA ;

- en cas de confirmation du diagnostic d'ESB, abattage du troupeau et incinération des cadavres ;

La Brigade nationale d'enquête vétérinaire sanitaire (BNEVS) effectue alors une enquête au niveau de l'exploitation et de ses fournisseurs pour déterminer l'origine de la contamination.

La surveillance clinique de l'ESB présente néanmoins des limites car elle ne permet pas de détecter un cas d'ESB en incubation chez un animal avant que les symptômes ne se soient manifestés.

b) Le programme pilote de dépistage de l'ESB
(1) La détection des bovins à risque dans le Grand Ouest

A la suite d'un avis du Comité interministériel sur les ESST du 2 mars 2000, le ministère de l'Agriculture a lancé, en juin 2000, un programme de dépistage à grande échelle de l'ESB afin de connaître l'état de la maladie dans le cheptel bovin.

Ce programme comportait la réalisation de 48.500 tests, dont 40.000 dans les douze départements du Grand Ouest, en raison de l'importance de l'élevage bovin dans cette région.

Il portait exclusivement sur les bovins de plus de 24 mois relevant des catégories les plus à risque au regard de l'ESB, c'est à dire :

- les bovins morts à la ferme ;

- les bovins euthanasiés car repérés comme malades ;

- les bovins abattus d'urgence à l'abattoir après un accident.

Ce programme est l'occasion de pratiquer pour la première fois des tests rapides qui mettent en évidence la protéine infectieuse sur un échantillon de cerveau de bovin en moins de douze heures : le test retenu pour réaliser ce programme est le test suisse Prionics, déjà expérimenté pour le dépistage pratiqué dans la confédération helvétique.

Les tests rapides sont effectués dans trois laboratoires départementaux d'analyses agréés : celui du Finistère, celui du Maine-et-Loire et celui de la Manche.

En cas de résultat positif, les échantillons sont envoyés au laboratoire de référence de l'AFSSA à Lyon en vue d'y subir un test officiel de confirmation.