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XI. LES « PERFORMANCES » DU MODÈLE AUDIOVISUEL FRANÇAIS

Face aux spécificités de son modèle de financement et devant l'étroitesse apparente de ses ressources, comment juger des « performances » du modèle audiovisuel français ? Dans quel mesure ce modèle est-il satisfaisant ? Quels sont les éventuels effets visibles du sous-financement français résultant du déficit publicitaire ?

Pour déterminer les critères de réussite, il faut se d'abord rappeler des effets que le citoyen est en droit d'attendre d'un secteur public télévisuel.

Une programmation diversifiée répondant aux trois objectifs « divertir, informer, éduquer ».

La capacité à toucher tous les publics (tous les segments d'âge, de CSP etc.) et de réunir, à certains moment, une audience significative, pour justifier un financement direct de la part de la majorité des contribuables. Une audience significative, cela ne signifie pas nécessaire un leadership en terme d'audience. Cela signifie que le secteur public rassemble une audience significative en valeur absolue et n'est pas marginalisé par le secteur privé en termes de part d'audience.

Le niveau de satisfaction. Les différences factuelles en termes de choix éditoriaux ne suffisent pas. Encore faut-il que le public perçoive la différence du secteur public et un surcroît de qualité. Car quel serait l'intérêt d'un secteur public financé par la redevance s'il n'apportait une qualité supplémentaire par rapport à l'offre commerciale et n'était pas perçu comme une réelle alternative. Le secteur public doit donc plaire et constituer un aiguillon pour le secteur commercial.

Une contribution significative à la production audiovisuelle et cinématographique française.

On peut donc examiner 4 indicateurs pour essayer, via des comparaisons avec la concurrence privée et des comparaison internationale, de déceler l'impact de la réglementation publicitaire et du modèle de financement de la télévision publique française.

1. On peut examiner le niveau d'audience des chaînes publiques en partant de l'idée que des chaînes moins bien financées ne pourront pas rivaliser aussi bien avec leurs concurrentes privées.

2. On peut examiner le niveau de satisfaction des téléspectateurs, en considérant que l'objectif du secteur public n'est pas de maximiser l'audience mais de maximiser la satisfaction de ses spectateurs et/ou du public en général.

3. On peut également examiner les grilles de programmes, pour analyser si les différences de financement se retrouvent dans les structures de grille.

4. On peut enfin examiner la contribution de l'audiovisuel à la production audiovisuelle et cinématographique nationale.

L'AUDIENCE

Nous pouvons d'abord observer l'audience des chaînes publiques agrégées par pays (figure suivante). Avec environ 40% de part d'audience, le groupe France télévisions avec « deux chaînes et demi » se situe dans la moyenne haute des groupes publics européens, malgré des moyens globaux qui sont, comme on l'a vu, très inférieurs à ceux de ses homologues anglo-saxons.

Figure 35 : Part d'audience53(*) consolidée des groupes publiques européennes

Source : OEA.

Si nous regardons l'évolution récente chaîne par chaîne, elle révèle une érosion pour BBC1, RAI2 ou F2, mais une stabilité pour F3 et une croissance pour F5. Globalement, l'équilibre des PDA entre chaînes gratuites privées et publiques est maintenant stabilisé en Europe, après 20 ans de gain des chaînes privées. Le principal phénomène observable sur le moyen terme est l'érosion, lente mais constante, des chaînes publiques vers les chaînes de complément.

Figure 36 : PDA des chaînes publiques européennes54(*)

Source :mesure d'audience nationale (type médiamétrie) / OEA.

* 53 Pop : individus âgés de 4 ans et + sauf ARD et ZDF : 3 ans et +.

* 54 En 2001 et 2002 les résultats sont calculés sur la base de la population recevant ces chaînes et sur les seuls horaires de diffusion. Pop : individus âgés de 4 ans et + sauf ARD et ZDF : 3 ans et +.