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2.4 Financement et budget :

Selon le CPB, le revenu global de toutes les TV publiques, nationales, régionales ou locales provient pour 18 % seulement du Fédéral et pour le reste des états (states), d'entreprises (sous des formes diverses, mais non publicitaires) et de donations d'associations et de particuliers. En 2003, 4.9 millions d'individus et de familles ont ainsi contribué à hauteur de 374 millions de dollars au financement de la TV publique.

Le budget de la structure de PBS proprement dite est de 324 millions de dollars (année 2003). 72 % de ce budget vont aux programmes : production et acquisition auprès de producteurs indépendants et de TV publiques étrangères (les chaînes elles-mêmes ne peuvent produire), promotion et distribution de ces programmes. Le reste est représenté par le coût de fonctionnement de la structure elle-même (quelque 400 personnes).

A la différence des TV privées, les PBS sont des « non profit » et donc exemptes de taxes.

2.5 Programmation et services de PBS :

Le National Program Service propose à ses stations une variété de séries parmi lesquelles « American Masters » (les Américains qui ont marqué leur société), NOVA (sciences) « Masterpiece Theater », « Frontline » (reportages d'actualité), « Sesame Street » pour les enfants, ainsi qu'une sélection d'émissions culturelles, pratiques, scientifiques, éducatives, d'information. Certaines de celles-ci -Charlie Rose à 13h et 23h (rediff, heure de New York) chaque jour ou le Lehrer Report (19h de New York)- sont de grands rendez-vous influents de la vie politique et médiatique.

Tous ces programmes distribués aux stations sont proposés par satellite : tête de réseau à Washington et relais par le NETA (National Educational Telecommunications Association).

PBS offre également d'autres services :

- PBS Adult Learning Service : un partenariat entre stations de TV publiques et 2000 collèges et universités fournit des crédits universitaires pour des cours à distance destinés à quelque 500.000 personnes par année académique.

- PBS Reader to Learn : émission de formation des maîtres, de la maternelle au baccalauréat.

Perspectives :

On voit à quel point la place des PBS est importante aux Etats-Unis. Mais les aléas de leur financement pourraient s'avérer préoccupants, surtout dans le climat politique actuel.

Depuis quelque temps en effet, les ressources provenant des entreprises -en particulier le parrainage d'émissions ou « underwriting », de type « cette émission vous est proposée par... »- sont en récession, les services de marketing/publicité/sponsoring des dites entreprises ayant tendance à orienter davantage leurs actions vers les chaînes privées du câble et du satellite. Par ailleurs, les donations (entreprises, associations, particuliers) sont par nature non garanties et fluctuantes.

En conséquence, le poids des ressources fédérales, apportées par la Corporation for Public Broadcasting, se fait sentir de plus en plus, dans le contexte d'une administration Bush  renouvelée, peu favorable aux dérives jugées trop « libérales » de certains programmes : en témoignent récemment le retrait du show de Bill Moyers ou d'autres programmes estimés incorrects (« Bustergate »), ou encore l'apparition de nouveaux talk shows d'information, comme celui du conservateur Tucker Graham, négocié directement avec des représentants de la Maison Blanche membres du CPB.

Signe de ce « mal être » : Pat Mitchell, l'énergique Présidente de PBS, annonce son départ pour 2006, tandis que l'influent chairman Alberto Ibarguen, éditeur du Miami Herald déclare : « PBS compte énormément sur les fonds gouvernementaux qui lui sont attribués et soutient qu'il n'est en compétition avec personne, tout en maintenant des émissions soutenues par des apports privés. Or le monde dans lequel nous vivons -concurrence exacerbée du câble, de moins en moins de fonds d'Etat et des ressources privées convoitées par tous- devient un réel problème pour les entreprises qui appliquent ce type de modèle ».

3. LES CHAINES COMMUNAUTAIRES, EDUCATIVES ET GOUVERNEMENTALES : ALLIANCES FOR COMMUNITY MEDIA (ACM).

NB : On n'évoque presque jamais, hors Etats-Unis, l'existence de ces chaînes et de l'association qui les représente.

3.1 Historique :

Les chaînes communautaires, éducatives et gouvernementales aux Etats-Unis sont presque exclusivement diffusées par câble et se distinguent des stations, au départ hertziennes, du réseau PBS. Leur développement est lié à la croissance de la télévision par câble aux Etats-Unis au début des années 70. Un certain nombre de producteurs américains ont profité du lancement de la vidéo portable pour réaliser des documentaires sur des sujets sur leurs communautés : ces vidéos d'abord ont circulé dans les milieux universitaires, artistiques et politiques, avant d'alimenter les TV communautaires.

Parallèlement, les municipalités ont commencé à négocier les contrats de concessions avec les cablo-opérateurs. Certaines villes (New York, Boston) ont favorisé la création de « public access channels » (canaux d'accès public) dans les contrats de concessions pour le câblage de leurs villes.

Le FCC a instauré en 1972 la création de trois canaux : Public, Education and Government - P.E.G pour toute concession supérieure à 3.500 foyers. Des centaines de nouvelles chaînes ont alors été créées à travers le pays et en 1976 a été établi la National Federation of Local Cable Programmers (NFLCP) pour unifier les intérêts de ces chaînes communautaires. En 1992, la NFLCP est devenue l'Alliance for Community Media (ACM).

Les « Cable Television Acts » de 1984, 1992 et 1996 du Congrès américain ont libéralisé les conditions d'exploitation, mais un canal P.E.G. n'est créé que s'il est explicitement mentionné dans le contrat entre la municipalité et son cablo-opérateur.

3.2 Financement :

En général, un pourcentage du revenu du cablo-opérateur est versé chaque année pour le fonctionnement des P.E.G., selon les exigences du contrat de concession.

D'autres financements sont fournis par des associations, musées, universités et systèmes scolaires. Bien que certaines chaînes dans les grandes villes disposent de dizaines d'employés et d'un budget annuel de plusieurs millions de dollars, la plupart des canaux P.E.G. subsistent avec très peu, s'appuient sur un effectif permanent très limité (2-3 personnes) et dépendent énormément du bénévolat.

3.3 Activités :

Selon l'ACM, il y a actuellement aux Etats-Unis plus de 370 canaux P.E.G. Des associations locales telles que les Lions, Kiwanis et Clubs Rotary, NAACP (Association de Défense des Afro-Américains), AARP (Association Puissante des Retraités), la Ligue Urbaine, les collèges privés, les Chambres de Commerce locales, les institutions religieuses, les collèges et universités, les théâtres de communautés, les syndicats ouvriers, les groupes de vétérans, les organisations politiques produisent et distribuent des émissions sur les chaînes communautaires. Ces organismes produisent plus de 20.000 heures de programmation locale chaque semaine soit plus que toute la programmation originale combinée produite par NBC, CBS, ABC, FOX et PBS...mais la comparaison s'arrête là. L'audience de ces chaînes est par définition réduite et non mesurable.

A noter également :

- La programmation sur les canaux de la P.E.G. provient aussi d'agences fédérales et internationales comme la NASA, le Département de Education, l'ONU, l' UNESCO, des ambassades et des organismes artistiques et culturels, tels la National Foundation for the Arts.

- Beaucoup de P.E.G. fournissent à leurs membres des ordinateurs et un accès Internet « libre-service »

Enfin l'Alliance for Community Media (association sans but lucratif) défend les intérêts des ses membres vis-à-vis de la FCC, du Congrès, des Etats et villes pour assurer leur accès aux technologies de la communication.