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C. LA RÉORGANISATION DU MCO ET LA CRÉATION DU SERVICE DE SOUTIEN DE LA FLOTTE (SSF)

Le service de soutien de la flotte est un service de création récente (28 juin 2000). Pendant longtemps, la marine nationale s'était appuyée sur sa direction technique des constructions navales pour assurer à la fois la construction de ses bâtiments, leur maintien en condition opérationnelle et la gestion de la majeure partie de son matériel technique dans le cadre de ses arsenaux. Il avait été reconnu que le support industriel nécessaire à l'entretien des navires (infrastructure et savoir-faire) était similaire à celui exigé pour leur construction. La transformation progressive de la direction des constructions navales en service à compétence nationale en 1993, puis en société nationale, allait remettre en cause cette organisation. Le changement le plus fondamental s'opéra en 1993 avec la séparation des missions étatiques et des missions industrielles de la DCN.

1. La confusion des missions de maîtrise d'ouvrage et des missions industrielles au sein d'un service de la marine jusqu'en 1993

Avant 1993, la direction des constructions navales, service de la marine nationale, était chargée à la fois de la maîtrise d'ouvrage et de la maîtrise d'oeuvre du maintien en condition opérationnelle des bâtiments de la marine, sous l'autorité du chef d'état-major de la marine.

Le MCO des années 1960 à 1993

Avant la création de la Délégation ministérielle pour l'armement (DMA) en 1961, la marine nationale assurait elle-même par l'intermédiaire de la Direction centrale des constructions et armes navales (DCCAN) et de ses directions des constructions et armes navales (DCAN) métropolitaines et d'outre-mer l'entretien et la réparation de sa flotte. Les ingénieurs des constructions navales (ingénieurs du génie maritime, ingénieurs de l'artillerie navale et ingénieurs des directions de travaux) relevaient de l'autorité du chef d'état-major de la marine (CEMM).

La création de la DMA fut assortie de la création des directions techniques. Ainsi la direction technique des constructions navales (DTCN) fut constituée à partir de la DCCAN et de ses établissements dans les ports et hors des ports qui quittaient le giron de la marine. La marine fut la seule armée à confier la majeure partie de l'entretien de ses matériels à une direction technique, la DTCN, car il avait été reconnu que le support industriel nécessaire à l'entretien des navires (infrastructure et savoir-faire technique) était identique à celui dont on avait besoin pour leur construction.

Pour cette activité d'entretien, il fut décidé que la DTCN dépendrait directement du chef d'état-major de la marine ; ainsi fut-elle la seule direction technique à relever d'une double appartenance : le CEMM pour l'entretien, le délégué ministériel pour l'armement pour les études, les constructions, les fabrications, les investissements et le personnel. Les relations entre la DTCN et l'EMM pour l'entretien de la flotte furent fixées par deux instructions1. Pour la conduite des opérations de soutien de la flotte la responsabilité opérationnelle fut confiée, à l'échelon central de la DTCN, à la sous-direction « Entretien de la flotte et des munitions » (SDFM) qui s'appuyait sur les compétences du Service technique des constructions et armes navales (STCAN) pour les modifications importantes. Dans les ports, au sein des DCAN, l'entretien de la flotte était assuré par une sous-direction appelée « Section R » (R comme réparations).

Au sein de cette organisation, on relevait déjà les notions de « port spécialisé » chargé d'étudier toutes les modifications d'un type de navire et les réparations des avaries et de « port centralisateur de l'approvisionnement des rechanges ». Pour le suivi technique des armes et des équipements, la notion de navire étant moins importante que celle de matériel ou de système, les matériels avaient été attribués à des « organismes centralisateurs » et les systèmes d'armes à des « organismes coordonnateurs » des systèmes d'armes. Les organismes coordonnateurs assuraient la gestion technique générale des systèmes, coordonnaient les actions des organismes centralisateurs des matériels et réglaient avec le port spécialisé les problèmes d'interface avec le navire.

Au cours des trente dernières années, plusieurs changements sont intervenus. Certains s'accompagnaient simplement de changement de noms comme la suppression du qualificatif « technique » dans la dénomination des directions de la délégation générale pour l'armement (DGA), successeur de la DMA. Ainsi la DTCN devint la Direction des constructions navales. D'autres consistèrent à faire évoluer le vocabulaire d'entretien avec le rythme de l'entretien des matériels. Ainsi parlait-on de « grands carénages », effectués tous les 14 mois et pour les indisponibilités très courtes, de l'ordre d'une semaine de DISAC2.

1 Instruction 95 EMM/EG-52066 DTCN/SDFM du 28 juin 1967, instruction particulière 700022 DTCN/SDFM-34 EMM1/FS du 25 mars 1969.

2 Appellation courante provenant d'une « instruction sur la disponibilité et l'activité des bâtiments ».

Source : direction centrale du service de soutien de la flotte - marine nationale